D’abord vous dire combien vos messages pour saluer mon retour sur la toile m’ont fait plaisir et même si j’ai répondu à chacune, vous l’écrire sur ces pages parce que cela  fait partie de ces petites choses qui font le sel de la vie et qu’ainsi je rajoute à postériori grâce à vous un paragraphe délicieux  à la liste de mes plaisirs de rentrée...Merci !

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Voyages immobiles , chronique n°23

Chose promise,  chose due, néanmoins vu le  nombre de livres lus, je ne vais pas vous en faire une critique détaillée, simplement essayer de vous dire rapidement pourquoi j’ai aimé, et certains plus que d’autres...Avant de partir en vacances, il y a eu une longue période où rien ne trouvait grâce à mes yeux  et si j’ai lu, c’était sans passion hormis un court premier roman dont il faut absolument que je vous parle bien qu’il fasse pas vraiment partie des lectures de l’été...

 les heures silencieuses

Inspiré par un tableau d’Emmanuel de Witte, c’est un premier roman lumineux et délicat qui dessine un touchant portrait de femme en 1667 à travers quelques pages  de son journal intime... C’est tout simplement très beau, porté par une belle langue... 

 

levy musso

Des années que je n’avais pas lu un Marc Levy ou un Guillaume Musso et je dois dire que les deux ont été un agréable moment de lecture, une histoire pleine de poésie pour Le Voleur d’ombres et une bonne surprise pour L’appel  de l’ange avec des personnages attachants, une histoire bien ficelée, du suspense... Mais je vous avoue qu’à part avoir passé un bon moment en les lisant, il ne m’en reste rien ce qui n’est pas le cas de...

 

 trilogie des Neshov T 2 et 3

J’avais lu en aout 2011 La terre des mensonges, le premier tome de cette saga familiale norvégienne et j’avais beaucoup aimé. Une histoire de non-dits, une famille écartelée, de fortes personnalités... C’est avec grand plaisir que je les ai retrouvés dans les deux autres tomes de la trilogie... Une écriture au scalpel pour une histoire sans happy end à laquelle il est difficile de s’arracher, Anne B. Radge excelle dans les portraits de ses personnages et l’art d’établir une atmosphère étouffante pourtant parsemée de moments d’une drôlerie décalée et réjouissante...

 

tout çà pour quoi

Je ne sais pas si vous aviez lu du même auteur “Il faut qu’on parle de Kevin”, personnellement j’avais adoré et j’ai beaucoup apprécié aussi l’adaptation qui en a été faite au cinéma  avec Tilda Swinton. J’attendais donc avec impatience de lire Tout çà pour quoi...

C’est un livre écrit au vitriol qui dénonce le système de santé américain et ses ravages sur la classe moyenne, analyse la place de l’argent dans notre vie, raconte la descente aux enfers morale et financière  d’une famille aux prises avec la maladie de la mère. C’est brillant et vous ne serez pas prêts d’oublier Shep et Glynis, sa femme, Jackson, son meilleur ami qui connait bien lui aussi le système de l’intérieur car sa fille ainée souffre d’une maladie rare( inoubliable portrait d’une adolescente en révolte, condamnée à court terme). La dernière partie est magnifique et apporte une bouffée d’oxygène à un moment où on ne s’y attend plus. J’ai beaucoup aimé cette fin d’où certains personnages sortent apaisés, grandis et changés  à jamais... C’est un livre coup de poing qui ne fait pas dans la dentelle, elle ne nous épargne rien et on n’en sort pas indemne mais c’est puissant et efficace...

 

rompre le charme

 

Aucun préjugé sur  cet auteur d’abord connue pour sa vie privée avant de se faire un nom en écrivant des pièces de théâtre à succès. Elle écrit là sur sa mère et le mot de charme est à prendre au sens de sortilège. Je l’ai lu jusqu’au bout, et vous ne savez que je ne me force jamais si je n’aime pas,  pourtant en refermant le livre j’avais un sentiment d’écriture brouillonne et de n’être jamais vraiment rentrée dedans, de l’avoir lu à distance... En fait il n’aurait pas fallu avoir lu avant “Rien ne s’oppose à la nuit “ de D. de Vigan autrement plus puissant, poignant et magnifique sur un thème somme toute assez similaire...Cela ne veut pas dire que celui-ci n'est pas bon...

