vendredi 22 novembre 2013

Quelques voyages immobiles indispensables...

Alors que ma cadette s’est envolée à l’autre bout du monde pour vivre son rêve, moi, je continue à voyager immobile !

Il fallait absolument que je vous parle lecture... Les mois écoulés, comment dire ? la lecture et moi étions en froid, tout me tombait des mains, les vacances habituellement propices à mon sport favori  se sont révélées décevantes à ce point de vue et les mois qui ont suivi ce ne fut guère mieux jusqu'à ces dernières semaines...

Je pense qu’on peut passer à côté d‘un bon livre pour une quantité de raisons non maitrisées, et un livre trouvé banal aurait pu être adoré s’il avait été commencé quelques mois, quelques jours, quelques heures après...ou avant... Cela tient à un fil...Pourtant il serait faux de dire que rien, vraiment rien, n’a retenu mon attention cet été.

les reflets d'argent

Celui-là je l’ai lu en un temps anormalement long qui d‘habitude m’aurait fait abandonner ma lecture, de nombreux jours s’écoulant entre deux séances et je déteste cela, d‘autant  que le roman est riche et foisonnant (450 pages !), j’avais chaque fois l’impression désagréable d‘avoir oublié ce que j’avais lu précédemment, et chaque fois, la magie de l’écriture de Susan Fletcher a opéré, j’étais captive...Pourquoi je ne l’ai pas lu d‘une traite, c’est une autre histoire, qu’importe !

Ce qui compte c’est que ce livre une fois la dernière page refermée m’a littéralement habitée des jours et des jours. Alors si vous avez aimé “Un bûcher sous la neige”, je vous en parlais ici, vous ne serez pas déçus par ce nouvel opus, Susan Fletcher est une conteuse hors pair, une vraie magicienne et son histoire tout en finesse pétrie de légendes, de nature et d‘humanité est un magnifique roman sur l’absence, le deuil impossible , l’apaisement, l’espoir... un  roman d‘amour aussi ! Le temps de votre lecture et plus longtemps encore votre cœur battra à l’unisson de ceux de la famille Bundy  avec ses drames, ses non-dits, sur l’île de Parla isolée, battue par les vents, qui pleure un de ses fils, frère, oncle,mari...et il battra la chamade au rythme des espoirs fous confortés par de vieilles légendes auxquelles chacun ici veut croire...Laissez-vous captiver par ces reflets d‘argent!

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noces de neige

De Gaëlle Josse, j’avais aimé “les heures silencieuses” ici et “Nos vies désaccordées” ici, elle nous entraine dans l’univers clos d‘un train pour ce troisième roman avec sa délicatesse habituelle.

Elles sont des centaines à rêver d'une autre vie. Mais pour Irina, rêver ne suffit pas. De Moscou, le Riviera Express doit la conduire à Nice, jusqu'à Enzo. Elle est prête à saisir sa chance. N'importe quelle chance. Mais sait-on vraiment ce qui nous attend ? Irina n'a jamais entendu parler d'Anna Alexandrovna, jeune aristocrate russe, ni de son long voyage en train, en sens inverse, de la côte d'Azur à Saint-Pétersbourg, un huis clos où les événements tragiques se succèdent. Qui s'en souvient ? Un siècle les sépare, et pourtant leurs histoires sont liées à jamais.

Ne surtout pas en dire plus, le roman est tellement court ! j’ai beaucoup aimé ces portraits de femmes, ce parallèle à un siècle d‘écart, finalement, riche ou pauvre, laide ou belle, dans la Russie impériale  en 1881 ou dans celle de Poutine en 2012, tous les rêves de jeunes femmes  se ressemblent...Elles sont terriblement touchantes ces deux héroïnes ...

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sanderling

 

Encore un auteur dont je vous ai parlé avec enthousiasme, pour “La relieuse du gué” et surtout “Fugue” . Avec ce nouveau roman, Anne Delaflotte Mehdevi nous entraine dans un  monde paysan en mutation bouleversé par une catastrophe naturelle qui va imposer aux hommes de réinventer leurs vies. Un magnifique roman sur fond d’écologie, une description fine et absolument passionnante du monde de l’agriculture, des personnages terriblement attachants, qu’ils soient le héros, Landry ou des personnages secondaires, tous jouent une partition dont la petite musique vous surprendra et vous captivera... J’ai adoré  les 200 premières pages, vraiment adoré, sur les 376 que comporte le roman, ce qui ne m’a pas empêchée de le faire lire à ma belle-mère en lui disant “lisez au moins le début, il est fantastique” (je craignais qu’elle n’aime pas la tournure des évènements) eh bien elle a aimé jusqu’au bout ! attention c’est un très très bon roman, mais comme on dit parfois d‘un très bon film qu’il est un peu long , je dis juste que quelques pages en moins ne l’aurait pas affaibli tant sont denses et profonds les deux premiers tiers... Lisez-le et dites-moi si vous partagez le même ressenti...

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kinderzimmer

Je ne suis pas sûre que j’aurais choisi de moi-même cette lecture tant le sujet en est difficile, aussi merci à Véronique de m’en avoir donné l’envie, je partage son ressenti. C’est un livre bouleversant, dur, je l’ai lu en apnée souvent, avec la nausée parfois, et pourtant je vous assure que c’est un livre indispensable, magnifique...

«D’abord, il y eut cette rencontre, un jour de mars 2010 : un homme de soixante-cinq ans se tient là, devant moi, et se présente comme déporté politique à Ravensbrück. Outre que c’est un homme, et à l’époque j’ignorais l’existence d’un tout petit camp d’hommes non loin du Lager des femmes, il n’a surtout pas l’âge d’un déporté. La réponse est évidente : il y est né. La chambre des enfants, la Kinderzimmer, semble une anomalie spectaculaire dans le camp de femmes de Ravensbrück, qui fut un lieu de destruction, d’avilissement, de mort. Des bébés sont donc nés à Ravensbrück, et quoique leur existence y ait été éphémère, ils y ont, à leur échelle, grandi. J’en ai rencontré deux qui sont sortis vivants de Ravensbrück, ils sont si peu nombreux, et puis une mère, aussi. Et la puéricultrice, une Française, qui avait dix-sept ans alors. C’était un point de lumière dans les ténèbres, où la vie s’épuisait à son tour, le plus souvent, mais résistait un temps à sa façon, et se perpétuait : on y croyait, on croyait que c’était possible. Cette pouponnière affirmait radicalement que survivre, ce serait abolir la frontière entre le dedans et le dehors du camp. Envisager le camp comme un lieu de la vie ordinaire, être aveugle aux barbelés. Et donc, se laver, se coiffer, continuer à apprendre, à rire, à chanter, à se nourrir et même, à mettre au monde, à élever des enfants ; à faire comme si. J’ai écrit ce roman pour cela, dire ce courage fou à regarder le camp non comme un territoire hors du monde, mais comme une partie de lui. Ces femmes n’étaient pas toutes des héroïnes, des militantes chevronnées, aguerries par la politique et la Résistance. Leur héroïsme, je le vois dans l’accomplissement des gestes minuscules du quotidien dans le camp, et dans ce soin donné aux plus fragiles, les nourrissons, pour qu’ils fassent eux aussi leur travail d’humain, qui est de ne pas mourir avant la mort. Mila, mon personnage fictif, est l’une de ces femmes. Kinderzimmer est un roman grave, mais un roman de la lumière.»Valentine Goby

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et soudain tout change

Après Kinderzimmer, je me suis dit que cet auteur dont je n’avais rien lu, mais connu pour ses comédies serait le bienvenu. Pas de chance, ce roman n’est pas vraiment une comédie, je me suis demandé au début s’il n’avait pas été mal classé, plutôt ados qu’adultes, mais non, au fil des pages j’ai beaucoup aimé cette histoire d‘ados confrontés à la maladie de l’une des leurs. Une joyeuse bande de terminale vue à travers Camille, attachante Camille, avec ses doutes, ses questions, ses espoirs... Tous ces ados sont attachants et on vibre au rythme de leurs émotions. c’est la vie qui va, la vie de tous les jours avec ses joies, ses drames aussi qui font que soudain tout change...Beaucoup de sourire, d’émotion et de tendresse dans ce joli roman. Un livre à lire par les ados, ils se retrouveront dans l’univers de Camille, finement décrit et les adultes qui y trouveront un parfum de nostalgie ...

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la dernière fugitive

Je me rends compte que j’avais déjà lu et aimé un livre de Tracy Chevalier, “Prodigieuses créatures” sans vous en avoir parlé ici. Quoi qu’il en soit j’ai encore plus aimé celui-ci, le portrait bouleversant d‘une toute jeune femme quaker, Honor Bright en 1850. Abandonnée par son fiancé et redoutant d‘être exclue de sa communauté, elle quitte son Dorset natal en Angleterre pour suivre sa sœur promise à un commerçant immigré en Ohio. Sa sœur meurt de fièvre jaune à peine arrivée sur le sol américain, Honor décide de poursuivre son voyage et d‘aller vers cette communauté où elle avait décidé de s’installer. C’est donc seule qu’elle va affronter le rigorisme, la brutalité d‘un pays esclavagiste. Extraordinaire portrait de femme timide qui va  braver tous les interdits au nom même de ses convictions et de sa foi... Vous saurez tout sur cette Société des Amis où le silence est de rigueur dans la pratique de la foi, silence qu’Honor utilisera comme protestation, sur les quilts auxquels excellaient les anglo-saxonnes, seule plage possible de créativité et de couleur pour les femmes dans cette société puritaine, sur le Chemin de fer clandestin qui permettait aux abolitionnistes de faire passer les esclaves noirs en fuite au Canada et vous n’êtes pas prêts d‘oublier Honor, la pudique, discrète et lumineuse Honor ...

