jeudi 17 mars 2011

Lectures bienfaisantes ...(Voyages immobiles 19)

Lundi dernier, j’ai eu à faire un choix : M.Rose & Gris m’a ramené  deux livres que j’avais très envie de lire. Par lequel commencer ? si je suivais ma raison, je prenais celui qui est une suite d’un livre précédemment lu et beaucoup aimé, que j’attendais de lire  pour vous en parler et ensuite je pourrais passer à l’autre...Ce que j’ai fait dans un premier temps, mais la tentation d’ouvrir le second était si grande qu’à mi-lecture, j’ai craqué et j’ai entamé la lecture du second livre. Une façon de retarder ainsi le moment de lire la dernière page aussi, car je ne sais pas vous, mais quand j’aime un roman , j’ai beaucoup de mal à en distiller la lecture, je me dis parfois que je lis trop vite, mais c’est plus fort que moi, si j’aime j’ai un mal fou à décrocher...  Alors avec l’illusion qu’ils seraient ainsi moins vite engloutis tous les deux, j’ai fait ce qui ne m’est jamais arrivé de toute ma vie de lectrice, j’ai lu deux livres en alternance! les histoires en étaient tellement différentes que cela n’a pas nui à ma lecture ni au plaisir que j’ai pris à chacune...

Le mec de la tombe d’à côté

Katarina Mazetti

Une rencontre improbable entre deux êtres que tout  sépare en apparence et un lieu improbable pour une rencontre amoureuse, voilà qui donne son titre à ce roman paru en 2006. En effet Désirée, bibliothécaire, citadine , habitant un appartement tout blanc et aseptisé, rencontre  en allant sur la tombe de son mari  un mec dont l’apparence autant que la tombe kitsch et tape-à-l’œil sur laquelle il vient se recueillir, l'agacent. Benny depuis le décès de sa mère vit seul à la ferme familiale avec ses vaches laitières. A chaque rencontre chacun exaspère l’autre sans que jamais ils n’aient échangé un mot jusqu’à ce qu’un sourire naissant en même temps sur leurs lèvres  vienne changer la donne, qu’ils en soient mutuellement éblouis  et que débute une histoire d’amour passionnée et cocasse.

"Et juste à cet instant, il m'a regardée. Lui aussi souriait. Et...Impossible de décrire ce sourire-là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal musette. Dedans, il y avait du soleil, des fraises des bois, des gazouillis d'oiseaux et des reflets sur un lac de montagne. Le Forestier me l'adressait, confiant et fier comme un enfant qui tend un cadeau d'anniversaire dans un paquet malmené."

Je ne vous donnerais pas de détails sur ce qui les oppose,  c’est aussi ce qui fait le sel de l’histoire,  racontée par Désirée et Benny tour à tour et elle est vraiment savoureuse...  Si les personnages peuvent paraitre caricaturaux parfois  je les ai trouvés justes et sous l’apparente légèreté de l’histoire, se profilent des questions profondes, qu’est-ce qui attire deux êtres, l’amour peut-il dépasser l’appartenance sociale, qu’est-on prêt à sacrifier vraiment par amour  ? Humour, tendresse, finesse d’analyse... La fin est  une vraie surprise qui laisse présager une suite... J’ai vraiment adoré ce livre, qui a été adapté avec succès au théâtre.

  Le caveau de famille

Et c’est donc par cette suite que j’ai commencé lundi . Alors difficile de raconter quoi que ce soit de l’histoire sans déflorer la première pour ceux qui ne l’auraient pas encore lue. Je peux vous dire que j’étais ravie de retrouver Désirée et Benny ainsi que les personnages secondaires , plutôt savoureux eux aussi, Märta, l’amie de Désirée, Violette et Bengt-Göran, les voisins de Benny, et  de lire la suite de leurs tribulations. On y retrouve la même construction, avec des alternances de point de vue, c’est drôle, grinçant, caustique...Grâce à un  avant-propos de l’auteur, on pourrait lire directement “Le caveau de famille” , mais ce serait dommage de se priver du plaisir jubilatoire de lire “Le mec de la tombe d’à côté” qui est , à mon avis, supérieur à sa suite. Mais attention, je n’ai pas été déçue, loin de là, mais ce deuxième opus plus sombre n’a pas l’effet de surprise du premier, par rapport au ton employé, à la drôlerie des situations, aux  portraits des protagonistes, on passe à autre chose...