 

le facteur des Abruzzes

 

Ce n’est que récemment que j’ai découvert que cette histoire étrange, mélange de réalité et d’imaginaire, a pris naissance dans des évènements survenus dans la vie de l’auteur... Cela se passe dans une communauté albanaise complètement perdue depuis une centaine d’années dans un village reculé des Abruzzes. Des mœurs complètement archaïques, où il est question de dette  de sang, de vendetta,  de virginité, de honte... des personnages hauts en couleurs, Mourad le boulanger qui propose le mariage à toute femme qui passe, Ismaël le libraire kosovar musulman isolé dans ce village de chrétiens analphabètes qui le méprisent autant qu’il les méprise, et Yussuf le facteur qui fait sa tournée même s’il n’a pas de lettres à distribuer et qui les distribue d’ailleurs selon des critères de priorité qui n’appartiennent qu’à lui (Laure, l’héroïne/l’auteur se verra ainsi remettre une lettre écrite dix ans auparavant par son mari !!!) ...C’est une histoire étonnante à découvrir en se laissant porter par une écriture très poétique (L’auteur a obtenu le Goncourt de la poésie pour l’ensemble  de son œuvre en 2011)

le fils 

Michel Rostain écrivain et metteur en scène de théâtre lyrique et musical   a perdu son fils âgé de 21 ans d’une méningite foudroyante en 2003. Avec ce livre, dont le narrateur est le fils disparu, l’auteur fait un récit subtil et intense de ce deuil terrible pour lequel un ami lui a dit “ On peut vivre avec çà”. Et à travers la voix ironique et tendre de son fils  il signe là un vrai hymne à la vie. La demoiselle de Bordeaux qui l’a lu avant moi, l’a beaucoup aimé, j’ai eu un peu plus de mal à le lire parce que trop d’empathie  pour ce père me bouleversait malgré la distance, l’humour et la dignité de ce témoignage sans pathos ni plainte...Avec le recul, et j’en ai quelquefois besoin pour remettre en place idées et émotions au sortir d’un livre, je me dis qu'il fait partie de ces livres forts qu’on  n’est pas prêt d’oublier...

 

le sel de la vie

Une lettre écrite à un ami, un monologue qui détaille sur 80 pages une longue liste de ces menus plaisirs, ces émotions, ces images, ces moments fugitifs de grâce qui superposés les uns aux autres construisent notre personnalité. Dans l’esprit de “La première gorgée de bière et autre plaisirs minuscules” de P. Delerm, mais d’une façon différente puisque Delerm explique, décortique longuement  ses plaisirs minuscules, alors qu'ici il s’agit seulement d’une énumération sans justification ni explication, par association d’idées qui lui sont personnelles mais qui peuvent résonner et faire sens en chacun de nous ...En quelque sorte une belle méditation sur ces petits riens qui font le sel de la vie...A lire sans modération, à grappiller un peu, beaucoup, passionnément...

 

 1Q84

J’ai gardé pour la fin la saga de Murakami dont je suis en train de lire le troisième livre. Je n’avais jamais rien lu de cet auteur, et j’ai plongé avec délice dans l’univers de 1Q84, cette année parallèle à 1984, un univers en décalage subtil mais non moins vivant où brillent deux lunes, où règnent d’étranges lutins, les Little People. On suit l’histoire parallèle de Aomamé et de Tengo, ils ont été ensemble à l’école primaire durant deux années, ne se sont jamais revus, on pressent qu’il leur faudra se retrouver, mais où? quand ? Je préfère ne rien vous dévoiler de cette œuvre hypnotique et fascinante. J’aime vraiment beaucoup l’écriture de Murakami, les portraits ciselés qu’ils dresse de ses personnages, l’atmosphère étrange qu’il installe au fil des pages où la normalité la plus absolue et  presque la plus banale côtoie le merveilleux. Mais ne vous y trompez-pas, le monde qu’il décrit n’est pas un monde tendre, c’est un monde de sectes, de fanatisme religieux, de violence, de sexe dont il parle avec poésie et douceur tout autant qu’avec crudité ...  Mais il parle aussi d’amour pur,  de solitude, d’écriture...Envoûtant !

Merci de m’avoir suivie jusque là, je suis sûre que chacun pourra trouver son bonheur parmi cette moisson de titres, j’espère vous avoir donné envie d’en découvrir  quelques uns, bonne lecture !

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