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Je ne vous les montre pas toutes, ce serait lassant, mais je vous montre celle-ci  parce que c’est la première confiture de 2011, parce que  vous n’en avez peut-être jamais fait, parce que c’est un délice parfumé que vous ne trouverez pas dans le commerce et que si vous aimez les mandarines, pas les clémentines ! les VRAIES mandarines, alors lancez-vous dans cette marmelade qui vous demandera un peu de temps mais en contrepartie vous régalera avec son goût merveilleux et inimitable...

marmelade de mandarinesmarmelade de mandarines 2

Prendre des mandarines bio (j’avais trouvé des mandarines de Sicile), les peler en quatre quartiers, enlever tous les filaments blancs qui veulent bien s’enlever, superposer les quatre quartiers de peau sur une planche et couper le zeste en minuscules bâtonnets tels que vous les voyez sur la photo au-dessus. Couper les quartiers de chair en travers et enlever soigneusement tous les pépins que vous mettrez dans un nouet pour la pectine, recueillir le jus bien sûr, mettre peaux, pulpe, jus et nouet avec les pépins dans une marmite plus un jus de citron par kg de mandarine, couvrir juste à fleur d’eau  et porter à ébullition. Eteindre le feu et laisser reposer au frais jusqu’au lendemain .

Le lendemain, peser le contenu de la marmite et ajouter le sucre , moi j’ai mis 550g par kg, porter encore une fois à ébullition et laisser à  nouveau  reposer jusqu’au lendemain. A ce stade, si vous aimez, vous pouvez ajouter de la cannelle en bâtons ( 1 bâton par kg de fruits) que vous casserez ensuite par petits morceaux dans  les pots, je l’avais fait l’an dernier, le mariage est très heureux...

Le surlendemain, troisième jour de la préparation, cuisson à feu vif, environ 30 minutes, ajout d’un peu d’agar-agar si vous trouvez la confiture trop liquide (ou cuisson un peu plus longue mais ce sera au détriment du goût de fruit frais), mise en pots et idéalement attendre un mois  avant de consommer... Mais rien ne vous empêche de déguster ce que vous avez raclé dans la marmite et mis dans un petit pot...Ce que j’ai fait avec délice...

Je vous annonce dans le titre un voyage immobile à ne pas manquer, vous vous souvenez,  c’est comme cela que je nomme mes lectures, et celle-là, quel voyage extraordinaire !

 

un bucher sous la neige

C ’est encore à Véronique que je la dois et comme je le lui ai écrit, c’est un beau cadeau.

En Ecosse au XVIIe siècle, une toute jeune femme, Corrag, attend dans une prison sordide la fin de l’hiver où elle sera brulée vive comme sorcière. Les temps sont troublés, le roi Jacques a pris la fuite en France  détrôné par Guillaume d’Orange et le pays est divisé, un massacre a été commis à Glencoe et le révérend Charles Leslie,un irlandais fidèle du roi Jacques part enquêter sur ce massacre espérant trouver les preuves qu’il a été commis sur ordre de Guillaume. Il fait halte dans la petite ville d' Inverary où il apprend que cette jeune femme prisonnière a été témoin du massacre, il décide de l’interroger , malgré sa répulsion et son mépris. Corrag accepte de dire ce qu’elle sait à cet homme à la condition qu’il écoute le récit de sa vie pour transmettre et témoigner de qui elle  était réellement après sa mort...

Et jour après jour, Charles va venir l’écouter. Et jour après jour, on suit dans les lettres qu’il écrit le soir à sa femme  l’évolution de ses sentiments , on le voit se remettre en question, faire tomber ses œillères et peu à peu devenir terriblement plus humain que ce qu’il était au départ, prisonnier de son savoir et de l'étroitesse d’esprit caractéristique des hommes de l’époque. Car Corrag,  sous ses haillons et sa tignasse emmêlée cache un cœur d’or et une grâce extraordinaire,  et si on la traite de sorcière comme sa mère et sa grand-mère avant elle, c’est à sa science des plantes et de leur pouvoir de guérison qu’elle le doit.   A sa liberté et à son indépendance   aussi. Dans un premier temps, le révérend Leslie  attribue à ses pouvoirs de sorcière , le don incroyable de Corrag de décrire si bien les lieux où elle a vécu, qu’elle a parcouru dans sa fuite à travers l’Angleterre jusqu’aux Highlands sauvages où elle a trouvé refuge.

”Elle a relaté sa vie  dans cette forêt frontalière et tandis qu’au retour de la geôle je marchais dans la neige, il me semblait humer des odeurs de mousse et de terre mouillée .Il me semblait fouler des pommes de pin. Sorcellerie que cela. Je ne serai pas dupe.”

Car Corrag qui a toujours vécu en symbiose avec la nature , qui a toujours été attentive à la moindre parcelle de vie et à la moindre étincelle de beauté dans ce qui l’entoure,  a ce don unique de vous transporter par ses paroles et de vous faire vivre ce qu’elle raconte...C’est une écriture magnifique, envoutante, un sublime portrait de femme, des personnages secondaires attachants et un hymne à la vie et à l’amour...

Lisez ce livre, vous serez émerveillés... si vous l’ouvrez , vous ne pourrez pas le quitter. Vous serez tenus en haleine tout au long des 400 pages  et comme moi , vous aurez souvent la gorge nouée, vous vibrerez, vous souffrirez, vous respirerez et aimerez aussi avec Corrag, vous vous émerveillerez  de la beauté d’une nature sauvage et splendide que cette magicienne des mots saura vous restituer dans toute   sa plénitude sans que jamais ces descriptions ne vous pèsent.

Susan Fletcher a un talent immense, et la lecture de ce roman est comme il est écrit sur le retour de couverture, une véritable “expérience sensorielle”. Le livre que j’ai commencé quelque temps après m’a paru bien fade...