Si vous lisez le premier  ou que vous l’avez déjà lu , vous aurez forcément envie de lire celui-ci et vous passerez un excellent moment !

 Salon du livre à Paris du 18 au 21 mars: Katarina Mazetti sera présente sur le stand des éditions Gaïa, si vous avez envie de la rencontrer ainsi que d'autres auteurs nordiques, c'est le moment!

Coup de cœur absolu pour “La couleur des sentiments”

la couleur des sentiments

Elle m’avait bien dit que j’allais aimer et à lire la quatrième de couverture , je le savais aussi d’avance... c’est pour cela que j’étais si impatiente de le commencer et que que je n’ai pas attendu d’avoir terminé “ Le caveau de famille”...

Autre temps , autre lieu pour cette histoire, un premier roman magistral qui a conquis l’Amérique avec 2 millions d’exemplaires vendus !

Quatrième de couverture: ”Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. peut-être même s’exiler dans un autre état, comme Constantine, qu’on n’a plus revue  ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan, l’ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans est partie sans même lui laisser un mot.

Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires, personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins et écrire en grand secret une histoire bouleversante.”

 Tour à tour dans la tête et les pensées d’Aibileen, de Minny ou de miss Skeeter, j’ai vibré, j’ai ri, j’ai été émue par cette histoire magnifique de femmes courageuses dans une époque trouble. Les noirs ont conquis certains droits mais dans la pratique c’est autre chose. Les Blanches confient l’éducation de leurs enfants aux Noires depuis des générations mais pour rien au monde elles ne partageraient les mêmes toilettes ! On est en encore  à la veille des grands mouvements libérateurs des noirs américains, Martin Luther King n’a pas encore fait son rêve et c’est une société pétrie de contradictions que nous décrit ce livre. Les portraits de femmes sont émouvants  et sonnent juste, les sentiments très complexes  que partagent les protagonistes sont merveilleusement rendus,  amour, haine, attirance, répulsion, méfiance, confiance... les sentiments ne sont jamais simples...L’analyse en est très fine et sensible, et ce roman est bouleversant. Aibileen si attachée à baby  Mae Mobley qu’elle élève, à qui elle apporte la tendresse que sa mère n’est pas capable de lui donner,  Minny et Célia sa patronne, une Blanche complètement paumée rejetée par la bonne société de Jackson, et  Skeeter,  cette jeune fille blanche qui écoute son cœur  sont des personnages inoubliables. ce qu’elles font n’est pas seulement dangereux pour les bonnes, Skeeter met en péril sa propre place dans cette société où les femmes une fois trouvé un bon parti, s’occupent de ventes de charité, de bridge et de cancans et clouent au pilori toute tentative pour sortir des rails, sous la houlette hargneuse, méchante, jalouse et raciste  de Miss Hilly. Pourtant secrètement  de jolies histoires prennent vie car de vrais liens d’amour  sont tissés entre les familles blanches et noires,  et l’histoire écrite par les trois héroïnes va révéler les choses et plus rien ne sera comme avant...

La postface de l’auteur est très émouvante, elle y confie des souvenirs d’enfance et explique que l’idée de ce livre est venue du fait que la bonne qui l’avait élevée jusqu’à 16 ans est morte avant qu’elle ait eu la possibilité de lui demander ce qu’on ressentait quand on était une  bonne Noire  travaillant dans une  famille de Blancs du Mississippi et qu’elle avait passé des années à imaginer ce qu’aurait été sa réponse...