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Pour clore ce billet, quelques images de petites choses chinées qui me réjouissent l’oeil quand je les regarde, venues embellir un petit coin de salon...

Une craquante petite machine à coudre d‘enfant Singer fabriqué aux USA que j’ai installée sous cloche en compagnie d‘une photo de jeune femme..

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et sous globe à l’opposé de la console, une adorable paire de chaussons de bébé, de baptême sûrement, entièrement cousus et brodés main en fin linon de coton doublé de soie ivoire. posés devant une photo de famille, mes oncles maternels...

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Merci du fond du cœur à toutes celles qui ont pris de mes nouvelles ...

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mercredi 20 mars 2013

Retour sur les lectures de ces derniers mois...

Voyages immobiles, chronique n°25

Merci beaucoup pour votre enthousiasme et vos mots gentils sur ma collection de cols anciens, je n’ai pas répondu à tout le monde ce qui ne m’a pas empêchée de vous lire avec attention et plaisir. Mes maux de tête que je croyais résoudre par un changement de lunettes, sont toujours là et je réduis volontairement le temps passé sur l’ordinateur qui les aggrave...

patchwork

J’avais envie de vous faire découvrir ce recueil de nouvelles publié en 2007, 15 histoires de femmes issues de l’imaginaire de Pascale Bourdoncle. L’auteur est férue de patchwork et le titre est un clin d’œil à cette passion et reflète bien la diversité des univers et des personnalités dans lesquels elle nous entraine pour ces nouvelles...Une grande tendresse envers ses personnages, une belle attention à la nature, l’écriture est fine, poétique, d’une grande sensibilité et j’ai vraiment beaucoup aimé ces nouvelles. Ecrire était un rêve pour Pascale, elle a réalisé  ce rêve en publiant grâce à une édition associative, si vous êtes intéressés par ce livre qui mérite d’être découvert, contactez-la sur son adresse mail : lamarmottiere@orange.fr

DSC04123 (Flacon à parfum orphelin de son bouchon en verre taillé chiné dimanche...)

en souvenir d'andré

Vous savez que je suis fan des livres de Martin Winckler et celui-ci ne risque pas de me faire changer d’avis sur cet auteur humaniste qui ne cesse d’explorer dans chacun de ses livres de nouvelles voies pour une médecine plus humaine à l’écoute des patients. “En souvenir d’André” traite du sujet difficile (et d’actualité début 2013 avec un rapport remis au gouvernement) du suicide assisté. Comme toujours, c’est à travers un roman bien ficelé avec un rebondissement final poignant que l’auteur traite son sujet, le pays n’est pas précisé, ni l’époque bien qu’on puisse imaginer  un futur assez proche... les personnages sont terriblement attachants, il y a des histoires dans l’histoire et au final cela donne un roman magnifique, qui une fois la dernière page refermée vous accompagnera longtemps, générant forcément une réflexion sur la fin de vie, de notre vie, de celle de ceux qui nous entourent...Lu fin d’année 2012, ce livre a été un coup de cœur absolu et si vous n’êtes pas effrayés par le sujet , précipitez-vous dessus, vous ne le regretterez pas...

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le poids des secrets

“Le poids des secrets”, 5 petits volumes(une centaine de pages chacun), pour les cinq facettes d’une même histoire vue à travers cinq personnages dont la vie est liée, croisée avec à la base, des secrets que l’on découvre au fil des pages, sur fond d’histoire du Japon, la seconde guerre mondiale, la bombe de Nagasaki, les rapports difficiles entre Japon et Corée, et le racisme dont souffrirent les coréens exilés au Japon...Un auteur japonais que j’ai découvert, une écriture fine et sensible qui dit de façon légère des choses graves avec une attention constante à la nature et un ressenti des personnages énoncés avec cette simplicité qui donne le ton si particulier de l’univers de l’auteur (et pour autant que je puisse en juger, je n’en connais que trois, des auteurs japonais) . Ce n’est jamais pesant, c’est poétique et léger, très pudique, très doux... Un bonheur de lecture ...Si vous lisez le premier , vous n’aurez qu’une envie : lire la suite...

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cent ans

Une magnifique et envoutante saga familiale sur cent ans, les cent ans qui séparent Herjorg Wassmo de son arrière grand-mère Sara Suzanne née en 1842. Biographie romancée, rêvée, qu’importe, le résultat est une histoire éblouissante de femmes, d’amours, de déchirements dans une des régions les plus dures de la Norvège au nord du nord, les îles Lofoten, le Nordland dont les habitants sont l’objet de déconsidérations et  de moqueries de la part des habitants du sud, une région où le progrès est lent à arriver, où la vie quotidienne des femmes rythmée par la pêche, les grossesses nombreuses et pas toujours désirées, les coutumes, les saisons est loin de ressembler à un long fleuve tranquille...

“Ne laisse pas le temporel envahir ta vie. il faut lire Sara Suzanne !...” et le goût de la lecture se transmettra dans la famille à partir des lectures à voix haute de Sara Suzanne qui feront le bonheur de sa maisonnée...

En lisant ce livre j’ai pensé à une autre saga dont je ne vous ai pas parlé  (vous trouverez dans l’album de mes lectures 2012 un court résumé) “Karitas sans titre” et “Chaos sur la toile”  de Kristin Marja Baldusdottir. De vrais coups de cœur dont l’histoire se déroule en majorité dans un pays fascinant et dépaysant, l’Islande au début du XXe siècle guère plus avancé que le Nordland un demi siècle plus tôt, d’extraordinaires portraits de femmes là aussi...

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06h41

Quatrième de couveture:Le train de 06h41, départ Troyes, arrivée Paris. Bondé, comme tous les lundis matins. Cécile Duffaut, 47 ans, revient d’un week-end épuisant chez ses parents. Elle a hâte de retrouver son mari, sa fille et sa situation de chef-d’entreprise. La place à côté d’elle est libre. S’y installe, après une légère hésitation, Philippe Leduc. Cécile et lui ont été amants vingt-sept ans auparavant, pendant quelques mois. Cela s’est très mal passé. A leur insu, cette histoire avortée et désagréable a profondément modifié leurs chemins respectifs. Tandis que le train roule vers Paris et que le silence s’installe, les images remontent. Ils ont une heure et demie pour décider de ce qui les attend.

Un roman qui se dévore, j’aime beaucoup l’écriture de cet auteur qui excelle à dévoiler les sentiments intimes de ses personnages jusque dans leurs recoins les plus cachés... Le lecteur est à tour de rôle dans la tête  de l’un puis de l’autre chacun revient sur le passé, se penche sur le présent et tout est décrit avec une lucidité sans complaisance, à l’aube de la cinquantaine le bilan n’est pas celui que les grands adolescents d’autrefois auraient pu imaginer ... Plein de réflexions d’une grande justesse sur la vie, des personnages terriblement humains avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs contradictions...

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profanes

Assurément LE grand coup de cœur de ce début d’année ! J’avais beaucoup aimé en 2009 “Laver les ombres” du même auteur , beaucoup moins “Les insurrections singulières” en 2011, gros succès  de librairie pourtant et c’est avec un immense plaisir  que j’ai retrouvé ce qui m’avait tant plu dans “Laver les ombres” une écriture magnifique, palpitante comme une respiration, poétique, concise, précise, d’une langue soutenue...L’histoire est belle, représente un véritable hymne à la vie, un vrai credo de l’homme en l’homme ...Octave, nonagénaire, ancien chirurgien rassemble autour de lui quatre personnes dont il ignore à peu près tout mais que son instinct lui a fait choisir comme on compose une équipe, pour l’accompagner jusqu’au bout de sa vie. Ils ne se connaissent pas , ils vont se côtoyer, créer des liens  entre eux et avec la maison, personnage de l’histoire à part entière. Chacun va dépasser (soigner) des blessures tenues secrètes qu’ Octave a pressenties. Lui aussi a de grandes douleurs enfouies...

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jolie libraire dans la lumière

Laurent s’arrête devant une librairie frappé par l’image qui s’offre à lui: Maryline, la jolie libraire absorbée dans sa lecture, si belle dans la lumière qui tombe sur elle... il entre car il a envie de savoir quel est le livre qui retient toute l’attention de la jeune femme...

