lundi 4 février 2013

La villa Eugénie...

 29 30 janvier biarritz-001 Alors qu’elle n’est encore qu’une enfant, celle qui deviendra la dernière impératrice des français,  Eugénie, passe ses vacances à Biarritz et tombe sous le charme de la côte basque. Après son mariage avec Napoléon III en 1853, le couple vient passer l’été à Biarritz et l’empereur est conquis à son tour . Il fera construire en 1854 en dix mois un palais pour y loger la cour: la villa Eugénie.

crédit photo internet

Et pendant 16 ans, le couple impérial honorera son rendez-vous estival avec Biarritz. A la mort de l’empereur, la villa devenue propriété d’Eugénie, est mise en vente et transformée d’abord en Hôtel-Casino avant de devenir en 1893, l’Hôtel du Palais. Ravagé par un incendie en 1903, il est alors reconstruit avec une aile supplémentaire, et prend l’allure qu’on lui connait  en forme de “E” en hommage à celle qui l’a inspiré. Depuis 2011, l’hôtel fait officiellement partie des douze Palaces de France...

crédit photo internet

Lieu mythique, qui a vu défiler tout le Gotha européen jusque dans les années 20, remplacé aujourd’hui par de nombreuses célébrités, écrivains, acteurs, hommes politiques, le palais au bout de la grande plage de Biarritz fait rêver petits et grands, biarrots ou touristes...

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Suivez-moi, j’ai eu le privilège d’y passer la nuit...

En rentrant, comment ne pas être sous le charme, car au delà d’une décoration assez chargée et fastueuse, ici à l’opposé des hôtels à l’atmosphère impersonnelle, les lieux ont vraiment une âme et avec un peu d’imagination, on se trouve très vite transportés dans une autre époque... 

intérieur PalaisLa salle du restaurant principal, une avancée en rotonde sur la terrasse dominant l’océan offre un spectacle toujours renouvelé et magique...

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De nuit, les spots éclairant la côte offrent une vue imprenable sur les vagues qui heurtant les rochers, éclatent, rebondissent et  jaillissent en gerbes furieuses d’eau et d’écume à plusieurs mètres de hauteur parfois...Mieux vaut alors ne pas trop s’approcher du bord de la terrasse...

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J’ai aimé me promener dans les couloirs jalonnés  de ces somptueuses jarres de la poterie basque Goïcoechea remplies d’orchidées par brassées, fouler les tapis bordés d’abeilles impériales, rencontrer ici et là de délicats fauteuils, comme une invitation à se reposer, souvenir du temps où les ascenseurs n’existaient pas...

  couloirs

J'ai aimé lire sur les portes des suites, les noms des célébrités qui ont fréquenté l’hôtel et y ont laissé leur empreinte, regarder les innombrables photos anciennes, gravures qui ornent les couloirs et témoignent de l’histoire de l’Hôtel...

noms des suites

J'ai aimé savourer le luxe discret et cossu d’un linge de toilette blanc, épais, mousseux, monogrammé, fourni en abondance, le confort d’une penderie dont la tringle s’éclaire à l’ouverture des portes et aux cintres en bois en nombre, le luxe d’une robinetterie parfaite et pourtant sans ostentation ni bling-bling, la chambre éclairée, le lit ouvert pour vous accueillir le soir au retour de votre promenade, le confort absolu de la literie...

luxe et monogramme

 

et le lendemain matin savourer le buffet somptueux du petit-déjeuner, plaisir de l’œil, plaisir des papilles, mais je n'avais pas pris mon appareil photo, plus soucieuse de vivre le moment que de l'immortaliser ! 

Ici règnent l' amour du travail bien fait et la quête de l’excellence, pas de place pour les jean-foutres ni les paresseux, l’à peu-près n’a pas droit de cité et chaque client  est un prince ou se sent comme tel...

portrait eugenie ter 

Ce qui me ramène à Eugénie, l’une des plus belles femmes de son temps selon les critères de l’époque, savez-vous qu’elle a beaucoup œuvré pour faire progresser la cause des femmes? Elle intervint personnellement pour que soit signé le diplôme du baccalauréat de Julie-Victoire Daubié, première femme à l’obtenir, elle remit à Rosa Bonheur la  légion d’honneur, pour la première fois remise à une femme et obtint que  Madeleine Brès puisse s’inscrire en faculté de médecine lui permettant ainsi de devenir la première française médecin ...