C’est un bonheur de lecture où j’ai vibré à chaque page, un gros coup de cœur ! Précipitez-vous sur ce livre!

♥ ♥ ♥

Merci

à toutes pour vos commentaires sur le dernier message, je n’ai pas répondu, cela ne veut en rien dire que je ne savoure pas tous vos petits mots, c’est juste parfois impossible !  Votre présence, votre fidélité, votre  enthousiasme, votre  amitié et la chaleur de vos petits mots  ici ou dans ma boite mail me font chaud au cœur...Merci à VOUS !

♥ ♥ ♥

 

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mercredi 9 mars 2011

Où l’on voit la saison de la chine démarrer en douceur ...

Comme le soleil hivernal de ce premier weekend de mars qui nous a permis de jardiner, de manger dehors et donné envie de mettre des fleurs partout dans la maison. Le printemps  s’annonce et jamais il ne m’a tant paru tarder, moi qui aime chaque saison et ne suis pas pressée de les voir défiler...

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Alors ce weekend passé dehors à toiletter le jardin pour accueillir au mieux le printemps qui s’annonce,  était le bienvenu et profitant de la taille du cornouiller, j’ai rassemblé les fines branches rouges  pour en faire une couronne sur la porte d’entrée , mariée  pour quelque jours à de longues traines de lierre ...

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Pleines de gaieté , les  branches de cognassier du Japon sont, elles, rentrées dans la maison, l’arbuste étant placé dans un coin du jardin  dont on ne profite pas à cette saison...

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J’aime cet arbuste dont, de tous temps j’ai acheté un bouquet au marché, c’est vraiment la fleur qui m’annonce que le printemps n’est plus très loin... et quelques branchettes se sont posées  ici dans une ventouse près d’un cadre, là dans  un coquetier  près d’une forme à chaussures pointure 24 chinée cet été à Port de Lanne, tandis qu’une poignée de muscaris cueillie sur  un talus du village, prend ses aises dans un verre ancien de famille...

cognassier du Japon et muscaris

Un très éphémère bouquet d’un arbuste trouvé au bord de la route dont les pétales tombent en douce pluie au moindre frémissement a pris place devant le miroir du salon en compagnie d’une petite gravure chinée cet été à  Bruxelles ...

 bouquet éphémère

 

Et quelques branchettes de cet arbuste accompagnent des fleurs de camélias  dans des ventouses anciennes posées sur des anneaux de rideaux trouvés ce dimanche ...

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En arrière plan , une des trois cartes postales anciennes, 110 ans !  mon coup de cœur  du weekend, trouvées sur le premier vide-grenier de l’année, rassemblées sur un pan de mur, tenues par des petites pinces anciennes chinées elles aussi ce dimanche avec les anneaux de rideaux...

 CPA signées H.Ryland

Ces cartes dont le verso est entièrement réservé à l’adresse (c’est à partir de 1905 que les  cartes seront séparées en deux parties , une pour la correspondance et l’autre pour l’adresse, telles que nous les connaissons maintenant) ont été envoyées les 4, 5 et 6 juillet 1901 à une  dénommée Marie par une Madeleine du même nom de famille, sa mère, sa sœur, sa tante... ?  et ne portent pas d’autre message que la signature de l’expéditrice et la date... J’ai été complètement subjuguée par la délicatesse des portraits, les regards un peu mélancoliques de ces jeunes beautés...  Henry Ryland  1856-1924 (même si celle du centre n’est pas signée, il est indéniable qu’elle est de même facture) était un peintre anglais, connu comme aquarelliste, décorateur et illustrateur.  Je ne sais pas encore si je vais encadrer ces cartes, ou simplement les faire voyager dans la maison au gré de mes envies, les posant  ici ou là pour profiter de leur beauté...