Une ode aux livres, au pouvoir des mots, au bonheur de lire...Un délicieux roman , une pépite très bien écrite et si d’aucuns pourraient y trouver quelques facilités stylistiques, un peu trop de pathos, une intrigue un peu cousue de fil blanc, qu’importe, ne boudez pas votre plaisir, vous les amoureux des livres, de temps en temps cela fait du bien de ne pas se prendre la tête et de lire une histoire optimiste  et rassembleuse dans laquelle on a envie de croire et dont le happy end nous met le sourire aux lèvres ...On en garde le souvenir ému d’un joli moment qu’il ne faut surtout pas manquer!

 

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les femmes du bus 678

Pour terminer ce billet, un film formidable que je n’avais pas forcément très envie de voir et qui pourtant m’a subjuguée, un film fort et courageux... Fayza, Seba et Nelly, trois femmes d’aujourd’hui, de condition sociale totalement différente, s’unissent pour combattre le machisme impuni qui sévit au Caire dans les rues, dans les bus et dans leurs maisons. Déterminées, elles vont dorénavant humilier  ceux qui les humiliaient. L’atypique inspecteur Essam mène l’enquête... Qui sont ces mystérieuses femmes qui ébranlent une société basée sur la suprématie de l’homme ?

Ne manquez pas l’interview du scénariste-réalisateur du film qui éclaire de façon passionnante, la genèse du film, celle qui l’a inspiré :la première femme à avoir oser porter plainte pour agression sexuelle en Egypte, son tournage, comment le film qui vient  de passer à la télévision est accueilli...Désormais, les agressions sexuelles sont enfin considérées comme des délits en Egypte !

♥ ♥ ♥

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jeudi 22 novembre 2012

Lectures...

Voyages immobiles, chronique n°24

Avant tout, vous dire merci pour vos commentaires sur le précédent billet, ravie d’avoir réveillé quelques souvenirs chez certains et certaines d’entre vous et peut-être d’avoir pu faire découvrir le son si particulier du gramophone à d’autres. Merci pour vos compliments, mais il ne s’agissait pas là d’une véritable restauration, puisque j’aurais été bien incapable de toucher au mécanisme s’il n’avait pas marché, plutôt d’une remise en beauté et çà, vous en êtes capables vous aussi ...

♥ ♥ ♥ MERCI d’être là et de me lire, merci pour votre fidélité ♥ ♥ ♥

J’ai beaucoup lu ces derniers temps  et vous trouverez la liste complète dans l’album de mes lectures 2012, je ne vais vous parler  ici que de mes coups de cœur...

nos vies désaccordées

♥ J’avais beaucoup aimé d’elle son premier roman, “les Heures silencieuses” et c’est peu dire que celui-ci est encore plus beau... Une magnifique et dérangeante histoire d’amour...

François, pianiste de renommée internationale apprend un jour que Sophie, la femme qu’il a follement aimé et quitté dans des circonstances dramatiques de sa vie, est internée dans les Pyrénées. Il va tout quitter pour la retrouver et tenter de la sauver. On apprend peu à peu quelle a été leur histoire,  l’enfance de François, son ascension dans le monde des concertistes. Il dit de lui-même qu’il n’aurait pas aimé se rencontrer et pourtant malgré certains comportements très lâches envers lesquels je n’éprouve aucune sympathie, la fragilité, les failles , l’amour fou pour Sophie  en font un personnage attachant et on suit  son cheminement  avec l’espoir qu’il arrivera à reconstruire quelque chose...Des passages très poétiques alternent avec les retours en arrière, une construction assez musicale en adéquation avec le monde du personnage principal...Un très beau roman...

novecento pianiste

♥ 84 pages de pur bonheur ! une fable merveilleuse pour raconter l’histoire de Novecento, enfant né et abandonné sur un paquebot transatlantique, qui jamais ne mettra le pied sur la terre ferme et naviguera sans relâche, devenant le plus grand pianiste jamais connu, fantasmant sur la terre et ne pouvant se résoudre à quitter le navire... L’ histoire racontée par son meilleur ami trompettiste est un long monologue, un pur moment de bonheur et de poésie, l’écriture en est tout simplement magnifique, ne vous privez pas de ce joyau de littérature...

 

mississippi

♥ Un premier roman d’une puissance et d’une beauté incroyable... pourtant un sujet difficile s’il en est, celui de la ségrégation et de la violence inouïe de ces blancs arrogants membres du KKK, mais pas que...Il est question de couple, de passion, d’amour, de destin... C’est avant tout le beau portrait de femmes et d’hommes dans le delta du Mississippi dans les années 40. Laura épouse Henry Mac Allan qui l’arrache à la ville et l’emmène sur des terres qu’il a achetées, en les découvrant elle sait d’instinct qu’elle n’y sera pas heureuse, pourtant elle s’accommode d’une vie difficile sous le regard de Papy, le père d’Henry, vieillard égoïste, raciste, borné, haineux... A côté d’eux , il y a une famille de noirs qui  travaillent sur la plantation : Hap et sa femme Florence, qui travaille comme bonne chez Laura et comme  sage-femme pour les autres femmes noires de la région. Leur fils ainé Ronsel, revient de la guerre en France en même temps que le jeune frère de Henry, Jamie... Ronsel a découvert en Europe qu’il pouvait être traité comme un homme  et non comme un rebut de l’humanité, il a découvert la liberté de penser, de s’exprimer, d’aimer... le retour dans le Mississippi va être rude...C’est un roman choral où chacun des six personnages principaux prennent la parole pour raconter leur point de vue tout en faisant avancer l’histoire. C’est un premier roman terriblement maîtrisé qui me donne envie de suivre cet auteur,  le genre de roman qu’il est difficile de lâcher une fois entamé...

 

la lettre qui allait changer...

 

♥ Harold Fry est un être transparent et falot dont le couple qu’il forme avec sa femme Maureen, semble s’être délité au fil du  quotidien et des années. Il reçoit un jour une lettre d’une ancienne collègue, Queenie, qu’il n’a pas revue depuis 20 ans alors qu’elle lui avait rendu service juste avant de disparaitre, lettre dans laquelle elle lui apprend qu’elle est en train de mourir d’un cancer et lui dit adieu. Bouleversé mais incapable de répondre autrement que par de pauvres mots jetés sur une carte, il va dépasser la boite aux lettres de son quartier et prendre une décision pour le moins inattendue qui ne cadre pas avec son personnage, il téléphone au centre de soins palliatifs et demande qu’on lui dise qu’il est en route, qu’il arrive... à pied, soit près de 800 kms à parcourir, il la supplie de l’attendre , de rester en vie...En marchant, Harold va retrouver des sensations depuis longtemps oubliées, va voir affleurer à sa mémoire des souvenirs enfouis et ce voyage va lui permettre de se pardonner et de se retrouver... c’est savoureux, émouvant, drôle et j’ai pensé à un autre formidable roman qui fait du bien en le lisant “Le cherche-bonheur “.Le sujet n’a rien à voir et pourtant j’y ai tout de suite pensé...

Accompagnez Harold dans sa marche, suivez l'évolution de Maureen aussi au fur et à mesure qu’Harold avance, des personnages terriblement attachants, humains, délicieusement anglais mais si proches finalement...vous ne le regretterez pas...

avenue des géants

♥ Marc Dugain s’est inspiré de l’histoire vraie d’un tueur en série américain (Ed Kemper toujours emprisonné en Californie)qui a défrayé la chronique dans les années 60-70 pour écrire ce roman absolument époustouflant, brillant, passionnant... Al Kenner est un géant de 2,20m au QI supérieur à celui d’Einstein, doté d’hypermnésie, mais c’est surtout un être brisé, humilié par une enfance terrible, un paria à la lucidité terrifiante...Au début du roman, il est interné et raconte à son psy comment il en est arrivé là, puis il sort de l’hôpital et nous entraine avec lui dans .sa quête tragique vers un impossible amour maternel et une intégration tout aussi impossible dans la société... Il est question de grands espaces, de moto, d’oxygène et d’angoisses ...Formidablement écrit, il y a un véritable suspense et le personnage forcerait presque l’empathie, mais... Lisez-le c’est  un roman magnifique, il raconte des choses terribles sans jamais tomber dans le voyeurisme ou le gore et écrit la plupart du temps à la première personne du singulier, il nous permet d’approcher au plus près les pensées intimes d’un être monstrueusement... fascinant ! Véronique en a parlé plus longuement...

 

certaines n'avaient jamais vu la mer

♥ Ce court roman raconte  à la première personne du pluriel la destinée  de jeunes japonaises envoyées au début du XXe siècle à San Francisco. Elles vont rejoindre leur époux, japonais lui aussi ,émigré depuis longtemps, elles ne l’ont jamais vu et mettent en lui tous leurs espoirs et leurs rêves de vie meilleure. Au terme d’une traversée éprouvante, reléguées dans les cales, elles arriveront enfin et affronteront un mari souvent bien différent de sa photo et une réalité bien loin de ce qu’elles avaient imaginé ... et le pire est encore à venir avec la guerre et la paranoïa des américains qui verront en tout japonais un espion potentiel. C’est un roman fascinant,basé sur un épisode méconnu et oublié de l'histoire américaine, écrit sur un mode incantatoire qui lui donne une force extraordinaire,  je l'ai lu d’une traite, quasiment en apnée...