Les trois portraits d’Eugénie sont de Franz Xaver Winterhalter (1805-1873) portraitiste attitré du Gotha de son époque. Le tableau suivant, du même peintre, l’Impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur (1855) se trouve au château de Compiègne.

L'impératrice Eugénie entrourée de ses dames d'honneur 1855

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lundi 2 avril 2012

Haranbeltz ...

En faisant du tri dans mes photos, je me suis rendue compte que je ne vous avais pas parlé d’un lieu extraordinaire visité l’été dernier. Au printemps 2011 nous avions saisi au vol quelques images de l’émission “Des racines et des ailes”  sur ce lieu, la chapelle Saint-Nicolas  d’ Haranbeltz(ou  Harambels ) et nous étions promis d’aller la voir, ce que nous avons fait cet été... Je vous emmène donc en Basse-Navarre, sur la commune d’Ostabat-Asme...

chapelle d'Harambels

Avant de vous montrer l’intérieur de la chapelle dont vous voyez ci dessus le profil très caractéristique avec son clocher trinitaire et son abri de sonneur adossé en bois,  il faut que je vous raconte un peu l’histoire de ce lieu, à la croisée de trois des quatre chemins de Saint-Jacques de Compostelle, et dont l’originalité réside en son appartenance à quatre familles, descendantes des communautés de donats, ces frères et sœurs hospitaliers qu’on retrouve dans toute la France médiévale mais qui ont survécu jusqu’à la Révolution  au pays basque. Les donats étaient des laïcs qui avaient néanmoins prononcé des vœux, de chasteté, consistant à ne pas se remarier en cas de veuvage, de pauvreté, qui les empêchaient seulement de désigner leurs héritiers choisis par la communauté, et d’obéissance à leur chef élu, le Prieur. On trouve mention du Prieuré d’Harambels dès 1059. Ces communautés agricoles et familiales ont joué un rôle primordial dans le fonctionnement des établissements hospitaliers et des hôpitaux qui accueillaient les pèlerins. Il aurait fallu pouvoir vous montrer une photo aérienne  pour que vous vous rendiez compte de la situation des lieux inchangée depuis le Moyen Age, une clairière, la seule  au milieu des bois assez sombres de la vallée qui l’entoure et qui lui a donné son nom (haran en basque, c’est le val et  beltz, c’est noir)

Fin 1784, un édit du roi Louis  XVI dissout les communautés de donats et à la Révolution, l’église est confisquée. A l’époque,  de l’ancienne communauté, il reste quatre familles qui vont racheter leur propre bien à l’Etat !  C’est ainsi  que les descendants de ces quatre familles, héritiers de mille ans d’histoire, sont toujours les propriétaires indivis de la chapelle Saint-Nicolas ce qui nous permet aujourd’hui de pouvoir voir ce joyau qui aurait sans nul doute disparu si elle n'était restée propriété privée et  sans cette étonnante histoire...

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Le portail est la partie la plus ancienne qui soit parvenue jusqu’à nous, il serait daté du XIIe ou XIIIe siècle, surmonté d’un Chrisme  et d’une croix de Malte.

De l’ancien hôpital qui jouxtait l’église et dont une eau-forte d’Odilon Redon atteste l’existence encore en 1866, il ne reste qu’une porte lourdement ferrée ouvrant sur le champ voisin...

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A l’intérieur de la chapelle, le contraste avec l’extérieur extrêmement simple et rustique est total. La facture du retable est en date du  8 juin 1736. C’est naïf, voire simpliste,  coloré, relativement hétéroclite mais il y règne une atmosphère tout à fait particulière  qui nous a charmés et à laquelle la ferveur qui a présidé à la décoration du lieu n’est sans doute pas étrangère...

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Le panneau central reprend la légende de saint Nicolas et des trois enfants...

