vendredi 13 mars 2015

Elle aurait eu cent ans dimanche dernier…

Les objets que je chine au fil des vide-greniers ou des brocantes n’ont la plupart du temps jamais fait l’objet d’une quête spéciale, leur achat tient plutôt du feeling, du coup de cœur, sans lien apparent entre eux. Et puis parfois, une sorte d’alchimie se produit et je les rassemble sans vraiment y avoir réfléchi juste parce que c’est une évidence (pour moi !)…

C’est le cas des objets rassemblés sous ce petit globe, lui-même posé sur un socle bien plus ancien au centre de la console du salon.

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Cela a commencé par une paire de” babies” d’enfant en cuir noir. Les premières chaussures de la maman de la personne qui me les a vendues, c’était marqué sur la boite de la main de sa grand-mère “les premières chaussures de Josette”…

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Et puis cette paire de chaussettes tricotées main, des chaussettes du dimanche assurément, finement travaillées…

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Elles étaient très salies et malgré deux passages en machine à 95° elles s’obstinaient à faire grise mine avec des taches récalcitrantes. Un bain de savon noir additionné de cristaux de soude et une petite ébullition en casserole leur a redonné leur blancheur d’origine. Et elles sont allées rejoindre les petites chaussures…

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Bien qu’on ne voie pas l’intégralité de sa tenue, il m’a semblé évident que la petite fille de cette carte postale (chinée avant, après, qu’importe en fait…)aurait pu porter ces babies noir avec ces chaussettes amoureusement tricotées par sa grand-mère et la carte est venue tout naturellement se glisser entre les chaussettes, tenue par un pique fleur ancien…Le premier que je chine,  tout petit, tout rond…

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Par la suite, j’ai chiné  quelques bouquets de modiste destinés à embellir les chapeaux et l’un d’eux, des fleurs violettes, est venu mettre le point final à ma composition.

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J’ai réalisé alors, que l’ensemble (ne cherchez pas de ressemblance !) me faisait penser

à cette petite fille-ci,

Maman à l'âge de 7 ans…

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Elle aurait eu 100 ans dimanche dernier…

Et comme chaque année, j’ai mis un bouquet de violettes devant sa photo, ses fleurs préférées, celles que ne manquait jamais  de lui offrir le grand amour de sa vie, Papa.

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Sur la console au pied de la lampe, un dessin de petite fille tout en tendresse, une carte ancienne avec des violettes et un pétale séché d’hortensia aux sublimes couleurs protégé par  une délicate ventouse en verre soufflé bouche du XVIIIème siècle. Un petit miracle que ces ventouses d’une extrême finesse aient traversé les années intactes et se soient retrouvées sur l’étal d’un broc en plein air, offertes à la curiosité des chalands, il y en avait un plein carton, mais leur fragilité m’ont fait hésiter à les prendre toutes car ensuite où les ranger en sécurité ? J’en ai pris juste quelques unes…

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Juste à côté, une petite chaise de poupée avec une minuscule poupée Petitcollin patiemment habillée de dentelle et mise en boule par mon amie Jeanine avec un délicieux calendrier de 1891 dont les couleurs ont gardé une fraicheur irréprochable…

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Tout en rendant hommage à Maman, je vous ai montré de toutes petites chines comme je les aime , des petits riens du tout qui  font surgir des souvenirs, me font rêver, créent des émotions et embellissent ma vie…

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lundi 30 juin 2014

En 4 mois, il y a eu....

Presque 4 mois en effet que je ne suis pas venue ici! Des travaux, des occupations multiples, le besoin de me recentrer et l’envie de ne pas toujours courir après le temps, de faire les choses à mon rythme m’ont éloignée de l’ordinateur...Ce qui ne m’a pas empêchée de faire des découvertes, lire, chiner encore et toujours. Alors si vous le voulez bien, si vous avez un peu de temps devant vous je vais vous raconter un peu de ces quelques mois, suivez-moi, je vous emmène...

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birds on a wire

D’abord je veux partager avec vous une découverte musicale: Un disque superbe, étonnant, inclassable, un disque de reprises, voix et violoncelle. La voix de velours, c’est celle de Rosemary Standley, la chanteuse franco-américaine de Moriarty, elle est accompagnée au violoncelle et au chant par Dom La Nena, toute jeune artiste brésilienne.

”Birds on a wire” est un songbook fantasque et gourmand (Télérama) où l’alchimie évidente du duo est extraordinaire, on écoute ce disque comme on égrènerait un album de souvenirs, car elles revisitent des mélodies et textes fameux de Monteverdi à Léonard Cohen en passant pas John Lennon ou Tom Waits. On rêve, on sourit, on est ému aux larmes, on ferme les yeux, on est transporté ailleurs...”All the world is green” (Tom Waits) est une merveille que j’écoute en boucle, qui me fait frissonner et m’émeut de façon indicible...

 C'est la musique que vous entendez ici...(Patience, le morceau démarre tout en douceur !) 

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Au jardin...

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Au mois  de mai, j’ai adoré voir fleurir et s’épanouir ces  iris achetés en Provence il y a deux ans, bien installés maintenant qui m’ont fait la surprise alors que j’avais acheté uniquement deux pieds rose et pourpre, de faire prospérer une belle variété de bleu, si étroitement imbriquée aux bicolores que j’ai renoncé à les séparer...

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L’an dernier j’avais eu l’opportunité de chiner dans un vide-grenier quatre superbes et authentiques vasques médicis du XIXe siècle, en provenance des jardins de l’ancien séminaire et lycée du village voisin. Elles sont passées sous mon pinceau et ornent maintenant la murette séparant la cour de la piscine. J’ai choisi de ne rien y mettre, je trouve qu’elles se suffisent à elles-mêmes... 

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Le printemps a vu éclore d‘innombrables semis spontanés de pensées et d’érigeron dans la cour, qui sont venus colorer et poétiser le gravillon gris tristounet...

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Cette année la générosité de mon rosier grimpant Pierre de Ronsard a été sans limites et enfin il s’est montré opulent et croulant sous les fleurs, il a mis des années à vraiment s’installer et je désespérais parfois, lorsqu’ailleurs j’en voyais  lourds de fleurs, de  voir le mien un jour aussi beau...Pour les sauver de la pluie, j’en ai fait avec bonheur plein de bouquets au fil des jours ici et là dans la maison...

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Au fil des chines

Parmi mes trouvailles, deux petits cadres que je trouve exquis.