♥ ♥ ♥

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vendredi 9 mars 2012

Quelques lectures envoûtantes...

Voyages immobiles, chronique n°22

Cela fait longtemps que je ne vous ai pas parlé de lecture, non que je n’ai pas lu ces derniers mois (sans doute un peu moins que d’habitude) mais parce que, mis à part le dernier livre lu en 2011, il en est beaucoup qui ne m’ont pas plus marquée que cela et  dont je n’avais pas envie de parler...En revanche ceux qui suivent...

Room, mon dernier coup de cœur de 2011

room

Comment vous parler de ce livre et vous donner envie de plonger illico dans sa lecture  sans trop vous en dévoiler si par chance vous n’avez pas encore lu quelque chose à son propos ?

L’histoire est racontée par un petit garçon de cinq ans, Jack, avec ses mots irrésistibles de drôlerie, inventés pour nombre d’entre eux ou simplement traduction enfantine de mots compliqués mais tellement plus parlants dans sa version à lui. Sa Maman est le centre de son univers, univers dont on comprend très vite qu’il se résume à la Chambre dont il n’est jamais sorti, où tout  est personnalisé,  Monsieur Lit, Madame table et Petit dressing où Jack va dormir chaque nuit quand arrive Grand méchant Nick...Sa vie avec sa Maman est très codifiée, très ritualisée mais aussi pleine de fantaisie et de joie de vivre. Jack est un petit garçon très intelligent dont vous vous souviendrez longtemps...

De sa maman aussi, vous vous souviendrez, très jeune mère courage qui trouve en elle des ressources incroyables pour élever ce petit garçon et lui construire une vie la plus normale possible:  des temps de lecture, d’apprentissage, de jeux, de repas, de corvées, de tendresse infinie... Au delà de l’histoire forte, dérangeante, bouleversante, magnifique malgré ce qui se cache derrière, ce livre pose plein de questions sur la liberté, la maternité, la relation fusionnelle mère-enfant...

A lire absolument...

Fugue, le premier coup de cœur de 2012

 Fugue

Le jour de la rentrée scolaire, ses enfants tous scolarisés pour la première fois, Clothilde se retrouve seule dans sa grande et belle maison. Que va-t-elle faire de ce temps libre désormais, trouver un travail peut-être, reprendre la musique ... sa réflexion est interrompue par l’appel de la directrice de l’école, sa fille  Madeleine a fugué... Elle part accompagnée de son chien qui l’emmène jusqu’aux bords de la rivière ...Clothilde hurle le nom de sa fille avant de la découvrir de l’autre côté de la rive saine et sauve...La petite fille est retrouvée, mais Clothilde a perdu sa voix... et là commence vraiment l’histoire, passionnante de cette femme qui envers et contre tous refuse les traitements (injections, psychiatre...)et trouve sa voie différemment en passant par sa voix chantée. Car si elle ne peut pas parler , elle peut chanter et sa voix chantée est sublime... C’est l’histoire  d’une page qui se tourne dans la vie d’une femme, pourtant en apparence très heureuse mais  à un moment charnière justement, dans l’incompréhension totale de son entourage, mari, amies, père... Seuls les enfants s’accommodent de cette maman qui communique différemment avec eux désormais... Il règne dans ce roman une très belle ambiance, où la musique est omniprésente et envoûtante... L’histoire est magnifique, elle se finit bien, et j’aime çà, pourtant elle aurait pu mal finir ! Un portrait de femme émouvant, des personnages secondaires attachants, des lieux superbes, un village aux vieilles pierres dominé par une abbaye où Clothilde va chanter, un second roman beaucoup plus abouti et profond que le premier (La relieuse du gué) qu’au demeurant j’avais déjà beaucoup aimé...

Plongez au cœur de cette fugue sans hésiter, vous y passerez un merveilleux moment !

Les oreilles de Buster

les oreilles de buster

Eva, 56 ans, cultive ses rosiers, partage sa vie avec Sven, papote aves ses amies, s’occupe d’une vieille dame plus qu’acariâtre et le soir venu, se sert un verre de vin et écrit au long de nuits d’insomnie dans un cahier offert par sa petite-fille pour son anniversaire...Elle commence à raconter son enfance et sa jeunesse aux côtés d’un père aimant mais faible et d’une mère, belle, égocentrique et destructrice qui ne l’aime pas et n’a de cesse de l’humilier jusqu’à sa rencontre avec un jeune marin anglais John avec qui elle vivra une très belle histoire d’amour...Elle n’en sera pas “sauvée” pour autant ... Eva raconte doucement le fil de sa vie, ses choix, ses erreurs. Les rapports complexes entre mère et fille sont terrifiants, les sentiments d’amour et de haine sont dépeints avec une très grande puissance et pourtant ne croyez pas que ne se dégage de ce roman que  la violence des sentiments, il y aussi beaucoup de sérénité, de douceur, de tendresse, d’humour aussi... Bien des surprises vous attendent au détour des pages, j’avais du mal à le lâcher  et n’eussent été un besoin impérieux de dormir et des occupations incontournables( cela m’arrive de lire une journée entière si je le peux ) je l’aurais lu d’une seule traite. A chaque fois que je le reprenais, c’était avec une grande tendresse pour Eva...Le titre vous parait énigmatique ?

Lisez-le et vous saurez tout des oreilles de Buster et de leur rôle dans l’histoire !

Rien ne s’oppose à la nuit

Rien ne s'oppose à la nuit

Dans ce roman bouleversant qui m’ a chamboulée, Delphine de Vigan essaie de dessiner le portrait de sa mère  Lucile suicidée en 2008 et de comprendre comment cette famille, sa famille, en apparence si joyeuse, fantasque, haute en couleurs a pu engendrer de tels drames. Car les suicides, les accidents se sont succédés... L’auteur essaie de trouver sa vérité, questionne les proches, lit des écrits, entend des témoignages et se questionne elle-même sur l’écriture, sur la matière de son roman, car c’est sa vérité qui ne ressemble peut-être pas à celle de sa sœur ou de ses tantes, d’où la qualification de roman, pourtant c’est bien de sa vie, de son enfance livrée à elle-même, de l’enfance de sa mère, mais que sait-on de l’enfance de ses parents ? de la vie de ses grands-parents, couple hors-norme et fortes personnalités dérangeantes ( un grand-père ogre qui brisera tous ses enfants, une grand-mère, incroyable femme dévouée à son mari jusqu’au sacrifice des siens et paradoxalement lumineux personnage ) dont il s’agit... Un sujet pas évident et pourtant quelle délicatesse, quelle pudeur, quel respect... Elle dresse le portrait d’une femme infiniment attachante avec ses failles, ses secrets, ses non-dits, son mystère car quoiqu’elle ait pu apprendre sur elle, cette femme, sa mère restera à jamais un mystère... Un texte qui a résonné très fort en moi et m’a laissée à certains moments pantelante, sonnée et que j’ai profondément aimé. Je n’oublierai pas de sitôt Lucile et sa famille...

La liste de mes envies

La liste de mes envies

Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être...

Ce court roman qui caracole en tête des ventes, phénomène littéraire vendu dans douze pays avant même sa parution, dont les droits cinématographiques ont été aussitôt achetés, cache sous son “pitch” un brin racoleur, un petit bijou à la portée universelle. Second roman de l'auteur plusieurs fois primé pour le premier, dans une langue simple mais avec un sens aiguisé de la formule qui fait mouche à chaque fois, se dessinent devant nous le portrait inoubliable et terriblement attachant de Jocelyne, un roman sensible et tendre dont l'argent n’est pas le sujet principal contrairement à ce qu’on pourrait croire, et au final une histoire plutôt noire. Qui n’a pas rêvé de toucher le gros lot et de changer de vie ? Pourtant l’argent n’achète  pas tout, il y a des choses gratuites qui, elles, sont...essentielles !

Un petit bijou , je vous dis, dont il serait dommage de vous priver...

♥ ♥ ♥

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mardi 6 septembre 2011

Mes voyages immobiles de l’été 2011...

Chronique n°21

Parmi toutes les lectures de cet été, il en est que j’ai envie de partager avec vous... Impossible de toutes les chroniquer, retrouvez les autres dans l’album de mes lectures 2011...

L'armée furieuse

Je suis fan des livres de Fred Vargas et celui-ci ne m’a pas déçue. Il faut lire au moins  une fois un Fred Vargas si on aime les romans policiers, pour se faire une idée du monde si particulier de cet auteur. Personnellement, j’adore ses personnages récurrents, Adamsberg le commissaire lunaire qui suit ses intuitions à son rythme, en dehors de toute logique parfois, un homme attachant et surprenant, plus fragile qu’on ne l’attendrait, Danglard, un puits d’érudition porté sur la bouteille, Violette et tous les autres aux personnalités complexes et insolites... les histoires sont toujours incroyablement bien ficelées et érudites,  et c’est avec un plaisir immense que je rentre dans cet univers où finalement  l’atmosphère compte autant que l ’intrigue.  La magie, la superstition et les croyances populaires ont la part belle dans ces romans, mais aussi une somme d’informations historiques ou scientifiques jamais pesantes ( ne l’oublions pas, l’auteur était  archéozoologue au CNRS  et spécialiste de la peste) qui nous donnent un plaisir de lecture qui n’appartient qu’à elle...