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La voûte devait vraisemblablement être peinte en bleu étoilé d’or un tout petit bout préservé a été retrouvé), mais un curieux décor de fausses briques à joints blancs est venu remplacer le décor originel, en pied de voûte des peintures  des évangélistes et d’autres saints...

peintures

Un bas relief intéressant qui semble d’origine romane mais...des recherches ont fait apparaitre qu’il date du milieu du XVIIIe siècle, il a été peint “à la façon” du XIIIe ! mais surtout il est sûrement d’origine locale car la Vierge est assise sur un coffre typiquement basque. Il aurait été réalisé par le même auteur que le bas-relief de Saint-Nicolas...

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Ce lieu a été récemment restauré de juin 2008 à décembre 2010 avec le concours  de l’Etat et de la Région et ouvert aux visites  de façon assez large, nous avions été accompagné par l’un des habitants du hameau propriétaire de la chapelle et passionné par son histoire et avons quitté à regret ce hameau paisible. Si ce n’était la présence de voitures, d’engins agricoles et les fils électriques, on aurait pu croire que le temps s’y est arrêté...Pendant notre visite, un pèlerin est passé, mais il fallait qu’il marche encore un peu pour atteindre désormais le gîte le plus proche...

hirondelles

Pour en savoir plus:http://www.lesamisdharanbeltz.fr/wordpress/

♥ ♥ ♥

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vendredi 30 septembre 2011

Une église et une chapelle basques...

Il y a environ une quinzaine d’années, nous avions été écouter un concert de chants corses et basques dans l’église d’Ustaritz... Nous n’y étions jamais revenus depuis, et cet été, lors des  rares embellies de la fin juillet, nous sommes partis à la découverte ou redécouverte de certains lieux du Pays Basque. Nous avons commencé par Ustaritz  et comme vous allez le voir, bien nous en a pris d’y aller ce jour-là plutôt qu’un autre.

De l’extérieur, Saint-Vincent est une église plutôt classique voire sévère comme il y en a tant, silhouette élancée avec son clocher qui grimpe vers les cieux, datant du XIXème siècle...

Ustaritz 

La surprise est d’autant plus grande à l’intérieur, et cet après-midi là nous avons eu la chance de la trouver toute éclairée. Quatre personnes s’y tenaient, un couple de touristes, le prêtre de la paroisse et une dame chargée de l’art sacré au niveau du diocèse qui venait voir le nouveau mobilier liturgique, en laiton massif, livré à l’église le mois précédent.

Saint-Vincent mobilier liturgique

Le plus remarquable, ce sont les couleurs qui  habillent l’intérieur de l’église et lui donnent une atmosphère chaleureuse et gaie...

 Saint-Vincent le choeur

Saint-Vincent l'autel de la Vierge

Saint-Vincent nef et vitraux

Une des particularités de l’église est l’utilisation, d’avant-garde pour l’ époque, de  la fonte pour la structure des galeries, ces galeries typiques des églises basques habituellement tout en bois...

Et ce qui frappe le visiteur d’emblée, outre l’explosion de couleurs, ce sont les peintures du chœur datant de 1946  représentant une procession des saints du XIXème siècle, auxquels les habitants du village ont prêté leurs traits. Les couleurs vives, les visages incroyablement expressifs, les détails ornementaux, les frises qui encadrent les groupes de personnages, tout l’ensemble  est d’un effet  saisissant  et une récente restauration nous les offre dans leur fraicheur originelle...

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Saint-Vincent détails des saints

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Alors que nous  écoutions attentivement la conversation qui se tenait sur le patrimoine religieux de la région,  le prêtre a parlé d’une chapelle des environs  qui venait  d’être consacrée quelques jours auparavant par Mgr Aillet, l’évêque de Bayonne. Il a proposé de nous y accompagner, heureusement car nous ne l’aurions pas trouvée faute de signalisation! (d’Ustaritz, il faut prendre la route de Saint-Pée  sur Nivelle , la D3 et tourner à gauche au chemin de Bidachuna)

Cette chapelle a la particularité, nous a expliqué le prêtre pendant le trajet, d’être au confins de trois communes, Ustaritz, Souraïde et Saint Pée, au lieu dit d’Otsanz et d’être propriété privée. En effet, le cinéaste René Clément en découvrit les ruines en 1991 sur la propriété qu’il venait d‘acquérir, un bout de mur et la pierre monolithique de l’autel. L’origine de cette chapelle détruite à la révolution remonte au Moyen-Age, lieu de cachette des chrétiens pendant les invasions et halte pour les pèlerins de Compostelle. Madame Clément selon la volonté du cinéaste disparu en 1996,  s’occupa de faire renaitre la chapelle, ce qui fut fait il y a deux ans avec l’aide d’artisans locaux, tailleurs de pierre, charpentiers et maçons...Avec la consécration, la chapelle a retrouvé son âme et sa destination liturgique.