Le premier chiné à Aix-en-Provence, ovale en bois avec un filet intérieur en laiton et un verre bombé d‘origine, met en valeur une peinture sur celluloïd, une carte postale, découpée pour la faire rentrer dans le cadre. Ces cartes postales en celluloïd, la première matière plastique artificielle dont l’origine remonte à 1856 ont été très en vogue au tout début du  XXe siècle. J’ai peint le cadre en off-black de F&B...

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Il a trouvé place dans mon entrée au-dessous d’un autre petit cadre chiné au Pays Basque, rond, marqueté, contenant lui une aquarelle de roses dans un vase bleu (dans l’esprit des sublimes aquarelles de Blanche Odin, qui sait peut-être un ou une de ses élèves ?) et juste au-dessus cet autre petit cadre en résine peint dans la même couleur, déjà montré, contenant une petite litho ancienne chinée à Bruxelles...

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Le deuxième cadre chiné, à poser, est beaucoup plus ancien. Le voici dans son jus tel que je l’ai trouvé...

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Une sorte de résine, peut-être du gutta-percha ou de l’ébonite, toutes deux issues d’une sève d‘arbre, très utilisées sous Napoléon III. Le montage du cadre, son joli pied, le décor très important me laisse penser qu’il s’agit bien d‘un cadre de cette époque. Trouvé dans un vide-grenier pour 7 euros, le vendeur ignorait qu’avec juste un peu de cirage à chaussures, ce petit objet raffiné retrouverait sa splendeur et que les détails de son ornementation seraient aussi bien mis en valeur...J’y ai installé la photo de ma trisaïeule maternelle (l’arrière-grand-mère de ma mère), Adélaïde prise en 1881, elle avait alors 47 ans. Le cadre est posé sur un mouchoir en lin orné d‘une rangée de somptueux jours brodés en provenance du même vide-grenier et il est accompagné d‘un lorgnon pliable, contemporain et du cadre et de la dame, le tout chiné ce printemps...

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Impossible de vous raconter mes chines sans vous montrer la plus jolie trouvaille qu’il m’ait été donné de faire en vide-greniers. La personne qui la vendait était plutôt en retard et finissait de s’installer alors que nous allions quitter le vide-grenier. Un brocanteur pro rodait autour de la voiture.

J’ai juste aperçu un panneau fleuri, sans trop réfléchir j’ai demandé :combien? -10 euros -je prends !!!

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Et ensuite seulement j’ai découvert avec ravissement ce paravent de cheminée à quatre vantaux articulés en double sens, avec des panneaux de bois peints à l’huile  d‘une jolie facture ! Juste un léger nettoyage et il a trouvé place dans la cheminée  de la salle à manger... Une de ces aubaines dont  rêve tout chineur devenue si improbable dans les vide-greniers actuels où vêtements et jouets occupent 95% des étals...

Cadeau de mon amie Brigitte, cette superbe cloche du jardin de sa grand-mère! Elle est magnifique et j’en rêvais depuis longtemps  sans vraiment espérer en trouver, c’est un objet plutôt rare chez nous... Elle  a trouvé place dans la salle à manger où elle voyage de la table à la commode selon mon inspiration. Trop belle pour l’installer dehors et qu’elle se salisse ou risque un choc fatal: elle a conservé sa boule-poignée ce qui est rare car les jardiniers les cassaient pour les ranger en les empilant...

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Sur cette photo elle abrite un pichet Moulin des Loups et un service à café Boulogne de Digoin ainsi qu’une poupée ancienne en bois chinée chez mon amie Jeanine. Je ne suis pas collectionneuse et je ne m’intéresse pas spécialement aux poupées, me gardant bien de mettre le doigt dans un engrenage que je sais addictif, n’est-ce pas Jeanine ? Mais celle-ci, comment dire? j’ai eu un coup  de foudre tout simplement. Ce n’est pas qu’elle soit extrêmement belle, mais elle a un je ne sais quoi dans le regard qui m’a parlé directement au cœur...

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Voyages immobiles

L’été approche et je sais que vous êtes nombreuses à attendre  un billet de lecture. J’ai mis à jour l’album photos de mes lectures 2014 et vous y trouverez des idées. Je ne vous parlerai pas de toutes ces lectures, ce billet est déjà bien assez long. Je vous donne juste mes trois préférées :

                          la singulière tristersse du gâteau au citron            

Le jour de ses neuf ans, Rose Edelstein mord avec délice dans le gâteau au citron préparé pour l'occasion. S'ensuit une incroyable révélation : elle ressent précisément l'émotion éprouvée par sa mère, alors qu'elle assemblait les couches de génoise et de crème. Sous la douceur la plus exquise, Rose perçoit le désespoir. Ce bouleversement va entraîner la petite fille dans une enquête sur sa famille. Car, chez les Edelstein, tous disposent d'un pouvoir embarrassant : odorat surpuissant ou capacité de se fondre dans le décor au point de disparaître. Pour ces superhéros du quotidien, ce don est un fardeau. Chacun pense être affligé d'un mal unique, d'un pouvoir qu'il faut passer sous silence. Comment vivre lorsque les petits arrangements avec la vérité sont impossibles ? Comment supporter le monde lorsque la moindre bouchée provoque un séisme intérieur ?

Comme le singulier gâteau de Rose, les livres d'Aimee Bender sont recouverts d'un succulent glaçage, fait d'humour et de fantaisie. Dans ce texte plein de charme, proche des films de Wes Anderson, elle met l'imagination au pouvoir et prouve qu'elle est l'un des auteurs les plus originaux du paysage littéraire américain.

J’ai beaucoup aimé cette histoire tout à fait singulière, avec ses personnages attachants et fantasques. Sous la fantaisie, une fine observation des caractères et des situations rend la lecture agréable et captivante une fois accepté l’étrangeté des faits !

 

 

en cas de forte chaleur

♥ ♥ Dans un Londres écrasé de chaleur, Robert Riordan disparaît. Pour percer le mystère, les Riordan devront briser les tabous et les remords qui les désunissent. Mais en auront-ils le courage ? Après le sublime Cette main qui a pris la mienne, récompensé du Costa Award, Maggie O'Farrell signe un très beau roman, chargé de délicatesse et de grâce littéraire, le magnifique portrait d'une famille irlandaise inoubliable.

J’ai vibré à l’unisson des personnages de cette histoire  de famille où les sentiments complexes d‘une fratrie, les silences des parents, les non-dits résonnent si vrai... Une histoire inoubliable comme il est dit en quatrième  de couverture !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le collier rouge

♥ ♥ ♥ Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte.
Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit.
Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère.
Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes.
Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame...
Plein de poésie et de vie, ce court récit, d'une fulgurante simplicité, est aussi un grand roman sur la fidélité.