Dans L’armée furieuse, l’équipe de police criminelle va se débattre avec deux affaires: d'un côté, une sombre histoire de meurtres dans le Calvados, nourrie par une légende médiévale ; de l'autre côté, l'incendie criminel d'une Mercedes avec, au volant, le PDG d'un grand groupe industriel...(L’Express,le 11/05/2011)

L'amour est une île DeClaudie Gallay, j’avais adoré “Les déferlantes “et aussi “Seule Venise”, j’ai donc ouvert celui-ci avec une attente précise. Ceci explique-t-il cela, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire, elle m’agaçait, et tout en retrouvant les personnages un peu abrupts, un peu décalés, un peu marginaux de l’auteur, l’atmosphère très particulière de l’histoire qui se passe en 2003 à Avignon pendant le festival perturbé par les grèves des intermittents du spectacle conjuguée à une histoire humaine assez noire et pessimiste ont donné à ma lecture un ressenti particulier. J’étais tentée d’abandonner et en même temps, une sorte de fascination me poussait à continuer. Et si je vous en parle ici,  c’est que contre toute attente, c’est une fois la dernière page refermée que je me suis rendue compte de la puissance de ce roman dont la petite musique m’a obsédée des jours et des jours. Et avec le recul, je me suis dit que oui , définitivement oui j’ai aimé ce roman...  En fait, on y retrouve ce qui faisait la grande force des Déferlantes, une écriture sobre et efficace, des personnages complexes et attachants dont le portrait se dessine peu à peu, l’art de rendre palpable une atmosphère survoltée dans la canicule de cet été-là, mille petits riens qui fignolent à petites touches une histoire cette fois-ci  plutôt noire et sans espoir... Et pour avoir été à Avignon plusieurs années pendant le festival, j’ai apprécié  de retrouver cette atmosphère si particulière  bien que vue ici côté coulisses...

Loin des tempêtes de La Hague, dans la touffeur de l'été avignonnais, la romancière souffle sur des braises, celles de la passion qui a animé jadis les deux héros du livre, un metteur en scène et une comédienne célèbre qui se croisent le temps du festival. Claudie Gallay n'a pas choisi une année au hasard. Elle campe son action au cœur de l'été 2003, lorsque les intermittents bloquèrent les spectacles. «Le festival de toutes les violences, se souvient l'auteur, qui habite à quelque quarante kilomètres de là. Pendant un petit moment, les portes de la ville furent totalement fermées, créant une situation totalement inédite. On évoque souvent la douceur du Sud à tort. Quand le mistral souffle comme aujourd'hui, Avignon peut être aussi rude que La Hague.» (Le Figaro, 18/08/2010)

le cherche bonheur

John et Ella vivent ensemble depuis plus de cinquante ans. Une existence comblée par la naissance de deux enfants. A 80 ans, ils sont désormais au crépuscule de leur vie. Ella est atteinte d'un cancer généralisé et John de la maladie d'Alzheimer. Un jour, lassée des interventions chirurgicales et de la surveillance médicale, consciente qu'il s'agit de leur dernière opportunité de faire quelque chose d'un peu fou, Ella convainc John de partir sur les traces de leur bonheur passé. Lorsqu'ils sillonnaient les routes avec leurs enfants à bord de leur camping-car, le « Cherche-bonheur ». Sans prévenir leur entourage, formellement opposé à ce voyage inconsidéré, ils décident de refaire l'un des plus beaux périples de leur vie, reliant Détroit, dont ils sont originaires, à Disneyland en Californie, par la mythique Route 66. Le trajet est ponctué de péripéties : crevaison, braquage, contrôle policier… Le couple en est quitte pour quelques sensations fortes. Mais c'est également l'occasion de se remémorer des souvenirs et de faire de nouvelles découvertes, de nouvelles rencontres… Il n'est jamais trop tard pour partir à la conquête de son bonheur !(présentation de l'éditeur)

Quelle merveilleuse histoire que celle-ci ! avec un humour ravageur  et une lucidité poignante, Ella revient sur sa vie, le passé, le présent... L’avenir, elle a envie d’en garder la maitrise... L’auteur nous offre une réflexion profonde sur le vieillissement, le sens de la vie, une très belle histoire d’amour aussi. Le sujet n’a rien d’une fantaisie et pourtant d’un bout à l’autre , ce roman est d’une drôlerie incroyable  qui contient l’émotion juste ce qu’ il faut, pourtant l’émotion est là à chaque page,  et c’est entre gorge serrée et éclats de rire  que l’on avance dans l’histoire jusqu’à une fin inéluctable et évidente et que  l’on se surprend à se dire   “je voudrais avoir ce courage là”. Une lecture que j’avais conseillée à Françoise et qu’elle a beaucoup aimé aussi...

♥ ♥ ♥

Pour terminer cette chronique, j’ai envie de vous parler de deux livres très différents l’un de l’autre,  que je trouve inclassables, il faut les lire, c’est tout.

Ce sont chacun d’une façon différente, deux petits bijoux...

le poids du papillon

De celui-ci, court roman d’une soixantaine de pages, qui raconte l’affrontement d’un braconnier et d’un chamois, je vous dirai seulement que c’est un moment de poésie pure, un moment de grâce d’une beauté extraordinaire avec derrière le conte, une réflexion sur l’homme, l’animal et la nature. Le poids du papillon est suivi d’une nouvelle que j’ai complètement oubliée, tant j’étais sous le charme du premier texte. Moi qui relis rarement, je crois que celui-ci, je le relirai...

Quelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une taille et d’une puissance exceptionnelles, l’animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne, ses espoirs en la Révolution déçus, sait lui aussi que le temps joue contre lui. À soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé malgré son extrême agilité d’alpiniste, ce chamois à l’allure majestueuse. Et puis, face à ces deux forces, il y a la délicatesse tragique d’une paire d’ailes, cette « plume ajoutée au poids des ans ».                               Le poids du papillon, récit insolite d’un duel entre l’homme et l’animal, nous offre une épure poétique d’une très grande beauté. Erri De Luca condense ici sa vision de l’homme et de la nature, nous parle de la montagne, de la solitude et du désir pour affirmer plus que jamais son talent de conteur, hors du temps et indifférent à toutes les modes littéraires.(présentation de l’éditeur)

On peut se dire au revoir plusieurs fois

De lui, j’aimais ses chroniques dans Psychologies magazine, je m’étais passionnée pour  “Guérir”, son premier livre et cette approche tellement novatrice qu’il avait de la médecine,  j’avais applaudi toutes ses idées sur l’alimentation, consciente que c’est une part capitale de notre santé, sur l’importance de l’environnement, la nécessité de trouver le calme intérieur...

Ce livre testament, une centaine de pages écrit par un homme qui se sait condamné à plus ou moins court terme, est la formidable leçon de vie d’un grand humaniste. Sa sincérité, son humilité, sa générosité y éclatent une dernière fois. C’est un livre émouvant  et  plein d’espérance... Il est parti en étant sûr que les choses devront changer, la médecine s’humaniser, les hommes revenir à une vie plus respectueuse du vivant,  puissions-nous entendre son message ...

♥ ♥ ♥

Entre deux averses, monsieur rose & Gris a entrepris de canaliser la vigne vierge qui grimpe à l’assaut de la grange. Dès mi-juillet, elle avait commencé à revêtir sa parure automnale  et j’ai eu plaisir à réaliser quelques couronnes que l’humidité ambiante permettra de conserver quelques jours...

vigne vierge

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mercredi 8 juin 2011

Le parfum des tilleuls en fleurs...(Voyages immobiles 21)

Quelquefois, on  fait des projets et il suffit d’un grain de sable dans les rouages des jours pour que ces projets soient annulés, repoussés ou tout simplement oubliés... Le grain de sable pour moi a été une opération en urgence d’un genou, trois jours où le temps s’est suspendu, mais comme vous le verrez plus loin , cela n’a pas eu que des désagréments... Impossible de vous répondre sur mon dernier post comme je l’avais projeté, impossible de bricoler dans la maison  avec l’aide de M.Rose & Gris qui avait pris des congés pour cela, impossible de ...

Qu’importe, lorsque je suis sortie de clinique, les tilleuls embaumaient, je ne sais même plus s’il faisait beau, dans mon cœur et ma tête, il faisait soleil et s’il n’y avait eu  les soins infirmiers et la rééducation, cela aurait pu n’être qu’une sorte de  parenthèse. Dans la chambre avec moi, une vieille dame de 83 ans avec une vilaine fracture, la pauvrine atteinte de Parkinson et d’Alzheimer était dans un monde quasiment inaccessible alors la côtoyer m’a permis de relativiser beaucoup de choses et de me dire en sortant que jamais les tilleuls n’avaient senti si bon, que  la vie était belle et qu’il fallait croquer dedans à pleines dents ...   Elle, est-ce qu’elle les aurait senti, les tilleuls ?