chapelle sainte Marie-Madeleine

Les pierres foncées sont tout ce qui restait de la chapelle avec la pierre d‘autel de plus d’une tonne  dans laquelle fut scellée une pierre contenant des reliques de sainte Marie-Madeleine le jour de la consécration .

chapelle ste Marie Madeleine détails

Ici point de couleurs, la sobriété est de mise: Pour seuls ornements,  la pierre  taillée, une  charpente de toute beauté, un crucifix en bois sobre et nu, la lumière naturelle, la chaleur blonde de la pierre, des portes massives en bois clouté à l’ancienne...  Il y règne une atmosphère rare due peut-être à cette renaissance en un lieu chargé d‘histoire, en plein XXIe siècle avec  un savoir-faire digne de ceux qui l’avaient érigée il y a si longtemps..

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Nous sommes repartis heureux de ces rencontres et émus d’avoir pu découvrir cette petite chapelle si loin de la débauche picturale de saint-Vincent  mais si belle dans son humilité et sa simplicité, posée au milieu des champs, non loin d’une ferme, ouverte au passant et au pèlerin...

♥ ♥ ♥ 

du coeur et des mains

Un rendez-vous à ne pas oublier:

 la vente solidaire pour AFOUS

 aujourd'hui dès 8h et demain seulement

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vendredi 11 février 2011

Les chapelles jumelles ...

Lorsque cet automne, nous étions partis vers Iraty, nous nous étions arrêtés dans deux tout petits villages, connus pour leurs chapelles “jumelles”. En 1842 , trois anciennes paroisses distantes de quelques kilomètres à peine furent regroupées en une seule commune, Ahaxe-Bascassan-Alciette qui compte environ trois cents âmes à l’heure actuelle. Les chapelles de Bascassan et d’Alciette offrent la particularité d’une construction et d’une décoration intérieure quasiment identiques.

Saint-André de Bascassan

C’était le premier hameau sur notre route mais hélas nous avons trouvé porte close et personne n’a répondu dans la maison habitée la plus proche. En fait, nous l’apprendrons de la bouche de la personne qui nous a ouvert l’autre chapelle, nous ne frappions pas à la bonne porte ! Et malgré une seconde tentative, les gens en charge des clés étant absents, nous ne verrons que l’extérieur de cette chapelle...Le cimetière attenant ainsi que le décor intérieur sont classés monuments historiques. A l’origine, cette chapelle n’était qu’une simple grange, halte hospitalière sur le chemin des pèlerins. Sur la porte, remarquez l’étonnant personnage autour de l’entrée de serrure ...

Bascassan vue d'ensemblebasacassan cimetierreBascassan (3)

Le petit bâtiment  à côté de la chapelle, m’intriguait et comme Alba à peu près à la même époque  dans un autre village basque, j’ai découvert qu’il s’agissait d’une benoîterie, institution typiquement basque. La benoîte était la gardienne de l’église et du cimetière, il s’agissait d’une charge souvent d’un coût élevé, dont le choix était ratifié par l’évêque, en contrepartie de laquelle la benoîte , une jeune fille de plus de trente ans, parfois une veuve, s’engageait pour sa vie durant à servir l’Eglise moyennant le logement, des redevances en nature et des rétributions lors des cérémonies religieuses. C’est elle qui veillait notamment aux rites funéraires qui sont  très particuliers dans cette région de France, en quelque sorte c’était l’équivalent du sacristain ou du marguillier...  (pour en savoir plus, clic)

Et la benoîte de Bascassan était la dernière benoîte en activité au Pays Basque lorsqu’elle est décédée il y a une vingtaine d’années. La benoîterie est classée ainsi que son potager.

bascassan la benoiterie

Sainte Croix d’Alciette

Nous avons eu plus de chance avec la seconde chapelle, située je vous le rappelle à quelques kilomètres seulement. A quelques détails près, même construction, même origine, une simple grange hospitalière pour les pèlerins, pas de benoîterie attenante, même cimetière autour de la chapelle avec ses croix anciennes si particulières en pierre, différentes des stèles discoïdales basques habituelles.

