lundi 30 juin 2014

En 4 mois, il y a eu....

Presque 4 mois en effet que je ne suis pas venue ici! Des travaux, des occupations multiples, le besoin de me recentrer et l’envie de ne pas toujours courir après le temps, de faire les choses à mon rythme m’ont éloignée de l’ordinateur...Ce qui ne m’a pas empêchée de faire des découvertes, lire, chiner encore et toujours. Alors si vous le voulez bien, si vous avez un peu de temps devant vous je vais vous raconter un peu de ces quelques mois, suivez-moi, je vous emmène...

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birds on a wire

D’abord je veux partager avec vous une découverte musicale: Un disque superbe, étonnant, inclassable, un disque de reprises, voix et violoncelle. La voix de velours, c’est celle de Rosemary Standley, la chanteuse franco-américaine de Moriarty, elle est accompagnée au violoncelle et au chant par Dom La Nena, toute jeune artiste brésilienne.

”Birds on a wire” est un songbook fantasque et gourmand (Télérama) où l’alchimie évidente du duo est extraordinaire, on écoute ce disque comme on égrènerait un album de souvenirs, car elles revisitent des mélodies et textes fameux de Monteverdi à Léonard Cohen en passant pas John Lennon ou Tom Waits. On rêve, on sourit, on est ému aux larmes, on ferme les yeux, on est transporté ailleurs...”All the world is green” (Tom Waits) est une merveille que j’écoute en boucle, qui me fait frissonner et m’émeut de façon indicible...

 C'est la musique que vous entendez ici...(Patience, le morceau démarre tout en douceur !) 

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Au jardin...

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Au mois  de mai, j’ai adoré voir fleurir et s’épanouir ces  iris achetés en Provence il y a deux ans, bien installés maintenant qui m’ont fait la surprise alors que j’avais acheté uniquement deux pieds rose et pourpre, de faire prospérer une belle variété de bleu, si étroitement imbriquée aux bicolores que j’ai renoncé à les séparer...

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L’an dernier j’avais eu l’opportunité de chiner dans un vide-grenier quatre superbes et authentiques vasques médicis du XIXe siècle, en provenance des jardins de l’ancien séminaire et lycée du village voisin. Elles sont passées sous mon pinceau et ornent maintenant la murette séparant la cour de la piscine. J’ai choisi de ne rien y mettre, je trouve qu’elles se suffisent à elles-mêmes... 

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Le printemps a vu éclore d‘innombrables semis spontanés de pensées et d’érigeron dans la cour, qui sont venus colorer et poétiser le gravillon gris tristounet...

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Cette année la générosité de mon rosier grimpant Pierre de Ronsard a été sans limites et enfin il s’est montré opulent et croulant sous les fleurs, il a mis des années à vraiment s’installer et je désespérais parfois, lorsqu’ailleurs j’en voyais  lourds de fleurs, de  voir le mien un jour aussi beau...Pour les sauver de la pluie, j’en ai fait avec bonheur plein de bouquets au fil des jours ici et là dans la maison...

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Au fil des chines

Parmi mes trouvailles, deux petits cadres que je trouve exquis.

Le premier chiné à Aix-en-Provence, ovale en bois avec un filet intérieur en laiton et un verre bombé d‘origine, met en valeur une peinture sur celluloïd, une carte postale, découpée pour la faire rentrer dans le cadre. Ces cartes postales en celluloïd, la première matière plastique artificielle dont l’origine remonte à 1856 ont été très en vogue au tout début du  XXe siècle. J’ai peint le cadre en off-black de F&B...

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Il a trouvé place dans mon entrée au-dessous d’un autre petit cadre chiné au Pays Basque, rond, marqueté, contenant lui une aquarelle de roses dans un vase bleu (dans l’esprit des sublimes aquarelles de Blanche Odin, qui sait peut-être un ou une de ses élèves ?) et juste au-dessus cet autre petit cadre en résine peint dans la même couleur, déjà montré, contenant une petite litho ancienne chinée à Bruxelles...

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Le deuxième cadre chiné, à poser, est beaucoup plus ancien. Le voici dans son jus tel que je l’ai trouvé...

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Une sorte de résine, peut-être du gutta-percha ou de l’ébonite, toutes deux issues d’une sève d‘arbre, très utilisées sous Napoléon III. Le montage du cadre, son joli pied, le décor très important me laisse penser qu’il s’agit bien d‘un cadre de cette époque. Trouvé dans un vide-grenier pour 7 euros, le vendeur ignorait qu’avec juste un peu de cirage à chaussures, ce petit objet raffiné retrouverait sa splendeur et que les détails de son ornementation seraient aussi bien mis en valeur...J’y ai installé la photo de ma trisaïeule maternelle (l’arrière-grand-mère de ma mère), Adélaïde prise en 1881, elle avait alors 47 ans. Le cadre est posé sur un mouchoir en lin orné d‘une rangée de somptueux jours brodés en provenance du même vide-grenier et il est accompagné d‘un lorgnon pliable, contemporain et du cadre et de la dame, le tout chiné ce printemps...

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Impossible de vous raconter mes chines sans vous montrer la plus jolie trouvaille qu’il m’ait été donné de faire en vide-greniers. La personne qui la vendait était plutôt en retard et finissait de s’installer alors que nous allions quitter le vide-grenier. Un brocanteur pro rodait autour de la voiture.

J’ai juste aperçu un panneau fleuri, sans trop réfléchir j’ai demandé :combien? -10 euros -je prends !!!