Pas grand chose à ajouter à cette quatrième  de couverture, si ce n’est que pour moi c’est le roman parfait: 150 pages auxquelles il n’y a rien à ajouter, rien à enlever. La concision, la sobriété de l’écriture est parfaite et campe à merveille toute une époque, toute une atmosphère...  Les caractères des personnages, leur profonde humanité se dessinent autant à travers ce qui est dit qu’à travers ce qui ne l’est pas...En cette année  de centenaire de la guerre de 14-18, où personnellement j’ai appris beaucoup de choses, Jean-Christophe Rufin nous offre un roman magnifique à côté duquel il ne faut pas passer, un vrai bijou.

*****

Merci de m'avoir suivi jusque là !

Je vous souhaite de passer un bel été, je vous retrouve en septembre!

 IMG_7886 Rhododendrons sur le Hautacam, vallée d‘Argelès-Gazost, le 21 juin 2014

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mardi 28 janvier 2014

L’un est robuste, l’autre est fragile...

Je vais vous montrer deux objets chinés pour lesquels j’ai eu un coup de cœur. Ils sont aux antipodes l’un de l’autre. Le premier est robuste, fait pour durer, sans fioritures, fonctionnel pour le métier pour lequel il a été conçu...

L’autre est éminemment fragile, rare en raison même de sa fragilité, il n’a pas en soi d’utilité, il est juste beau et là on pourrait disserter comme le fit Maman dans les années trente en classe de philo sur ce sujet: “A quoi cela sert-il ? cela sert à faire joli... ”

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Le premier, c’est ce panier en zinc et fer au centre sur la console.

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Divisé en quatre compartiments, doté d’une robuste poignée renforcée, il s’agit d’un porte-outils de vigneron. Les pattes extérieures servait à enrouler le raphia utilisé pour lier la vigne, et à l’intérieur de l’un des compartiments, un autre plus petit a été aménagé pour transporter les greffons...

vigneron

J’y ai installé deux orchidées, des torchons, des bougies, aujourd’hui il est là, demain il sera ailleurs...J’aime infiniment ces objets d‘art populaire et pour une fois qu’un outil peut participer à la déco sans la faire tomber dans le rustique et me permet un mélange des genres revigorant, j’adore !

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A l’extrémité de la console, un sachet de plombs en jute, cadeau d'une amie. L’ancienne église des Cordeliers, à Toulouse fut ravagée par un incendie en 1871. Seul le clocher fut épargné, il sera ensuite vendu ou loué à des fondeurs de plombs de chasse dont la production fut connue sous le nom de Plomb des Cordeliers.

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Si vous avez bien regardé la première photo, vous aurez remarqué que ma petite machine à coudre s’est déplacée et qu’elle ne se trouve plus sous sa cloche. Elle a laissé sa place au deuxième objet que je veux vous montrer aujourd’hui...

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Une plaque de biscuit datant de l’époque Napoléon III. Lorsqu’on l’a entre les mains elle se présente telle que sur la photo, mais en réalité dès qu’une source de lumière est placée derrière, cela devient  autre chose... Il s’agit d’une lithophanie. Le procédé breveté en 1827 par le Baron Paul Charles de Bourgoing consiste à presser une plaque de porcelaine non émaillée sur une plaque en relief servant de guide à la gravure. Le dessin apparait dans la matière opaque au départ, par les jeux de transparence dûs aux différentes épaisseurs de la matière. Et la lumière révèle alors un luxe incroyable de détails. Ces objets destinés à être suspendus devant une fenêtre  ou devant une source de lumière, chandelle ou lampe à pétrole, furent très en vogue...Reproductions de tableaux ou sujets religieux, Limoges y excellait et la maison Bernardaud  en commercialise encore sous forme de photophores en dôme (à voir ici)

Pour la protéger  un maximum, j’ai encadré ma lithophanie avec une baguette vieillie de L’éclat  de verre, je lui ai fixé au dos une petite patte permettant que le cadre tienne seul (même provenance mais hélas ils ne les font plus) invisible devant, qualité indispensable  pour ce cadre-là

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enfin je l’ai mise sous cloche devant une fenêtre, espérant la mettre ainsi à l’abri d’un coup de pattes malencontreux des félins de la maison...

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Je vous la montre sans sa cloche, mais curieusement sachez que c’est très difficile à photographier et en réalité elle est bien plus belle ...Regardez l’incroyable finesse des détails, je trouve la scène absolument charmante, ces deux gamins se disputant une poupée, les expressions des visages, les arbres en arrière plan ...

Chaque fois que mes yeux se posent dessus, je me réjouis de l’avoir trouvée...

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vendredi 22 novembre 2013

Quelques voyages immobiles indispensables...

Alors que ma cadette s’est envolée à l’autre bout du monde pour vivre son rêve, moi, je continue à voyager immobile !

Il fallait absolument que je vous parle lecture... Les mois écoulés, comment dire ? la lecture et moi étions en froid, tout me tombait des mains, les vacances habituellement propices à mon sport favori  se sont révélées décevantes à ce point de vue et les mois qui ont suivi ce ne fut guère mieux jusqu'à ces dernières semaines...

Je pense qu’on peut passer à côté d‘un bon livre pour une quantité de raisons non maitrisées, et un livre trouvé banal aurait pu être adoré s’il avait été commencé quelques mois, quelques jours, quelques heures après...ou avant... Cela tient à un fil...Pourtant il serait faux de dire que rien, vraiment rien, n’a retenu mon attention cet été.

les reflets d'argent

Celui-là je l’ai lu en un temps anormalement long qui d‘habitude m’aurait fait abandonner ma lecture, de nombreux jours s’écoulant entre deux séances et je déteste cela, d‘autant  que le roman est riche et foisonnant (450 pages !), j’avais chaque fois l’impression désagréable d‘avoir oublié ce que j’avais lu précédemment, et chaque fois, la magie de l’écriture de Susan Fletcher a opéré, j’étais captive...Pourquoi je ne l’ai pas lu d‘une traite, c’est une autre histoire, qu’importe !