J’avais déjà lu deux livres dont je voulais absolument vous parler, cette histoire là m’a permis d’en lire trois autres !!! Sans scrupules, sans mauvaise conscience, voyager immobile dans des univers très différents, être là et pourtant ailleurs, gommer ce temps qui s’étire... quel plaisir !

la nonne et le brigand

De Frédérique Deghelt, j’avais adoré “La grand-mère de Jade”, souvenez-vous, c’était un de mes coups de cœur de l’année 2009, ce début d’année, j’ai lu d’elle encore “La vie d’une autre”  et aujourd’hui c’est de son dernier opus dont je veux vous parler...

Lysange se lance dans une relation passionnée et torride avec Pierre , un photographe de guerre rencontré dans un aéroport et dans le même temps répond à la lettre d’un inconnu, Tomas qui lui propose de lui confier sa maison alors que lui-même part pour le Brésil. Dans cette maison, elle va trouver un cahier dont la première phrase lui semble s’adresser à elle: “Je ne savais  pas ce que c’était l’amour, je ne savais rien de ce qui nourrit et dévaste, alors sans ce savoir je n’étais qu’une petite chose lancée sur les routes et sans arme pour affronter la vie.” C’est le journal d’une nonne partie au Brésil ans les années 50.

Lysange  et Tomas vont peu à peu s’apprivoiser, elle est très intriguée par cet homme qui semble lui cacher quelque chose, et ses séjours dans la “cabane” du Cap-Ferret lui permettent de souffler un peu et de réfléchir à la passion dévastatrice qu’elle vit avec Pierre, une relation compliquée qu’elle n’a jamais connue... Elle  plonge aussi à chacun de ses séjours dans le journal de la nonne avec fascination...

Je ne veux pas trop en dire sur ce roman magnifique, je l’ai fait lire à ma belle-mère et comme moi, comme Véronique qui me l’a prêté et aussi Aifelle, j’ai adoré les pages du cahier de la religieuse et je les attendais avec impatience... Les pages où Lysange parle de sa passion, écrites dans une langue enfiévrée et décomplexée m’ont parfois agacée, mais c’est écrit d’une façon extraordinaire.  J’ai beaucoup aimé la relation avec Tomas et l’histoire qui se dévoile peu à peu, un personnage extrêmement attachant... La description du Brésil et du Cap-ferret est fantastique. J’ai adoré la fin de ce très très beau roman...

A la fin du livre, l’auteur a rassemblé les références des musiques qui l’ont accompagnée durant l’écriture de  cet ouvrage. J’ai aimé écouter ces musiques dont l’une  est intégrée à l’histoire. Et si vous avez envie d’en savoir plus sur le cheminement de l’auteur, lisez l’échange passionnant qu’elle a eu avec Françoise.

La forêt des 29 

D’Irène Frain, cela faisait longtemps que je n’avais rien lu et j’ai dévoré cet ouvrage,  basé sur des faits réels forcément romancé mais absolument passionnant parce que les descendants de cette histoire existent, elle les a rencontrés et parce que cette histoire d’écologistes avant l’heure est tout simplement stupéfiante. Elle se passe en Inde il y a plus de cinq siècles. Dans ce pays aimé des poètes, les puissants ont tout saccagé. Pour leurs constructions mirifiques (il s’agit du Rajasthan, lieu touristique s’il en est pour ses palais incroyables), ils ont déboisé les forêts, méprisé les forces de la terre et du ciel. Le vent s’engouffre dans les villages, la sécheresse s’installe, le fossé entre les riches et les pauvres devient intolérable, la misère rode, la vie est en danger. Pourtant chacun courbe l’échine.

Un jeune paysan va refuser la fatalité. Rejeté par les siens Djambo a rejoint le peuple des Errants, connu la faim, la soif, la passion, l’inanité des rêves d’abondance.Avec quelques vagabonds, il fonde une communauté dont la survie tient à 29 principes simples. Leur ligne directrice: le respect de la nature et de tous les êtres humains. Ces principes vont permettre au Pays de la mort de ressusciter.

Ce qui est fabuleux, c’est qu’il y a encore de nos jours au XXIème siècle des gens qui vivent selon ces principes, les Bishnoïs, 29 en hindi.  Lisez ce livre, une épopée extraordinaire qui vous happe dès le début, Irène Frain est une conteuse hors pair et qui ne peut que toucher  tant la démarche de Djambo est juste et trouve une résonance encore à l’heure actuelle dans tous les pays. Il prônait l’abolition des castes, l’égalité des hommes, la protection de la nature et de tout ce qui est vivant... Alors que la planète entière se rend compte qu’on ne peut pas impunément faire n’importe quoi  ainsi qu’on l’a fait durant des décennies, ce récit  prend une dimension universelle qu’il faut entendre d’urgence. Lisez ce livre, allez voir le site d’Irène Frain, regardez les photos , les vidéos qu’elle a ramené de son enquête au Rajasthan et pour les parisiens ou ceux qui auront la possibilité d’y aller, jusqu’au 14 juin, les Bishnoïs  sont dans le métro à la station Montparnasse avec une fresque photographique gigantesque de Frank Vogel, pour les autres une vidéo ici. Enfin, un documentaire de 52 mn  passera sur France 5 le 11 juin à 16h.

julius winsome

Julius Winsome, quinquagénaire, vit solitaire dans un chalet au cœur de la forêt du Maine. Fils et petit-fils d'anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région. Il préfère chérir ce que son père aimant lui a légué : les milliers de livres qui tapissent son chalet et le Lee-Enfield, ce fusil rapporté par son grand-père anglais des tranchées de la Première Guerre mondiale. Son unique compagnon est son chien Hobbes. La mort de ce dernier, abattu par un chasseur, déclenche chez cet homme doux une fureur meurtrière. Les halles crépitent alors dans la forêt enneigée. Julius Winsome est l'histoire tendue et émouvante d'un " étranger" à la fois hypersensible et détaché, amoureux de la langue et misanthrope. Avatar du Meursault de Camus, qui tuait "à cause du soleil ", Julius Winsome tue à cause de la neige, symbole de pureté et de deuil. Écrit dans un style puissant et poétique, ce récit d'amour, de vengeance et de mort est à l'image du paysage, âpre, froid, cinglant. C'est aussi un hymne à la nature et à ses créatures sauvages.

 Que dire de plus que cette quatrième de couverture, sinon allez vite à la rencontre de Julius, cet homme fascinant que l’on n’arrive jamais vraiment à blâmer alors même il fait montre d’une sauvagerie implacable qui contraste tellement  avec ce qu’il est, avec ce qu’il aime profondément... Il fait froid dans le Maine l’hiver( c’est l’état d’origine de la race de ma princesse Maine-coon), installez -vous avec un plaid douillet tant les descriptions vous transporteront là-bas dans ce chalet  en plein hiver. Julius s’installe dans le fauteuil de son père en savourant un livre et un thé dans une jolie porcelaine et estime avoir de la chance. Ecoutez-le raconter sa vie solitaire et son enfance ... c’est un livre au charme puissant, une écriture d’une grande sobriété, un personnage éminemment attachant... De nombreux extraits chez  Véronique (c’est encore elle qui me l’a prêté !) et  L’or des chambres .

trois vies chinoises

Par l’auteur de “Balzac et la petite tailleuse chinoise” paru en 2000 que j’avais beaucoup aimé.

C’est un petit livre stupéfiant d’une noirceur absolue qui décrit la vie (brisée) de trois adolescents vivant sur une île curieusement nommée Ile de la Noblesse alors que c’est l’île dépotoir de la Chine moderne industrielle, où l’on stocke et recycle les déchets électroniques. Un lieu d’une pollution inimaginable où l’eau  intoxique la végétation et les hommes. Trois destins dont le seul lien est d’habiter sur ce lieu maudit. Trois contes féroces qui dénoncent les méfaits de la civilisation.

Dans le premier, un gamin d’une douzaine d’années qui en parait 70, atteint de la progeria, maladie génétique qui se manifeste par un vieillissement prématuré est acheté par le directeur de la prison à sa tante. Il est enfermé dans un entrepôt désaffecté et soumis à une série d’exercices dont il se réjouit, persuadé qu’il est qu’il  va se produire  bientôt dans un cirque prestigieux et connaitre ainsi la gloire...

Dans le deuxième, la fille du gardien du réservoir d’eau (désaffecté !) s’entraine au patinage artistique  pour éblouir son père qui veut faire d’elle une championne. Sa mère qui souffre d’un empoisonnement au plomb disparait. Lorsque la jeune fille trouve un os au fond de l’eau, elle en tire des conclusions qui briseront sa vie et celle de sa famille...

Dans le troisième conte, un adolescent tente à travers la peinture et la photo de dépasser et de sublimer les conditions atroces dans lesquelles il a grandi avec un frère fou dont la mère a forgé elle-même la chaine.

