Il aurait pu finir sa vie en continuant  à essuyer la vaisselle comme il savait si bien le faire. Cela faisait quelque temps déjà qu’il ne servait à rien, combien ?  il ne savait plus, le temps lui paraissait si long, remisé dans une valise avec d’autres torchons, à ne rien faire... Il se désespérait et puis un jour de novembre, il avait été sorti de la valise, soigneusement lavé et  repassé et quelques jours après, installé sur une table de vide-grenier à Anglet... L’espoir d’une nouvelle vie active, différente peut-être, s’était fait jour en lui...Et elle, la dame de Rose & Gris,  était venue, l’avait choisi  et lui avait offert ce à quoi il aspirait sans le savoir vraiment, une renaissance...

cabas dans un torchon

Elle avait tout de suite vu son potentiel, il était d’une taille peu courante, particulièrement grande, en plus il était superbement monogrammé des initiales de  son amie Marie-Christine, elle ne pouvait rêver mieux et c’est ainsi  qu’il protège fièrement les ouvrages de Marie-Christine, broderies, tricot... lorsqu'elle voyage. Elle l’avait marié à un lin imprimé  d’écritures et d’anges  rouges si joli  et si bien assorti à ses rayures qu’il ne se tenait plus de joie....Plein de petits détails charmants le confortait dans son impression d’avoir eu de la chance, plus jamais il ne s’ennuierait,  sa robustesse et sa prestance étaient  enfin mises en valeur et il allait pouvoir montrer toutes ses qualités pendant de longues années encore...

torchon ancien transformé

Sur l’une de ses poignées est suspendu un drôle de petit coussin moelleux, il n’a pas bien compris à quoi cela servait , mais il suppose, d’après ce qu’il a entendu dire qu’il s’agit d’une plaisanterie entre amies....

image de Jean Adrien Mercier

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Mille mercis pour vos commentaires sur la balade au Benou,

je les ai lus avec plaisir  et gourmandise ...

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