Et enfin, pour clore cette toute petite chine, deux bobines de fil et des fuseaux en buis et noyer. Les bobines viennent grossir une de mes petites accumulations devenue collection que je vous montrerai un jour...

mercerie et camélias

Outre leur numéro de référence, les bobines portent le nom de leur couleur, laurier pour la rose et penséepour la violette, les deux étiquettes sont intactes, elles sont de la marque Wallaert frères à Lille...

C’était un vrai plaisir de reprendre le chemin de la chine ce weekend !

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jeudi 3 mars 2011

Accumulation(s)...

Parce qu’il fallait faire de la place pour la luge à Noël , la malle de Papi a trouvé refuge au salon télé et dessus une accumulation de vieux cadres  a naturellement trouvé place ,  et elle me plait  tant que je n’ai pas envie pour l’instant de défaire l’installation pour que la malle revienne à sa place...

accumulation de cadres vides

Les deux plus grands derrière sont de vénérables vieillards à manipuler avec précaution tant la moulure en est fragile, c’est mon amie Brigitte, qui m’en a fait cadeau, ils datent du  XIXe siècle, les autres ont été chinés dans divers vide greniers pour trois francs six sous...

vieilles moulures détails

En attendant une nouvelle vie, ces vieux cadres  se contentent d’être là , sans prétention aucune, chacune des moulures met en valeur sa voisine et leur observation suffit à mon plaisir  du  moment....

 

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Sur l’un des côtés de l’encadrement du vieil évier du salon, j’ai rassemblé trois montres goussets simplement suspendues par une ficelle de lin...Il y a dans le village un horloger passionné et il m’a fait cadeau de nombreux petits cadrans et de ces montres. La première a de jolies aiguilles, la seconde un cadran de carton, un dos guilloché et  à l’intérieur une petite hirondelle gravée, la troisième a perdu sa trotteuse... En les regardant , on pourrait croire que le temps ici n’a  pas de prise, les trois montres indiquent une heure différente,  et le temps est suspendu...

montres de gousset détails

Sous le grand globe, une accumulation que l’on pourrait qualifier de collection, une collection faite par hasard , un peu malgré moi, au gré des vide greniers et brocante, de jolies trouvailles... Difficile de résister alors même que l’idée de la collection  n’est pas présente à  l’esprit, les objets vous font de l’œil et rentrent à la maison et sans qu’on y prenne garde,  on se retrouve avec un début de collection non préméditée...

 

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Des tampons de toute sorte, de brodeuse, d’imprimerie, en caoutchouc, en bois, en métal rejoints par une bouteille d’encre de brodeuse et sa boite , ainsi qu’un rouleau de lettres à décalquer pour la broderie, un D en belle anglaise qui m’attendait sur le même stand, un très vieux livre officiel, un sachet léger de lavande, deux petits cadrans, des objets sans d'autre raison à leur présence ici que le seul plaisir qu'ils m'apportent...

tampons sous globe détails

Des rouleaux festonneurs de brodeuse et leur outil à manche en bois tourné Napoléon III, de belles initiales en caoutchouc, d’autres doubles enlacées en plomb  et laiton, des tampons chiffres en caoutchouc sur bois et des lettres tout bois , une esperluette en bois et une autre dans un matériau qui ressemble à de la bakélite...

rêves

Les rêves, eux se sont posés depuis longtemps sur la cheminée...C’était les premières lettres typographiques que je chinais et composer le mot rêve plutôt qu’un autre m’avait paru bien en adéquation avec le virus de la chine qui me faisait m’ agenouiller sur une pelouse boueuse à fouiller les caisses avec l’espoir de composer un mot qui me parlerait  et me ferait choisir ces lettres-là plutôt que d’autres...  Depuis les lettres du nom de mon blog reçues en cadeau sont venues compléter l’accumulation qui ressemble  de plus en plus à une... collection !

Rose et gris

 

Petit rappel: je ne valide aucune inscription anonyme à la newsletter !

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