Je vais vous montrer deux objets chinés pour lesquels j’ai eu un coup de cœur. Ils sont aux antipodes l’un de l’autre. Le premier est robuste, fait pour durer, sans fioritures, fonctionnel pour le métier pour lequel il a été conçu...

L’autre est éminemment fragile, rare en raison même de sa fragilité, il n’a pas en soi d’utilité, il est juste beau et là on pourrait disserter comme le fit Maman dans les années trente en classe de philo sur ce sujet: “A quoi cela sert-il ? cela sert à faire joli... ”

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Le premier, c’est ce panier en zinc et fer au centre sur la console.

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Divisé en quatre compartiments, doté d’une robuste poignée renforcée, il s’agit d’un porte-outils de vigneron. Les pattes extérieures servait à enrouler le raphia utilisé pour lier la vigne, et à l’intérieur de l’un des compartiments, un autre plus petit a été aménagé pour transporter les greffons...

vigneron

J’y ai installé deux orchidées, des torchons, des bougies, aujourd’hui il est là, demain il sera ailleurs...J’aime infiniment ces objets d‘art populaire et pour une fois qu’un outil peut participer à la déco sans la faire tomber dans le rustique et me permet un mélange des genres revigorant, j’adore !

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A l’extrémité de la console, un sachet de plombs en jute, cadeau d'une amie. L’ancienne église des Cordeliers, à Toulouse fut ravagée par un incendie en 1871. Seul le clocher fut épargné, il sera ensuite vendu ou loué à des fondeurs de plombs de chasse dont la production fut connue sous le nom de Plomb des Cordeliers.

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Si vous avez bien regardé la première photo, vous aurez remarqué que ma petite machine à coudre s’est déplacée et qu’elle ne se trouve plus sous sa cloche. Elle a laissé sa place au deuxième objet que je veux vous montrer aujourd’hui...

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Une plaque de biscuit datant de l’époque Napoléon III. Lorsqu’on l’a entre les mains elle se présente telle que sur la photo, mais en réalité dès qu’une source de lumière est placée derrière, cela devient  autre chose... Il s’agit d’une lithophanie. Le procédé breveté en 1827 par le Baron Paul Charles de Bourgoing consiste à presser une plaque de porcelaine non émaillée sur une plaque en relief servant de guide à la gravure. Le dessin apparait dans la matière opaque au départ, par les jeux de transparence dûs aux différentes épaisseurs de la matière. Et la lumière révèle alors un luxe incroyable de détails. Ces objets destinés à être suspendus devant une fenêtre  ou devant une source de lumière, chandelle ou lampe à pétrole, furent très en vogue...Reproductions de tableaux ou sujets religieux, Limoges y excellait et la maison Bernardaud  en commercialise encore sous forme de photophores en dôme (à voir ici)

Pour la protéger  un maximum, j’ai encadré ma lithophanie avec une baguette vieillie de L’éclat  de verre, je lui ai fixé au dos une petite patte permettant que le cadre tienne seul (même provenance mais hélas ils ne les font plus) invisible devant, qualité indispensable  pour ce cadre-là

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enfin je l’ai mise sous cloche devant une fenêtre, espérant la mettre ainsi à l’abri d’un coup de pattes malencontreux des félins de la maison...

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Je vous la montre sans sa cloche, mais curieusement sachez que c’est très difficile à photographier et en réalité elle est bien plus belle ...Regardez l’incroyable finesse des détails, je trouve la scène absolument charmante, ces deux gamins se disputant une poupée, les expressions des visages, les arbres en arrière plan ...

Chaque fois que mes yeux se posent dessus, je me réjouis de l’avoir trouvée...

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