Ce qui compte c’est que ce livre une fois la dernière page refermée m’a littéralement habitée des jours et des jours. Alors si vous avez aimé “Un bûcher sous la neige”, je vous en parlais ici, vous ne serez pas déçus par ce nouvel opus, Susan Fletcher est une conteuse hors pair, une vraie magicienne et son histoire tout en finesse pétrie de légendes, de nature et d‘humanité est un magnifique roman sur l’absence, le deuil impossible , l’apaisement, l’espoir... un  roman d‘amour aussi ! Le temps de votre lecture et plus longtemps encore votre cœur battra à l’unisson de ceux de la famille Bundy  avec ses drames, ses non-dits, sur l’île de Parla isolée, battue par les vents, qui pleure un de ses fils, frère, oncle,mari...et il battra la chamade au rythme des espoirs fous confortés par de vieilles légendes auxquelles chacun ici veut croire...Laissez-vous captiver par ces reflets d‘argent!

♥ ♥ ♥

noces de neige

De Gaëlle Josse, j’avais aimé “les heures silencieuses” ici et “Nos vies désaccordées” ici, elle nous entraine dans l’univers clos d‘un train pour ce troisième roman avec sa délicatesse habituelle.

Elles sont des centaines à rêver d'une autre vie. Mais pour Irina, rêver ne suffit pas. De Moscou, le Riviera Express doit la conduire à Nice, jusqu'à Enzo. Elle est prête à saisir sa chance. N'importe quelle chance. Mais sait-on vraiment ce qui nous attend ? Irina n'a jamais entendu parler d'Anna Alexandrovna, jeune aristocrate russe, ni de son long voyage en train, en sens inverse, de la côte d'Azur à Saint-Pétersbourg, un huis clos où les événements tragiques se succèdent. Qui s'en souvient ? Un siècle les sépare, et pourtant leurs histoires sont liées à jamais.

Ne surtout pas en dire plus, le roman est tellement court ! j’ai beaucoup aimé ces portraits de femmes, ce parallèle à un siècle d‘écart, finalement, riche ou pauvre, laide ou belle, dans la Russie impériale  en 1881 ou dans celle de Poutine en 2012, tous les rêves de jeunes femmes  se ressemblent...Elles sont terriblement touchantes ces deux héroïnes ...

♥ ♥ ♥

sanderling

 

Encore un auteur dont je vous ai parlé avec enthousiasme, pour “La relieuse du gué” et surtout “Fugue” . Avec ce nouveau roman, Anne Delaflotte Mehdevi nous entraine dans un  monde paysan en mutation bouleversé par une catastrophe naturelle qui va imposer aux hommes de réinventer leurs vies. Un magnifique roman sur fond d’écologie, une description fine et absolument passionnante du monde de l’agriculture, des personnages terriblement attachants, qu’ils soient le héros, Landry ou des personnages secondaires, tous jouent une partition dont la petite musique vous surprendra et vous captivera... J’ai adoré  les 200 premières pages, vraiment adoré, sur les 376 que comporte le roman, ce qui ne m’a pas empêchée de le faire lire à ma belle-mère en lui disant “lisez au moins le début, il est fantastique” (je craignais qu’elle n’aime pas la tournure des évènements) eh bien elle a aimé jusqu’au bout ! attention c’est un très très bon roman, mais comme on dit parfois d‘un très bon film qu’il est un peu long , je dis juste que quelques pages en moins ne l’aurait pas affaibli tant sont denses et profonds les deux premiers tiers... Lisez-le et dites-moi si vous partagez le même ressenti...

♥ ♥ ♥

kinderzimmer

Je ne suis pas sûre que j’aurais choisi de moi-même cette lecture tant le sujet en est difficile, aussi merci à Véronique de m’en avoir donné l’envie, je partage son ressenti. C’est un livre bouleversant, dur, je l’ai lu en apnée souvent, avec la nausée parfois, et pourtant je vous assure que c’est un livre indispensable, magnifique...

«D’abord, il y eut cette rencontre, un jour de mars 2010 : un homme de soixante-cinq ans se tient là, devant moi, et se présente comme déporté politique à Ravensbrück. Outre que c’est un homme, et à l’époque j’ignorais l’existence d’un tout petit camp d’hommes non loin du Lager des femmes, il n’a surtout pas l’âge d’un déporté. La réponse est évidente : il y est né. La chambre des enfants, la Kinderzimmer, semble une anomalie spectaculaire dans le camp de femmes de Ravensbrück, qui fut un lieu de destruction, d’avilissement, de mort. Des bébés sont donc nés à Ravensbrück, et quoique leur existence y ait été éphémère, ils y ont, à leur échelle, grandi. J’en ai rencontré deux qui sont sortis vivants de Ravensbrück, ils sont si peu nombreux, et puis une mère, aussi. Et la puéricultrice, une Française, qui avait dix-sept ans alors. C’était un point de lumière dans les ténèbres, où la vie s’épuisait à son tour, le plus souvent, mais résistait un temps à sa façon, et se perpétuait : on y croyait, on croyait que c’était possible. Cette pouponnière affirmait radicalement que survivre, ce serait abolir la frontière entre le dedans et le dehors du camp. Envisager le camp comme un lieu de la vie ordinaire, être aveugle aux barbelés. Et donc, se laver, se coiffer, continuer à apprendre, à rire, à chanter, à se nourrir et même, à mettre au monde, à élever des enfants ; à faire comme si. J’ai écrit ce roman pour cela, dire ce courage fou à regarder le camp non comme un territoire hors du monde, mais comme une partie de lui. Ces femmes n’étaient pas toutes des héroïnes, des militantes chevronnées, aguerries par la politique et la Résistance. Leur héroïsme, je le vois dans l’accomplissement des gestes minuscules du quotidien dans le camp, et dans ce soin donné aux plus fragiles, les nourrissons, pour qu’ils fassent eux aussi leur travail d’humain, qui est de ne pas mourir avant la mort. Mila, mon personnage fictif, est l’une de ces femmes. Kinderzimmer est un roman grave, mais un roman de la lumière.»Valentine Goby

♥ ♥ ♥

et soudain tout change

Après Kinderzimmer, je me suis dit que cet auteur dont je n’avais rien lu, mais connu pour ses comédies serait le bienvenu. Pas de chance, ce roman n’est pas vraiment une comédie, je me suis demandé au début s’il n’avait pas été mal classé, plutôt ados qu’adultes, mais non, au fil des pages j’ai beaucoup aimé cette histoire d‘ados confrontés à la maladie de l’une des leurs. Une joyeuse bande de terminale vue à travers Camille, attachante Camille, avec ses doutes, ses questions, ses espoirs... Tous ces ados sont attachants et on vibre au rythme de leurs émotions. c’est la vie qui va, la vie de tous les jours avec ses joies, ses drames aussi qui font que soudain tout change...Beaucoup de sourire, d’émotion et de tendresse dans ce joli roman. Un livre à lire par les ados, ils se retrouveront dans l’univers de Camille, finement décrit et les adultes qui y trouveront un parfum de nostalgie ...