Comment vous dire ce que j’ai éprouvé ? ce livre est un véritable coup de poing, court, dense, d’une sobriété  et d’une efficacité redoutable il dépeint des tragédies et pourtant il y a une poésie et une humanité terrible qui s’en dégage. M. Rose & Gris n’a pas aimé, si je vous en parle  ici c’est que c’est assurément un livre qui ne laisse pas indifférent, un livre qu’on n’oublie pas de sitôt qui amène à une réflexion sur les déchets de notre civilisation et la capacité exceptionnelle de l’être humain à transcender  l’horreur ...

les chaussures italiennes 

  A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l'archipel. Depuis qu'une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s'est isolé des hommes. Pour se prouver qu'il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s'y immerge chaque matin. Au solstice d'hiver, cette routine est interrompue par l'intrusion d'Harriet, la femme qu'il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer. Le temps de deux solstices d'hiver et d'un superbe solstice d'été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l'amour et la rédemption.

Un très gros coup de cœur pour ce livre-là, merci  encore à Véronique ! J’ai adoré cette histoire et pourtant on ne peut pas dire en soi qu’il soit attachant,  cet homme reclus volontaire sur son île, en 12 ans , pas une fois il n’a autorisé le facteur , la seule personne qu’il voit quotidiennement à pénétrer chez lui ne serait-ce que le temps d’un café ! Quand il l’ausculte, car c’est un malade imaginaire qui se découvre chaque jour ou presque de nouveaux maux, c’est dehors sur un banc... Les personnages sont tous insolites, en rupture de société condamnés à l’incompréhension, à la solitude , à la mort, à la violence. Ils n’en sont pas moins profondément humains et attachants, les portraits de femmes, étonnantes, sont très réussis. L’atmosphère est particulièrement étrange,  la nature omni présente,  et tout superflu est gommé de l’environnement et de la vie des personnages. La venue de Harriet va être le point de départ d’une véritable renaissance pour le héros qui va enfin affronter ses souvenirs et regarder sa vie en face, faire face à ses démons, cesser de se mentir à lui-même et aller vers la rédemption en ayant, enfin, des relations d’amour avec les autres... Il n’accepte pas facilement ce bouleversement dans son existence et  prend la fuite plus d’une fois, de toutes façons la fuite , c’est l’histoire de sa vie !  Si en apparence les choses sont assez noires, les personnages sont tous des handicapés de la vie, de la communication, il y a des moments de grâce absolue dans ce livre magnifique... Elle pensait que je l’aimerais plus qu’elle, elle avait raison, elle commence à bien connaître mes goûts, Véronique! Si le cœur vous en dit, allez lire ce qu’elle en a pensé justement, c’est .

Merci de m’avoir suivi jusque là, je termine en vous offrant quelques fleurs de mon jardin:

 verveines, magnolia et clématite...

verveines

magnolia

clématiteclématite 2

J'ai découvert Hugh Coltman dans la liste des musiques de F.Deghelt...

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mercredi 4 mai 2011

Un joli voyage...(Voyages immobiles 20)

le choix de Goldie

La quatrième de couverture:

A treize ans, Shona craque pour Parvez dès la première œillade. Follement amoureux et inconscients, les jeunes amants fuient le  Pakistan pour voler de leurs propres ailes, à Londres. Passées l’exaltation d’un nouveau départ et les  joies de la vie d’une famille qui s’agrandit, Shona se sent rattrapée par son passé. A l’image de a mère, elle construit sa vie sur des mensonges, se risque à mener une double-vie, jusqu'au jour  où les secrets deviennent trop lourds à porter. Même la vitalité de ses jumeaux adolescents (Omar qui brille dans les études, et Sharif qui tombe les filles) ne suffit plus à compenser les non-dits accumulés au fil des années, des générations. Mais peut-on revenir sur un tel héritage? L’amour sera-t-il assez fort pour vaincre les erreurs du passé?

Quand j'ai commencé la lecture du choix de Goldie, j'ai d’abord pensé à un conte, la façon d'installer les premiers personnages de l'histoire sans doute, les titres des chapitres aussi peut-être, impression rapidement effacée  pour laisser place à une histoire bien contemporaine...  La galerie de personnages est savoureuse ! L’auteur dont c’est la premier roman a indéniablement un vrai talent, et là je rejoins ma première impression, de conteuse...

Il y a toute une réflexion sur les sentiments , le couple, les apparences, le poids d’un héritage culturel et familial, et pourtant le roman n'a rien de pesant, l’histoire est  tonique...

J'ai aimé que l'auteur me prenne par la main et m'emmène doucement sur plusieurs générations dans ce qui pourrait être une histoire universelle; j'ai aimé qu'il n'y ait pas de déchirement  entre les protagonistes autre que leurs questionnements intérieurs, pas de violence, fusse-t-elle sentimentale et qu’une fois les secrets de famille enfin éclatés au grand jour, les personnages de l’histoire  saisissent une belle  seconde chance;  j'ai aimé que la fin soit si joyeuse, positive, belle et ...si inattendue aussi !!!

Une écriture au style fluide, une lecture très agréable, qui laissera dans votre esprit une  douce mélodie  et un sourire sur vos lèvres...

Merci à Béatrice Hentgen des éditions Gaïa pour m’avoir offert de lire ce roman en avant-première... Il est à partir de ce matin chez tous les bons libraires !

♥ ♥ ♥

Je rencontre actuellement de gros problèmes d'affichage des blogs canalblog, qui soit s'affichent sans photos après un temps infiniment long soit plantent mon navigateur, avez-vous les mêmes problèmes?   

J'ai du renoncer  depuis quelques jours à lire la plupart des blogs auxquels je suis abonnée tant le temps de réponse est aberrant...

♥ ♥ ♥

amaryllis avril mai

♥ ♥ ♥

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jeudi 17 mars 2011

Lectures bienfaisantes ...(Voyages immobiles 19)

Lundi dernier, j’ai eu à faire un choix : M.Rose & Gris m’a ramené  deux livres que j’avais très envie de lire. Par lequel commencer ? si je suivais ma raison, je prenais celui qui est une suite d’un livre précédemment lu et beaucoup aimé, que j’attendais de lire  pour vous en parler et ensuite je pourrais passer à l’autre...Ce que j’ai fait dans un premier temps, mais la tentation d’ouvrir le second était si grande qu’à mi-lecture, j’ai craqué et j’ai entamé la lecture du second livre. Une façon de retarder ainsi le moment de lire la dernière page aussi, car je ne sais pas vous, mais quand j’aime un roman , j’ai beaucoup de mal à en distiller la lecture, je me dis parfois que je lis trop vite, mais c’est plus fort que moi, si j’aime j’ai un mal fou à décrocher...  Alors avec l’illusion qu’ils seraient ainsi moins vite engloutis tous les deux, j’ai fait ce qui ne m’est jamais arrivé de toute ma vie de lectrice, j’ai lu deux livres en alternance! les histoires en étaient tellement différentes que cela n’a pas nui à ma lecture ni au plaisir que j’ai pris à chacune...

Le mec de la tombe d’à côté

Katarina Mazetti

Une rencontre improbable entre deux êtres que tout  sépare en apparence et un lieu improbable pour une rencontre amoureuse, voilà qui donne son titre à ce roman paru en 2006. En effet Désirée, bibliothécaire, citadine , habitant un appartement tout blanc et aseptisé, rencontre  en allant sur la tombe de son mari  un mec dont l’apparence autant que la tombe kitsch et tape-à-l’œil sur laquelle il vient se recueillir, l'agacent. Benny depuis le décès de sa mère vit seul à la ferme familiale avec ses vaches laitières. A chaque rencontre chacun exaspère l’autre sans que jamais ils n’aient échangé un mot jusqu’à ce qu’un sourire naissant en même temps sur leurs lèvres  vienne changer la donne, qu’ils en soient mutuellement éblouis  et que débute une histoire d’amour passionnée et cocasse.

"Et juste à cet instant, il m'a regardée. Lui aussi souriait. Et...Impossible de décrire ce sourire-là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal musette. Dedans, il y avait du soleil, des fraises des bois, des gazouillis d'oiseaux et des reflets sur un lac de montagne. Le Forestier me l'adressait, confiant et fier comme un enfant qui tend un cadeau d'anniversaire dans un paquet malmené."

Je ne vous donnerais pas de détails sur ce qui les oppose,  c’est aussi ce qui fait le sel de l’histoire,  racontée par Désirée et Benny tour à tour et elle est vraiment savoureuse...  Si les personnages peuvent paraitre caricaturaux parfois  je les ai trouvés justes et sous l’apparente légèreté de l’histoire, se profilent des questions profondes, qu’est-ce qui attire deux êtres, l’amour peut-il dépasser l’appartenance sociale, qu’est-on prêt à sacrifier vraiment par amour  ? Humour, tendresse, finesse d’analyse... La fin est  une vraie surprise qui laisse présager une suite... J’ai vraiment adoré ce livre, qui a été adapté avec succès au théâtre.