Alciette le porche et le cimetière Alciette extérieur

Et une fois la porte franchie, quel émerveillement devant d’authentiques trésors cachés sous une si humble apparence...

Alciette vue d'ensembleAlciette voute étoilée bancs et prie-DieuAlciette retable, confessionnal et fonts baptismauxAlciette peintures voute

Les peintures des apôtres sur fond de paysages agrestes datent du XVIIIe siècle. Il émane de cette chapelle une impression extraordinaire, la décoration est riche mais si fraiche dans sa naïveté et les couleurs employées que c’était une vraie émotion de pénétrer en ce lieu...

Nous avons continué notre route...

Mendive

Le fond du cimetière de Mendive  où ont été rassemblées toutes les anciennes croix et quelques stèles discoïdales...J’ai trouvé que de l’ensemble se dégageait une rare et paisible harmonie autour de la croix de cimetière en pierre certainement très ancienne elle aussi...

♥ ♥ ♥

Merci pour vos commentaires sur le post précédent, même si je ne vous réponds pas individuellement, c'est toujours avec un immense plaisir que je vous lis. Merci pour votre fidélité...

♥ ♥ ♥

 

 

 

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mercredi 24 novembre 2010

Iraty...

Puisqu’enfin le grand beau temps s’était installé à la fin de notre séjour en Pays Basque, le samedi 13 novembre, nous sommes partis vers la montagne, la Basse Navarre, en direction d’Iraty. Ne manquant pas de prendre le chemin des écoliers nous arrêtant dans maints petits villages, histoire de voir ici une église, là un paysage, et souvent les deux en même temps comme ce petit village, Béhorléguy face au pic éponyme, qui jouit d’un paysage enchanteur...

Behorleguy Nous continuons de monter et nous arrêtons  pour aller découvrir en plein milieu d’un pâturage à 900m d'altitude, la chapelle Saint-Sauveur d’Iraty...Sans un panneau indicateur, de loin on pourrait facilement   la prendre pour une simple grange...

Saint-Sauveur d'Iraty

C’est une chapelle de fondation romane, dont on trouve mention au XIIe et XIIIe siècles , qui fut restaurée en 1727, date gravée au-dessus de la porte, à l’initiative du curé de Béhorléguy (bien qu’il ne s’agisse pas du tout de la même commune !). Les ouvertures romanes étroites sont d’origine. Nous n’avons pas pu voir l’intérieur car elle est fermée. C’était une étape sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle et un lieu de pèlerinage important.

Saint-sauveur d'Iraty détails pf 

Tout autour de la chapelle, un chemin de croix extérieur à colonnes de pierre... et à gauche de la porte romane côté ouest une plaque commémorative “de 1942 à 1944 pour de nombreux patriotes belges rejoignant   les forces alliées, l’Iraty fut  une halte sur le long chemin de la liberté, les survivants ont choisi ce sanctuaire de paix pour redire leur gratitude à Dieu qui les protégea et à ceux qui en pays basque leur furent fraternels”

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Enfin  nous arrivons aux chalets d’Iraty (une quarantaine de chalets en location disséminés dans la forêt) avec beaucoup de plaisir car nous y avons passé des vacances heureuses dont les filles gardent un excellent souvenir il y a ...19 ans ! Souvenirs de cueillette de myrtilles , de tartes et de grillades au feu de bois, de longues promenades dans la forêt, de balades à cheval dans des paysages éblouissants...

chalets d'Iraty 

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Au niveau du col, un restaurant dont les fenêtres et la terrasse ouvre sur ce paysage... iraty panorama du restaurant 

Deux cent mètres en dessous, le col d’Organbidexka: Situé sur une zone de passage importante de la migration des pigeons ramier, la fameuse palombe du sud-ouest, ce lieu a été repris aux chasseurs depuis 1979 et c’est dorénavant un lieu de comptage des oiseaux migrateurs, palombes, grues, oies, rapaces, passereaux... en route vers le sud.