♥ ♥ ♥

la dernière fugitive

Je me rends compte que j’avais déjà lu et aimé un livre de Tracy Chevalier, “Prodigieuses créatures” sans vous en avoir parlé ici. Quoi qu’il en soit j’ai encore plus aimé celui-ci, le portrait bouleversant d‘une toute jeune femme quaker, Honor Bright en 1850. Abandonnée par son fiancé et redoutant d‘être exclue de sa communauté, elle quitte son Dorset natal en Angleterre pour suivre sa sœur promise à un commerçant immigré en Ohio. Sa sœur meurt de fièvre jaune à peine arrivée sur le sol américain, Honor décide de poursuivre son voyage et d‘aller vers cette communauté où elle avait décidé de s’installer. C’est donc seule qu’elle va affronter le rigorisme, la brutalité d‘un pays esclavagiste. Extraordinaire portrait de femme timide qui va  braver tous les interdits au nom même de ses convictions et de sa foi... Vous saurez tout sur cette Société des Amis où le silence est de rigueur dans la pratique de la foi, silence qu’Honor utilisera comme protestation, sur les quilts auxquels excellaient les anglo-saxonnes, seule plage possible de créativité et de couleur pour les femmes dans cette société puritaine, sur le Chemin de fer clandestin qui permettait aux abolitionnistes de faire passer les esclaves noirs en fuite au Canada et vous n’êtes pas prêts d‘oublier Honor, la pudique, discrète et lumineuse Honor ...

♥ ♥ ♥

Pour clore ce billet, quelques images de petites choses chinées qui me réjouissent l’oeil quand je les regarde, venues embellir un petit coin de salon...

Une craquante petite machine à coudre d‘enfant Singer fabriqué aux USA que j’ai installée sous cloche en compagnie d‘une photo de jeune femme..

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et sous globe à l’opposé de la console, une adorable paire de chaussons de bébé, de baptême sûrement, entièrement cousus et brodés main en fin linon de coton doublé de soie ivoire. posés devant une photo de famille, mes oncles maternels...

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♥ ♥ ♥

Merci du fond du cœur à toutes celles qui ont pris de mes nouvelles ...

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jeudi 9 mai 2013

Fleurs de pommier et guirlande florale...

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L’éphémère beauté et l’exquise délicatesse des fleurs  de pommier juxtaposée à la rusticité et à  la légendaire longévité de ces belles toiles à torchons d’autrefois... Une composition  tout en contraste pour le plaisir de l’œil...

Histoire aussi de vous faire un petit coucou, je ne vous oublie pas mais je suis au jardin, ou je chine, ou encore je me promène avec Mr Rose & Gris, bref pas de temps pour l’ordinateur !

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Posée sur le guéridon, une ravissante image pieuse envoyée en guise de carte de vœux, peut-être par une religieuse ?

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et une pile de torchons anciens, enfin quelques uns, parmi les derniers chinés, les autres sont allés renforcer les équipes de ceux qui remplissent quotidiennement leur bon et loyal usage...

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Il y a quelque temps j’ai réalisé pour une amie une guirlande de fleurs artificielles pour décorer le haut de son armoire, la hauteur sous plafond ne lui permettant pas d’y installer sa corniche...

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La matière première : une guirlande de roses trouvée en jardinerie, un bouquet  de pivoines et deux petits bouquets composés que j’ai déstructurés et répartis sur la longueur...

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La voici en place...

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A bientôt...

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vendredi 19 avril 2013

Syringa vulgaris, le lilas commun...

Qu’importe la remontée des températures et la renaissance de la nature, tant que je n’ai pas un bouquet de lilas dans la maison, j’ai l’impression que le printemps n’est pas vraiment là... Et la floraison de cet arbuste dont la couleur et le parfum désuet m’enchante est pour moi le signe tangible plus que tout autre que le printemps est enfin installé...

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Saviez-vous que cet arbuste originaire du sud-est de l’Europe a été introduit en France en 1575 par un diplomate flamand, Ogier Ghislain de Busbecq, qui s’était vu offrir des plants par Soliman le magnifique lorsqu’il était en poste en Turquie. Cependant sa culture ne se développera que 300 ans plus tard avec les travaux de la famille Lemoine à Nancy qui créera de la fin du XIXe siècle à 1968, date de la fermeture de l’entreprise, 214 variétés de lilas commun encore appelé lilas français...

Le lilas fait partie de la même famille botanique que l’olivier, le forsythia, le jasmin, le frêne et le troène: les oléacées...

♥ ♥ ♥

Cette semaine j’ai cueilli une grande brassée de l’odorant arbuste et je l’ai réparti dans toute la maison, je vous montre, ce sera l’occasion de vous présenter quelques objets chinés ces derniers mois...

J’en ai mis à la cuisine dans une bouteille “la lorraine”...

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à la salle à manger sur le coin de la cheminée où il répond en douceur aux couleurs d’un pichet artisanal délicatement fleuri et aux couleurs fanées d’un plateau trouvé chez Cas*...

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suspendu à la crémone de la fenêtre dans un coffin en zinc longtemps cherché...

(petite précision pour celles et ceux qui ne savent pas ce qu'est un coffin: c'est un étui pour la pierre à aiguiser la faux qui se portait à la ceinture, il y a un crochet recourbé à l'arrière que l'on ne voit pas sur la photo, il peut être en zinc, en bois ou en corne)

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coffin et compotier

Juste en dessous, un compotier à piédouche avec un ravissant motif fleuri rose en terre de fer sans autre marque de fabrique, qui m’a été proposé pour 2 euros ! Et sur l’appui de fenêtre à droite vous pouvez voir une lanterne de garde-barrière SNCF en laiton et cuivre. (La belle-mère du monsieur qui me l’a vendue était garde-barrière à Biarritz, j’adore connaitre un petit bout de l’histoire des objets que je chine...)Je vous la montre lors de son acquisition...

lanterne sncf dans son jus

Avec un peu d’huile de coude et de patience, la voici maintenant... Un ingénieux système de clé en dessous de la lanterne permettait de faire pivoter la lampe à pétrole et d’envoyer la lumière vers la vitre rouge à l’arrière ou la vitre transparente à l’avant selon les besoins...

lanterne sncf nettoyée

Enfin dans le grand bocal où j’avais installé ma composition de Pâques, sur un guéridon Napoléon III en métal, un bel ouvrage de ferronnier ...