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Et ensuite seulement j’ai découvert avec ravissement ce paravent de cheminée à quatre vantaux articulés en double sens, avec des panneaux de bois peints à l’huile  d‘une jolie facture ! Juste un léger nettoyage et il a trouvé place dans la cheminée  de la salle à manger... Une de ces aubaines dont  rêve tout chineur devenue si improbable dans les vide-greniers actuels où vêtements et jouets occupent 95% des étals...

Cadeau de mon amie Brigitte, cette superbe cloche du jardin de sa grand-mère! Elle est magnifique et j’en rêvais depuis longtemps  sans vraiment espérer en trouver, c’est un objet plutôt rare chez nous... Elle  a trouvé place dans la salle à manger où elle voyage de la table à la commode selon mon inspiration. Trop belle pour l’installer dehors et qu’elle se salisse ou risque un choc fatal: elle a conservé sa boule-poignée ce qui est rare car les jardiniers les cassaient pour les ranger en les empilant...

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Sur cette photo elle abrite un pichet Moulin des Loups et un service à café Boulogne de Digoin ainsi qu’une poupée ancienne en bois chinée chez mon amie Jeanine. Je ne suis pas collectionneuse et je ne m’intéresse pas spécialement aux poupées, me gardant bien de mettre le doigt dans un engrenage que je sais addictif, n’est-ce pas Jeanine ? Mais celle-ci, comment dire? j’ai eu un coup  de foudre tout simplement. Ce n’est pas qu’elle soit extrêmement belle, mais elle a un je ne sais quoi dans le regard qui m’a parlé directement au cœur...

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Voyages immobiles

L’été approche et je sais que vous êtes nombreuses à attendre  un billet de lecture. J’ai mis à jour l’album photos de mes lectures 2014 et vous y trouverez des idées. Je ne vous parlerai pas de toutes ces lectures, ce billet est déjà bien assez long. Je vous donne juste mes trois préférées :

                          la singulière tristersse du gâteau au citron            

Le jour de ses neuf ans, Rose Edelstein mord avec délice dans le gâteau au citron préparé pour l'occasion. S'ensuit une incroyable révélation : elle ressent précisément l'émotion éprouvée par sa mère, alors qu'elle assemblait les couches de génoise et de crème. Sous la douceur la plus exquise, Rose perçoit le désespoir. Ce bouleversement va entraîner la petite fille dans une enquête sur sa famille. Car, chez les Edelstein, tous disposent d'un pouvoir embarrassant : odorat surpuissant ou capacité de se fondre dans le décor au point de disparaître. Pour ces superhéros du quotidien, ce don est un fardeau. Chacun pense être affligé d'un mal unique, d'un pouvoir qu'il faut passer sous silence. Comment vivre lorsque les petits arrangements avec la vérité sont impossibles ? Comment supporter le monde lorsque la moindre bouchée provoque un séisme intérieur ?

Comme le singulier gâteau de Rose, les livres d'Aimee Bender sont recouverts d'un succulent glaçage, fait d'humour et de fantaisie. Dans ce texte plein de charme, proche des films de Wes Anderson, elle met l'imagination au pouvoir et prouve qu'elle est l'un des auteurs les plus originaux du paysage littéraire américain.

J’ai beaucoup aimé cette histoire tout à fait singulière, avec ses personnages attachants et fantasques. Sous la fantaisie, une fine observation des caractères et des situations rend la lecture agréable et captivante une fois accepté l’étrangeté des faits !

 

 

en cas de forte chaleur

♥ ♥ Dans un Londres écrasé de chaleur, Robert Riordan disparaît. Pour percer le mystère, les Riordan devront briser les tabous et les remords qui les désunissent. Mais en auront-ils le courage ? Après le sublime Cette main qui a pris la mienne, récompensé du Costa Award, Maggie O'Farrell signe un très beau roman, chargé de délicatesse et de grâce littéraire, le magnifique portrait d'une famille irlandaise inoubliable.

J’ai vibré à l’unisson des personnages de cette histoire  de famille où les sentiments complexes d‘une fratrie, les silences des parents, les non-dits résonnent si vrai... Une histoire inoubliable comme il est dit en quatrième  de couverture !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le collier rouge

♥ ♥ ♥ Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte.
Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit.
Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère.
Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes.
Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame...
Plein de poésie et de vie, ce court récit, d'une fulgurante simplicité, est aussi un grand roman sur la fidélité.

Pas grand chose à ajouter à cette quatrième  de couverture, si ce n’est que pour moi c’est le roman parfait: 150 pages auxquelles il n’y a rien à ajouter, rien à enlever. La concision, la sobriété de l’écriture est parfaite et campe à merveille toute une époque, toute une atmosphère...  Les caractères des personnages, leur profonde humanité se dessinent autant à travers ce qui est dit qu’à travers ce qui ne l’est pas...En cette année  de centenaire de la guerre de 14-18, où personnellement j’ai appris beaucoup de choses, Jean-Christophe Rufin nous offre un roman magnifique à côté duquel il ne faut pas passer, un vrai bijou.

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Merci de m'avoir suivi jusque là !

Je vous souhaite de passer un bel été, je vous retrouve en septembre!

 IMG_7886 Rhododendrons sur le Hautacam, vallée d‘Argelès-Gazost, le 21 juin 2014

Posté par cathfd à 15:24 - Commentaires [84] - Permalien [#]
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