Du 15 juillet au 15 novembre, des bénévoles et des permanents en liaison avec la LPO sont là du lever du soleil à son coucher pour comptabiliser les oiseaux. Ce jour là, il faisait un vent du sud incroyable  (nous avions peine à avancer et à résister au vent et la tenue des observateurs vous en dira long sur la température !) et il n’y avait en conséquence aucun passage...Avec leurs jumelles et leurs puissantes lunettes (x 60) ils sont capables de repérer un  vol de grues à 10 kms ! Cette année restera dans les annales avec des records de passage de rapaces, 41400 Milans noirs , un record absolu depuis le début de l’étude en 1979, dont 9032 sur la seule journée du 10 août 2010. Cette année a vu aussi passer 131 Aigles bottés, un record jamais vu encore, c’est l’aigle le plus discret et le plus rare...

Organbidexka 

Nous sommes redescendus  et malgré ma déception de ne pas trouver de belles couleurs d’automne aux arbres, l’altitude et les premières neiges  font tomber les feuilles ici plus tôt qu’en plaine, la lumière de cette fin d’après midi m’a offert de  jolies nuances sur les branches dénudées et les fûts élancés des hêtres. Iraty est la plus grande hêtraie (90% de la forêt) d’Europe, plus de 17000 ha répartis entre la France  (2310 ha ) et l’Espagne, longtemps préservée puisque la route ne fut tracée qu’en 1964, elle était considérée comme la dernière forêt vierge de France. Au XVIIIe siècle, elle a été pourtant exploitée par la Marine Royale friande de ses fûts rectilignes...

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Lieu mythique du Pays Basque, elle est le siège de nombreuses  légendes autour de "Basajaun" (le Seigneur de la forêt) et des "laminak" (des petits êtres mi-anges, mi-hommes)

Iraty la hêtraie

Ce même jour, un collègue de Mr. Rose & Gris, féru de vol à voile et de photos aériennes survolait les Pyrénées et il était  à peu près au dessus de nous lorsqu’il a pris cette photo. Admirez cette photo insolite des Pyrénées vues de profil à 6000m d’altitude !

Pyrénées de profil

♥ ♥ ♥

 

C'est toujours avec un très grand plaisir que je lis vos commentaires, une semaine très... chargée, dirons-nous, m'empêche de vous répondre individuellement, soyez ici remerciés de votre attention et de votre fidélité...

MERCI

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jeudi 18 novembre 2010

Quelques jours au bord de l’océan...

Cette semaine là (du 7 au 14 novembre) qui enregistrait de grandes marées a vu l’océan se déchainer jusqu’à sortir des limites qui lui sont habituellement imparties, envahissant la promenade de la grande plage de Biarritz jusqu’aux magasins et restaurants, laissant des tonnes de sable qu’il faudra plusieurs jours pour enlever...Quelques images en noir et blanc, prises entre deux averses furieuses et des coups de vent de folie...

vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir

paquet d'eau au port

paquet d'eau détail

côté grande plage et phare

Puis il y a eu une trouée dans le ciel en colère...

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L’océan continuait de frapper sans relâche tout ce qui s’opposait à lui...et les digues du port paraissaient bien fragiles...

port des pêcheurs

Le vendredi , c’était grand bleu au dessus de nos têtes !

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Les allées au dessus de la Milady  étaient remplies de promeneurs, la douceur de l’air ne laissait plus rien paraitre de la froidure qui l’avait précédée, seuls vestiges des jours passés, les moutonnements de l’océan, à perte de vue...

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Perché sur un rocher, un fier cormoran déploie ses ailes au soleil...

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cormoran zoom

 

 

 

 

 

Nous avons pu déjeuner en terrasse sur la plage d’Ilbarritz, à La plancha, d’un merlu à l’espagnole. Bonheur de  se sentir revivre dans la chaleur d’un soleil doux et caressant, tout le monde était dehors ce jour-là, il y avait pour les retardataires , trois quart d’heure d’attente pour avoir une place au soleil...

Pourtant malgré ce ciel obstinément bleu jusqu’en fin de journée, une brume de mer  intense est restée toute la journée, perceptible sur mes photos à cet espèce de voile qui les nimbe...

la villa Belza dans la brume

mais plus encore dès qu’on prend un peu de hauteur comme sur cette vue depuis nos fenêtres...