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guéridon NIII

J’en ai mis aussi au salon, sur la table console devant la fenêtre, dans le broc de toilette “Jardinière” de Sarreguemines...

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Sur la table à côté du broc, trois adorables moules cœur chinés 20 centimes et suspendue au pied de lampe, une vraie pampille d’église...

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Dans le petit pichet rose émaillé près du portrait de Maman, juste deux thyrses (nom des panicules floraux du lilas, c’est joli ce nom, je trouve )...

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Enfin sur la petite console, trois bouteilles, une inflorescence par bouteille...

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Entre les bouteilles, deux beaux objets forgés du XVIIIe siècle, une mouchette et une clé ...

clé et mouchette

De l’autre côté sous la lampe,  un buste de femme chiné 4 euros dans un vide-maison... le voici tel que je l’ai ramené chez moi, très encrassé...

buste de femme dans son jus

Après nettoyage, la majeure partie de la peinture était partie, il ne me restait pas d’autre solution que de le repeindre et j’ai décidé de lui donner un coup de jeune en lui donnant des couleurs autres que celles d‘origine, je l’ai ensuite ciré sauf le visage qui garde ainsi un velouté que j’aime beaucoup...

buste repeint

 

La pluie est arrivée, mais qu’importe, ma maison embaume le lilas, le soleil reviendra, c’est sûr, le lilas me l'a dit...

manet5 Edouard Manet, Lilas dans un vase, 1882

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jeudi 11 octobre 2012

Une chine un peu particulière(2) et des petits bouts de la maison...

Vous vous souvenez de  ces cadres ramenés de Toulouse ? là, sur la photo plutôt devant...

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Le tout petit ovale en résine a été peint en off-black de F&B et a accueilli une toute petite gravure chinée à Bruxelles...

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Le grand cadre ovale bombé a subi le même sort et s’est révélé être vraiment un très vieux cadre et non un de ces cadres au verre bombé à l’entourage en plastique que l’on trouve couramment sur les brocantes en ce moment remplis de fleurs artificielles, datant probablement des années  60, qui font le bonheur des bricoleuses qui s’empressent de les démonter pour récupérer le verre bombé et en faire de superbes compositions. Non, celui-ci a un verre tout bullé et irrégulier soufflé bouche, très bombé et surtout sa fixation  sur le cadre en bois est faite avec un osier cloué ...

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Je n’ai donc pas démonté le verre pour peindre la baguette !

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Je vous le remontrerai lorsque j’aurai enfin réalisé la composition que j’ai en tête..Quant à la petite huile sur bois, même traitement pour la baguette par trop clinquante et nettoyage de la peinture.

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J’aime ses couleurs qui s’harmonisent parfaitement avec tout ce qui habite le palier des chambres, regardez...

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La couleur de la baguette répond à celle des piétements des mannequins situés juste en face... mais attardons-nous sur le petit chiffonnier où depuis peu a pris place la boite d’une couronne de mariée, récupérée à la poubelle, celle de ma voisine Madeleine. Comment ne pas faire une toute petite place à ce vestige émouvant d’un beau jour, pieusement conservé jusqu’alors et qui  s’est fondu si facilement dans le décor chez moi...

couronne de mariée

Juste à côté protégé par le globe, un porte-chapeau Napoléon III en bois noirci chiné à Lourmarin au printemps...

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...accueille un délicat et étonnant bonnet chiné à Villeneuve les Avignon... Une sorte de fine soutache d’un seul tenant  dessine des motifs ensuite reliés par un savant  et incroyable travail de jetés, de brides, de nœuds et de roues ...

bonnet

Je vous disais que la couleur du cadre faisait écho à celle du piétement des mannequins, les voilà...

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C’est l’occasion de vous montrer une délicieuse petite broche  Art déco au motif automnal de marronnier, feuille et fruits, chinée cet été, que j'ai agrafée sur  le col de  Valentine ...

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et Anatole  a reçu un plastron plissé bien empesé sur lequel j’ai cousu de tous petits boutons de ... bottines noirs!

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En installant la petite huile sur bois, j’ai réorganisé les cadres du lieu et désormais dans la montée de l’escalier vers le deuxième, se trouvent côte à côte trois cadres bien différents  auxquels je suis très attachée...

cadres vers le 2e

Un dessin d’Alphonse Mucha que j’adore, encadré en 99, une carte de Saint-Valentin américaine en relief  encadrée avec un lavis sur hausse et entre les deux une peinture sur soie  de 87 dont j’aime toujours autant les couleurs et le motif ... Finalement, même si  mes goûts ont évolué, je suis restée fidèle à certaines couleurs  et lorsque nous avons aménagé dans cette maison, y trouver les portes de chambre de ce bleu que j’aime tant a été jubilatoire...Juste en face de ces trois cadres, une autre peinture sur soie de la même époque toujours dans les mêmes harmonies...

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Enfin,  un motif en bois sculpté chiné il y a un bon moment  est enfin passé sous mon pinceau et vient ponctuer le haut d’un des placards grillagés du salon...

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(Sous une belle lumière matinale, l’off-black prend une teinte gris-bleuté et pourtant c’est bien la même couleur que les cadres...) 

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♥ ♥ ♥

Merci à vous pour vos messages sur le précédent billet, merci pour votre enthousiasme, vos mots gentils, votre présence  et votre fidélité sur ces pages.

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lundi 2 juillet 2012

Pochettes aux demoiselles (suite)...

Ce n’est pas sur une mais sur trois cartes de Gaëlle Boissonnard que j’avais craqué ce printemps et moi qui n’aime pas faire deux fois la même chose, je me suis lancé le défi de réaliser trois pochettes différentes sur un même schéma...

 Pour vous présenter la seconde, j’ai associé du rose et du gris !!!

