toujours avec toi couverture

Deux ans après la mort de son mari, Inga, photographe renommée,  se retire dans la maison de campagne familiale sur une île de Suède.  Dans un carton , elle trouve une lettre adressée en 1916 à sa grand-mère Rakel, qu'elle n'a pas connue, morte quelques jours avant sa naissance, par une missionnaire en Afrique. Cette lettre évoque un événement dont elle n'a jamais entendu parler. « Que personne ne s'avise de juger nos actes. Quelqu'un prétendrait-il que nous nous sommes substituées à Dieu ? Que nous avons usurpé le droit de condamner morts et vivants ?...Je ne regrette rien, et vous ne le devez pas non plus. »

Pressentant que chercher à savoir de quoi parle cette lettre pourrait l'aider à se reconstruire, Inga va peu à peu reconstituer l'histoire et aller au devant d'un secret familial bien gardé.

A la voix d'Inga, se superpose celle de sa grand-mère Rakel, quelques cinquante ans auparavant alors qu'elle se sait condamnée par une leucémie, qui se remémore ce qui s'est passé en 1916...

Un roman magnifique sur l'amour, le deuil, l'amitié, la mémoire, la réconciliation... des personnages profondément humains et attachants, envers qui j'ai éprouvé immédiatement de l'empathie, de très beaux portraits de femmes et d’hommes amoureux...Une écriture sans pathos, précise, très agréable ... Un vrai coup de cœur que je tenais à partager avec vous, un roman à lire absolument...

Merci Françoise, c'est grâce à toi que j'ai lu ce livre...

le piano désaccordé

Celui-ci, dévoré un soir m’a empêchée de m’endormir de suite tant sa lecture m’a bouleversée. Un court roman généreux, tendre , un hymne à la vie et un cri d’amour magnifique d’une fille à sa mère.

Elodie a vingt ans , elle est insouciante comme sa mère, 48 ans, pianiste réputée pour son talent et sa fantaisie. La maladie d’Alzheimer va faire une entrée grimaçante dans leur existence. Mais Elodie n’a pas dit son dernier mot...

“Je suis bouleversée, mais j’ai une certitude lumineuse et sauvage. Cette maladie est inacceptable, je la méprise de toutes mes forces et je la narguerai avec des armes qu’elle ne connait pas. Je lui balancerai des torpilles d’amour, des rafales d’imagination et des milliers de pétards bourrés de bonheur”

Il faut lire ce petit bijou dont les protagonistes, Elodie, mais aussi Rosita, dame de compagnie cap-verdienne toute en générosité et humanité, et Boris , le chef d’orchestre qui n’a jamais su dire je t'aime, réinventent au jour le jour la partition du bonheur...

(Et j’ai repensé aussitôt à ce petit, tout petit livre sur le même thème de la maladie d’Alzheimer, effrayante maladie qui touche des gens de plus en plus jeunes, lu il y a plus de dix ans, celui  de Christian Bobin “La présence pure” où il raconte ses visites à son père atteint de cette maladie dans une maison de long séjour, et où avec une immense tendresse et toute la poésie qui le caractérise, il observe les malades et leur restitue toute leur humanité... un très beau livre aussi . Différent... Il ne se révolte pas contre l’inéluctable et se contente d’aimer son père   dans son essence même ce que traduit parfaitement le titre du livre. C’est beau, très accessible, plein de poésie, apaisant, enrichissant... A lire aussi évidemment!)