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Et dans cette atmosphère, le château du Baron de L’Espée  sur son promontoire est encore plus fantomatique et énigmatique...

chateau d'Ilbarritz

 

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lundi 23 novembre 2009

Un dimanche près de l'océan...

La météo annonçait la pluie et pourtant la plus grande partie de la journée nous a offert un temps magnifique avec ces couleurs,  ces lumières contrastées dont seule l’automne a le secret...

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A Guéthary, sur la jetée des Alcyons, site classé et protégé où toute pêche sous-marine et cueillette de coquillages sont interdites jusqu’à 500 mètres du bord, les couches géologiques sont parfaitement visibles et dessinent un paysage hors norme magnifique lorsque la marée est très basse avec de gros coefficients (ce qui n’était pas le cas hier) ...

les strates des Alcyons à Guétary pf

Au large, le relief sous-marin de hauts fonds favorise  la naissance  d’une vague fameuse à environ un kilomètre du bord de la plage: Avalanche... c’est un spot réservé aux surfeurs de haut niveau lorsque  les creux avoisinent les six mètres comme annoncé pour aujourd’hui. Hier, c’était calme mais il n’en était pas moins  étonnant de voir cette vague surgir  de nulle part isolée au milieu  d’un océan plat ...

le spot de surf au large de Guéthary

Nous avons mangé à Biarritz en terrasse au dessus du Port-Vieux, petite crique protégée où notre cadette a appris à nager. Ce sont les vagues de plus en plus bruyantes qui ont montré les premiers signes du changement de temps...

plage du Port-Vieux

Depuis la passerelle du rocher de la Vierge, la célèbre villa Belza, emblématique de Biarritz, se dressait dans une lumière étonnante, presque inquiétante, comme si les cieux s’obscurcissaient  en prévision de  quelque colère naturelle des éléments...

villa Belza

Sur la base de la passerelle, de temps en temps les vagues  claquaient si fort qu’elles montaient jusqu’au pont jeté par dessus la roche, pont semblant alors presque fragile, à la merci d’une vague plus violente que les autres qui le submergera...

la passerelle du rocher de la Vierge

Fascinés par le spectacle de ces vagues se brisant inlassablement sur les rochers, nous sommes restés un grand moment à l’observer...

vague sur les rochers 1

vague sur les rochers 2

La force des éléments me ramène toujours à la conscience aiguë de la petitesse humaine et de la fragilité de la vie...

Juste savourer chaque moment heureux comme si ce devait être le dernier et accueillir le suivant avec tout l’émerveillement nécessaire...

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vendredi 21 août 2009

Arcangues, suite...

Plus encore que le village charmant  et l’église, c’est le cimetière que j’aime... un lieu extraordinaire par sa situation,  la richesse de son patrimoine funéraire et son atmosphère unique...

Un de ces lieux où l’on ressent une impression d’harmonie et de paix, plus que dans tous les autres cimetières que je connais, un peu comme dans ces grands cimetières américains , vastes parcs ombragés où les sépultures sont installées directement dans l’herbe...Du cimetière d’Arcangues, la vue sur la campagne basque et les montagnes, dont l’emblématique Rhune, est magnifique. De nombreux arbres donnent un petit air de Toscane au lieu, et hormis celles qui enserrent l’église, les tombes sont installées dans l’herbe sur les différents niveaux qui descendent doucement et s’ouvrent sur l’espace environnant...

cimetière la vue cimetière jardin

Plusieurs bancs sont parsemés sur le site et invitent à la réflexion , à la méditation ou tout simplement au repos dans ce lieu qui respire la sérénité ...

cimetière bancs et escaliers pf

Ce cimetière est l’un des plus riches  du Labourd ( une des sept provinces basques), du point de vue du patrimoine funéraire, il rassemble en effet la plus grande collection de stèles discoïdales basques avec des sculptures riches en symboles solaires et en motifs végétaux, symboles de vie ...

rangées de stèles discoïdales

 

Les pierres moussues sont les témoins précieux  et émouvants du temps passé...où les  croyances ancestrales voisinaient avec les signes chrétiens, et offrent au visiteur curieux et attentif un univers complexe et passionnant à décrypter... Ce cimetière-là plus que tout autre est encore le reflet de ce que furent les cimetières basques intimement mêlés à la vie des familles, des jardins où résonnaient les cris joyeux des enfants et les rebonds de la pelote sur le fronton...

cimetière détails pf

Ce cimetière est connu aussi pour être la dernière demeure de Luis Mariano, (1914-1970) fleurie abondamment toute l’année à l’instar de celles d’autres célébrités au Père Lachaise ou au cimetière de Montmartre...

luis mariano

tombe Luis Mariano

La semaine prochaine, je vous montre du bleu et du rouge pour faire suite au jeu proposé de blog en blog...Je suis très en retard, mais qu'importe, je vais faire mienne la devise de Pierre de Coubertin, l'essentiel est de participer...je vous souhaite un très beau week-end...