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Six serviettes  de table chinées il y a trois ans, teintes  ces jours-ci avec le rose fuchsia n°29 (une cuillère à soupe ? j’ai oublié le dosage exact.. Tu devrais noter ! me dit chaque fois monsieur Rose & Gris et il a raison ...) Un joli monogramme inscrit dans un losange, une incrustation  dans un angle, une double rangée de jours sur tout le tour et un lin granité très agréable à l’œil et au toucher...A côté un faitout en tôle émaillée grise en parfait état hormis le couvercle où quelques éclats sont les  témoins de ses bons et loyaux services passés...

serviettes rose soutenu 

La pochette est en lin rose, la demoiselle est transférée sur un carré de tissu à pâquerettes sur fond gris de la Droguerie, lui-même posé sur une bande échantillon de tissu brodé violine donné par ma sœur. Et comme j’ai bordé cette bande d’un galon fleuri, pas de passepoil pour cette pochette-là pour ne pas la surcharger... le même petit imprimé pâquerettes a été utilisé pour doubler la bandoulière et la pochette...Une discrète touche de bleue sur la carte reprise par un bout de biais entre deux autres rubans sur le côté...Cette fois-ci le froufrou est dans le même lin rose que la pochette...

pochette rose détails pf

Pour la troisième , il se trouve que j’avais d’abord eu un coup de foudre pour un biais à la Droguerie et que cette carte là s’associait parfaitement avec ce biais, pour une pochette dans les couleurs estivales, ensoleillée par l’orange et rafraichie par le bleu turquoise, une couleur que j’aime depuis toujours porter l’été...

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Sur fond de lin naturel, la demoiselle qui danse avec les étoiles et la lune dans sa robe de nuage est posée sur un coton satiné turquoise, que l’on retrouve en doublure de la pochette et de sa bandoulière. Ce carré est posé sur une superbe dentelle ancienne sur tulle blanche, qui fait écho à la robe de la demoiselle,  dentelle bordée d’un simple croquet blanc.Tu la reconnais, Monica ? Le biais qui m’avait inspiré m’a servi à faire le froufrou et à border la poche intérieure...

Chèche emprunté à la demoiselle de Poitiers pour la similitude parfaite de ses couleurs avec les miennes !

pochette lin naturel 

Sur la première photo vous pouvez voir une toute petite tasse  et sa sous-tasse. Je vais vous raconter son histoire, je ne l’ai pas chinée, pourtant elle est ancienne et elle a fait un très long voyage...

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Mon grand-père maternel, professeur de philo-latin-grec était aussi principal de collège et il avait reçu toute une année un ou deux étudiants chinois qui avaient vécu au pensionnat du collège. Ce sont eux qui avait apporté en cadeau cette tasse, enfin j’imagine  un service complet mais elle est la seule rescapée, c’est maman qui à l’époque était enfant, dans les années 20-30, qui m’a raconté l’histoire et transmis la fameuse tasse, elle y tenait beaucoup...Il faut dire que dans ces années-là côtoyer des étudiants chinois devait paraitre sacrément exotique, les échanges  estudiantins ne connaissaient pas la même vogue et la même facilité que maintenant... Ce n'était pas des collégiens, comment mon grand-père avait-il été amené à les recevoir ? comment le contact avait-il été noué ? Je ne le sais pas, je peux juste imaginer...

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lundi 25 juin 2012

Retour de chine...

 Vous me dîtes souvent que j’ai un œil de lynx, je vous en remercie, mais il faut que je vous fasse une confidence, j’ai la chance d’avoir un mari atteint du même virus de la chine que moi. Il est très attentif et déniche souvent des merveilles que je n’avais pas vues, quand je m’attarde devant un stand, il file en éclaireur sur les autres pour ne pas laisser partir ailleurs la huitième merveille de la chine, celle qu’on espère tous,  qui nous fait mettre un réveil le dimanche matin et partir parfois dans le froid ou sous la pluie. S’il pense l’avoir trouvée, il revient vite me chercher. Ce n’est donc pas avec mes deux yeux seulement que je chine, ce sont quatre yeux aiguisés qui scrutent les étals ! Alors permettez moi de lui dire  ici merci: merci à toi sans qui les chines du dimanche n’auraient pas la même saveur, merci pour ton enthousiasme et ta patience...♥ !

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Trouvé sur le même vide-grenier que le morceau de frise (dont finalement je pense qu’il n’est pas en zinc à cause de sa malléabilité, mais en plomb ce qui veut peut-être dire qu’il est beaucoup plus ancien !) ces deux petites nappes à thé en lin brodé à 1 euro pièce. L’une a déjà revêtu son habit de couleur mauve et l’autre attend mon bon vouloir...Un très joli travail de broderie ajourée et de d’œillets minuscules, un monogramme dans un angle et à l’opposé un motif de richelieu rond, une guirlande de feuilles découpées et d’œillets remplace les jours et fait le tour des nappes, un  travail minutieusement exécuté...

nappes à thé détails

Un samedi nous avons fait dans un village voisin, un vide-maison dans une ambiance sympathique et atypique car les gens qui l’organisaient,  légataires de la maison, découvraient en même temps que nous le contenu des armoires et de la cave. Tandis que nous mettions de côté ce qui nous nous souhaitions peut-être acheter, eux mettaient de côté ce qu’ils souhaitaient garder pour eux. Nous étions les seuls acheteurs ! Dans une armoire, j’ai trouvé 4 morceaux inégaux de bandes festonnées main pour une longueur totale de 4m...

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et deux grands draps en lin avec couture centrale et un monogramme magnifique, bien que mon armoire commence à déborder, à 10 euros pièce, impossible de les laisser, je suis sûre que vous serez d’accord avec moi !

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Admirez l’extraordinaire qualité de la broderie, son épaisseur, sa régularité...C’est sans doute l’un des plus beaux monogrammes de tous ceux que j’ai chiné au regard de cette perfection...

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J’ai trouvé six assiettes à dessert Digoin de la série Aquitania, que je vous présente en compagnie d’autres assiettes chinées précédemment et que je ne vous avais pas encore montrées...

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En haut les Digoin Aquitania, en bas à droite cinq assiettes plates Digoin modèle Cannes chinées sur un vide-grenier à Lourdes et juste à côté deux petites assiettes aux iris de Gien datant de 1878 chinées à Poitiers pour 2 euros (avec une petite assiette de Sarreguemines ). L’association des petites Digoin et des Gien est très jolie sur une table car les couleurs sont absolument identiques...

faïences 

Pour rester dans la vaisselle, voici une soupière chinée 3 euros il y a quelques mois. Elle est assez abimée à l’intérieur, mais cela ne me gène pas je ne l’ai chinée que pour l’installer sur la table de jardin où elle fait merveille avec les chaises bleues et la cabane rouge à proximité... Le modèle s’appelle Marie mais la marque est illisible, est-ce une Digoin ? peut-être pourrez-vous me le dire...

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Revenons à  notre vide-maison, c’est dans la cave que nous avons déniché le plus de choses, comme ces pots à confiture de petite taille, exactement ceux dont les prix s’envolent en brocante de façon excessive, six coniques, les plus recherchés et un droit, tous différents mais de taille à peu près identique, idéale pour les desserts ou les petites sauces, voire même les  petites salades en entrée ...