♥ ♥ ♥

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mercredi 19 août 2009

Arcangues...

Lorsque je suis en vacances sur la côte basque,

il y a un lieu où j’aime revenir régulièrement, c’est Arcangues.

L’histoire de ce petit bourg labourdin est étroitement liée à la famille des seigneurs d’Arcangues connue depuis le XIIème siècle.

blason d'Arcangues

Le cœur du village où toute circulation est interdite ressemble un peu à un décor  d’opérette... Il correspond en fait à une volonté délibérée de mettre en scène élégamment les éléments attendus du village basque mythique, c’est ainsi que se côtoient autour du fronton de pelote, la mairie et les écoles, l’auberge avec ses tables de schiste ,

l'auberge du fronton tables de schiste pf

l’église, le presbytère, la maison des servantes de Marie et enfin le cimetière.

eglise d'arcangues

La légende d’Arcangues:

[Primitivement on avait décidé de bâtir l'église sur une colline autre que celle sur laquelle elle est actuellement. Mais les " laminak ", ces petits lutins farceurs qui peuplent les légendes du Pays Basque en avaient décidé autrement et avaient, eux, choisi l'emplacement actuel.
Si bien que lorsqu'on commença à déposer des matériaux sur le lieu primitivement choisi, les " laminak ", dans la nuit, les transportaient sur la colline de leur choix. On a prétendu aussi que ce n'étaient pas les " laminak " qui étaient intervenus ainsi, mais des anges et c'est pourquoi le village aurait un peu leur nom.]

  clocher gros planSi l’église date de 1516, le clocher subit plusieurs transformations avant d’aboutir  à son aspect actuel qui date de 1961.

 

 

Voyons l’intérieur...

eglise chevet

eglise galeries

Particularité unique en Europe, les églises basques de l’ancien diocèse de Bayonne présentent des galeries de bois, à deux ou trois étages, disposées sur les deux côtés et le fond de la nef unique, elle-même couverte d’un lambris caréné et peint. Ces galeries du XVIIème siècle passent pour les plus anciennes de cette province, elles reposent sur des consoles richement décorées. Comme les balcons d’un théâtre, les galeries font face à l’autel surélevé  et sont dévolues aux hommes tandis que les femmes prient en bas ...

église arcangues détails intérieur pf

 

La prochaine fois, je vous parle de  l’endroit que je préfère à Arcangues...

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mercredi 12 août 2009

Balade océane...

la plage au petit matin

Le matin de bonne heure, vers 6 heures au soleil, seuls les engins de nettoyage sont passés sur la plage, les “festayres” bayonnais dorment encore sur le sable ou les pentes herbeuses alentour, il fait doux et la lumière s’intensifie de minute en minute...

paysage marin

(sur les photos ci-dessous, une heure a pu s’écouler entre certaines prises de vue, d’où la différence de couleur du ciel)

balade océane

 

 

Les mouettes, sur les rochers, se reposent de leur nuit agitée,

les mouettes

car si l’on en croit les empreintes sur  le sable, il y a eu assemblée générale de la gent ailée sur la plage, allées et venues et conciliabules en grand nombre...

empreintes d'oiseaux pf

Plus loin, sur une autre plage,  un groupe d’apprentis surfeurs s’apprêtent à prendre leur cours...

groupe d'apprentis surfeurs

Dans quelques heures, la plage sera à nouveau envahie de vacanciers heureux et bien décidés à profiter des joies de l’océan. jusque tard le soir ... La marée effacera ensuite toute trace de passage et demain, de nouveau s’ouvrira une page vierge où chacun pourra écrire l’histoire de ses vacances...

algues vertes et rouges

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