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 et ce très joli bocal des années 50/60 avec son couvercle en bakélite, joint intérieur en liège et ses étiquettes d’origine, le seul à les avoir conservés parmi les nombreux bocaux présents...

bocal la poule au pot

Les anciens propriétaires des lieux vendaient de l’épicerie sur les marchés jusqu’à ce que les premiers supermarchés arrivent et de ce passé,  restait aussi un carton de papeterie publicitaire. Des protège-cahiers et blocs-notes de la chocolaterie Lanvin,  des blocs-notes de la fromagerie Bel (La vache qui rit née en 1921) , et  de la fromagerie Grosjean qui concurrençait directement la Vache qui rit avec sa Vache sérieuse  née en 1926 ! Pendant des années, la guerre des deux vaches fit rage jusqu’à ce que la justice interdise en 1959 à Grosjean de commercialiser sa Vache sérieuse. Ce fut la plus grosse affaire  de contrefaçon à laquelle dut faire face la fromagerie Bel...

papeterie publicitaire

Les murs de la cave étaient entièrement tapissés de caisses en bois de chicorée Leroux, nous en avons ramené deux,  elles sont nettoyées et l’une d’elles est en cours de transformation.  A suivre donc...

 

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jeudi 14 juin 2012

Zinc, atout charme du jardin...

Cela avait commencé par un arrosoir, une bassine, puis un broc, et cela commençait à ressembler à une mini collection... Sur les brocantes ou vide-greniers, difficile de passer à côté de ces pièces intemporelles surtout lorsque leur prix est raisonnable voire riquiqui  et surtout que leur forme... comment dire ? lorsque c'est exactement celle qu’on n’a pas ! car vous êtes d’accord ce n’est pas drôle d’accumuler des modèles identiques, mais beaucoup plus  de mettre la main sur des formes originales voire un peu rares...

C’est ainsi qu’à Bonnieux j’ai eu le coup de foudre pour un nouvel arrosoir...

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Tout à droite, regardez, n’est-il pas intéressant avec sa forme si particulière et cet arrondi qui permet d’y glisser la main et de le porter facilement lorsqu’il est plein... Il a vécu et porte sur lui les traces d’un passé  besogneux et rude, soumis aux aléas du climat qui ne l’a pas épargné, poignée un peu enfoncée, traces de rouille, étanchéité défunte... il a  donc bien gagné le droit de se reposer dorénavant  dans mon jardin tandis que travailleront ses collègues...

♥ ♥

les brocs

Contre le mur de la grange, ce sont les brocs que j’ai rassemblés devant une grille chinée et repeinte en rouge, histoire avec cette mise en scène d’attirer l’œil et de détourner l’attention d’une partie du mur  rebouchée, quelle hérésie, avec des moellons ! Le pichet central est le dernier chiné à Soumoulou (il y a plusieurs mois, je dois bien l’avouer!) J’aime beaucoup cette forme différente...

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l'abreuvoir sur le banc

Sur un coin du banc, a pris place un abreuvoir   atypique et original, sans doute à pigeons, trouvé à Villeneuve les Avignon. Très ancien et rare, m’a dit le brocanteur, ce que je veux bien croire car je n’en ai vu passer aucun d’identique ni sur les brocantes, ni sur les blogs et mes recherches sur google sont restées vaines...

l'abreuvoir détails 

On trouve couramment l’abreuvoir avec une gouttière circulaire mais je n’avais jamais vu ce type avec six trous et un pétale de zinc sous chacun des trous...Et vous, en aviez-vous déjà vu ?

Edit du 20 juin: Philippe de Gris-bleu avait chiné en 2008 un abreuvoir différent des classiques abreuvoirs circulaires, avec un trou et un "pétale" de zinc vous pouvez le voir ici et grâce à Yvette j'ai appris  que le mien est un abreuvoir à poussins. Lorsqu'elle était enfant, ses parents élevaient des poussins et tous les abreuvoirs étaient du même type que celui que j'ai chiné, suspendus au ras du sol pour rester accessibles aux poussins mais ne pas se souiller au contact de la terre....Merci Yvette!

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la frise de zinc

Enfin, pour 1 euro, oui vous avez bien lu, cet adorable morceau de frise de zinc chinée à Pau. Une chute qui avait dû être conservée à l’abri, car elle est comme neuve... Pour l’instant simplement posée au sol devant l’échelle de bambou et les bouteilles anciennes pour que les intempéries la patinent un peu, avant de  la rentrer  dans la maison un peu plus tard... Dans la bouteille la plus étroite, une bouteille  de cognac, sont rassemblées les tiges métalliques de coquelicots en céramique trouvés chez Jardins animés qui viennent créer la surprise et mettre un peu de couleur devant le vieux mur en attendant que fleurissent les hortensias...

Et bien que ce ne soit pas du zinc, je vous montre deux autres objets métalliques à l’intérieur de la maison cette fois, suivez-moi...

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Une balance Roberval émaillée turquoise chinée sur l’île d’Oléron en mars, à laquelle il manque l’aiguille et je ne m’en suis aperçu que plus tard, dont les plateaux ne sont pas d’origine et donc, pas à la bonne taille !!! Il reste encore à nettoyer le mécanisme, les plateaux, quant à eux, après un bain d’acide citrique ont retrouvé un éclat oublié depuis longtemps. Devant à gauche, une adorable petite boite de coton à repriser “A la croix” en tôle lithographiée, chinée à Bonnieux et dont l’intérieur est bleuté aussi, ce n’est pas le reflet de la balance ! Du coup, j’ai rassemblé des objets aimés aux couleurs en harmonie: une coupelle artisanale à la forme et aux couleurs superbes, reçue en cadeau, une poterie découverte chez des amis et achetée l’année suivante  à Florence (tu te souviens, Michèle?), poterie dont je suis toujours amoureuse dix ans après et une serviette à thé brodée de bleuets par Maman. La nappe et les serviettes furent sa dernière broderie, elle attendait alors ma naissance...

harmonie de bleus

J’ai plein de trésors de chine à vous montrer, et j’espère ne pas vous faire attendre trop longtemps (n’est-ce pas Sophie !) Il faut dire que l’appel du jardin  (quand il ne pleut pas) et mille occupations dans la maison me rendent un peu moins disponible sur l’ordinateur ... Pourtant vous me manquez, alors à bientôt!

♥ ♥ ♥

 

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