  Le caveau de famille

Et c’est donc par cette suite que j’ai commencé lundi . Alors difficile de raconter quoi que ce soit de l’histoire sans déflorer la première pour ceux qui ne l’auraient pas encore lue. Je peux vous dire que j’étais ravie de retrouver Désirée et Benny ainsi que les personnages secondaires , plutôt savoureux eux aussi, Märta, l’amie de Désirée, Violette et Bengt-Göran, les voisins de Benny, et  de lire la suite de leurs tribulations. On y retrouve la même construction, avec des alternances de point de vue, c’est drôle, grinçant, caustique...Grâce à un  avant-propos de l’auteur, on pourrait lire directement “Le caveau de famille” , mais ce serait dommage de se priver du plaisir jubilatoire de lire “Le mec de la tombe d’à côté” qui est , à mon avis, supérieur à sa suite. Mais attention, je n’ai pas été déçue, loin de là, mais ce deuxième opus plus sombre n’a pas l’effet de surprise du premier, par rapport au ton employé, à la drôlerie des situations, aux  portraits des protagonistes, on passe à autre chose...

Si vous lisez le premier  ou que vous l’avez déjà lu , vous aurez forcément envie de lire celui-ci et vous passerez un excellent moment !

 Salon du livre à Paris du 18 au 21 mars: Katarina Mazetti sera présente sur le stand des éditions Gaïa, si vous avez envie de la rencontrer ainsi que d'autres auteurs nordiques, c'est le moment!

Coup de cœur absolu pour “La couleur des sentiments”

la couleur des sentiments

Elle m’avait bien dit que j’allais aimer et à lire la quatrième de couverture , je le savais aussi d’avance... c’est pour cela que j’étais si impatiente de le commencer et que que je n’ai pas attendu d’avoir terminé “ Le caveau de famille”...

Autre temps , autre lieu pour cette histoire, un premier roman magistral qui a conquis l’Amérique avec 2 millions d’exemplaires vendus !

Quatrième de couverture: ”Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. peut-être même s’exiler dans un autre état, comme Constantine, qu’on n’a plus revue  ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan, l’ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans est partie sans même lui laisser un mot.

Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires, personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins et écrire en grand secret une histoire bouleversante.”

 Tour à tour dans la tête et les pensées d’Aibileen, de Minny ou de miss Skeeter, j’ai vibré, j’ai ri, j’ai été émue par cette histoire magnifique de femmes courageuses dans une époque trouble. Les noirs ont conquis certains droits mais dans la pratique c’est autre chose. Les Blanches confient l’éducation de leurs enfants aux Noires depuis des générations mais pour rien au monde elles ne partageraient les mêmes toilettes ! On est en encore  à la veille des grands mouvements libérateurs des noirs américains, Martin Luther King n’a pas encore fait son rêve et c’est une société pétrie de contradictions que nous décrit ce livre. Les portraits de femmes sont émouvants  et sonnent juste, les sentiments très complexes  que partagent les protagonistes sont merveilleusement rendus,  amour, haine, attirance, répulsion, méfiance, confiance... les sentiments ne sont jamais simples...L’analyse en est très fine et sensible, et ce roman est bouleversant. Aibileen si attachée à baby  Mae Mobley qu’elle élève, à qui elle apporte la tendresse que sa mère n’est pas capable de lui donner,  Minny et Célia sa patronne, une Blanche complètement paumée rejetée par la bonne société de Jackson, et  Skeeter,  cette jeune fille blanche qui écoute son cœur  sont des personnages inoubliables. ce qu’elles font n’est pas seulement dangereux pour les bonnes, Skeeter met en péril sa propre place dans cette société où les femmes une fois trouvé un bon parti, s’occupent de ventes de charité, de bridge et de cancans et clouent au pilori toute tentative pour sortir des rails, sous la houlette hargneuse, méchante, jalouse et raciste  de Miss Hilly. Pourtant secrètement  de jolies histoires prennent vie car de vrais liens d’amour  sont tissés entre les familles blanches et noires,  et l’histoire écrite par les trois héroïnes va révéler les choses et plus rien ne sera comme avant...

La postface de l’auteur est très émouvante, elle y confie des souvenirs d’enfance et explique que l’idée de ce livre est venue du fait que la bonne qui l’avait élevée jusqu’à 16 ans est morte avant qu’elle ait eu la possibilité de lui demander ce qu’on ressentait quand on était une  bonne Noire  travaillant dans une  famille de Blancs du Mississippi et qu’elle avait passé des années à imaginer ce qu’aurait été sa réponse...

C’est un bonheur de lecture où j’ai vibré à chaque page, un gros coup de cœur ! Précipitez-vous sur ce livre!

♥ ♥ ♥

Merci

à toutes pour vos commentaires sur le dernier message, je n’ai pas répondu, cela ne veut en rien dire que je ne savoure pas tous vos petits mots, c’est juste parfois impossible !  Votre présence, votre fidélité, votre  enthousiasme, votre  amitié et la chaleur de vos petits mots  ici ou dans ma boite mail me font chaud au cœur...Merci à VOUS !

♥ ♥ ♥

 

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samedi 29 janvier 2011

La première confiture de l’année et un voyage immobile(18) à ne pas manquer....

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Je ne vous les montre pas toutes, ce serait lassant, mais je vous montre celle-ci  parce que c’est la première confiture de 2011, parce que  vous n’en avez peut-être jamais fait, parce que c’est un délice parfumé que vous ne trouverez pas dans le commerce et que si vous aimez les mandarines, pas les clémentines ! les VRAIES mandarines, alors lancez-vous dans cette marmelade qui vous demandera un peu de temps mais en contrepartie vous régalera avec son goût merveilleux et inimitable...

marmelade de mandarinesmarmelade de mandarines 2

Prendre des mandarines bio (j’avais trouvé des mandarines de Sicile), les peler en quatre quartiers, enlever tous les filaments blancs qui veulent bien s’enlever, superposer les quatre quartiers de peau sur une planche et couper le zeste en minuscules bâtonnets tels que vous les voyez sur la photo au-dessus. Couper les quartiers de chair en travers et enlever soigneusement tous les pépins que vous mettrez dans un nouet pour la pectine, recueillir le jus bien sûr, mettre peaux, pulpe, jus et nouet avec les pépins dans une marmite plus un jus de citron par kg de mandarine, couvrir juste à fleur d’eau  et porter à ébullition. Eteindre le feu et laisser reposer au frais jusqu’au lendemain .

Le lendemain, peser le contenu de la marmite et ajouter le sucre , moi j’ai mis 550g par kg, porter encore une fois à ébullition et laisser à  nouveau  reposer jusqu’au lendemain. A ce stade, si vous aimez, vous pouvez ajouter de la cannelle en bâtons ( 1 bâton par kg de fruits) que vous casserez ensuite par petits morceaux dans  les pots, je l’avais fait l’an dernier, le mariage est très heureux...

Le surlendemain, troisième jour de la préparation, cuisson à feu vif, environ 30 minutes, ajout d’un peu d’agar-agar si vous trouvez la confiture trop liquide (ou cuisson un peu plus longue mais ce sera au détriment du goût de fruit frais), mise en pots et idéalement attendre un mois  avant de consommer... Mais rien ne vous empêche de déguster ce que vous avez raclé dans la marmite et mis dans un petit pot...Ce que j’ai fait avec délice...

Je vous annonce dans le titre un voyage immobile à ne pas manquer, vous vous souvenez,  c’est comme cela que je nomme mes lectures, et celle-là, quel voyage extraordinaire !

 

un bucher sous la neige

C ’est encore à Véronique que je la dois et comme je le lui ai écrit, c’est un beau cadeau.

En Ecosse au XVIIe siècle, une toute jeune femme, Corrag, attend dans une prison sordide la fin de l’hiver où elle sera brulée vive comme sorcière. Les temps sont troublés, le roi Jacques a pris la fuite en France  détrôné par Guillaume d’Orange et le pays est divisé, un massacre a été commis à Glencoe et le révérend Charles Leslie,un irlandais fidèle du roi Jacques part enquêter sur ce massacre espérant trouver les preuves qu’il a été commis sur ordre de Guillaume. Il fait halte dans la petite ville d' Inverary où il apprend que cette jeune femme prisonnière a été témoin du massacre, il décide de l’interroger , malgré sa répulsion et son mépris. Corrag accepte de dire ce qu’elle sait à cet homme à la condition qu’il écoute le récit de sa vie pour transmettre et témoigner de qui elle  était réellement après sa mort...

Et jour après jour, Charles va venir l’écouter. Et jour après jour, on suit dans les lettres qu’il écrit le soir à sa femme  l’évolution de ses sentiments , on le voit se remettre en question, faire tomber ses œillères et peu à peu devenir terriblement plus humain que ce qu’il était au départ, prisonnier de son savoir et de l'étroitesse d’esprit caractéristique des hommes de l’époque. Car Corrag,  sous ses haillons et sa tignasse emmêlée cache un cœur d’or et une grâce extraordinaire,  et si on la traite de sorcière comme sa mère et sa grand-mère avant elle, c’est à sa science des plantes et de leur pouvoir de guérison qu’elle le doit.   A sa liberté et à son indépendance   aussi. Dans un premier temps, le révérend Leslie  attribue à ses pouvoirs de sorcière , le don incroyable de Corrag de décrire si bien les lieux où elle a vécu, qu’elle a parcouru dans sa fuite à travers l’Angleterre jusqu’aux Highlands sauvages où elle a trouvé refuge.

”Elle a relaté sa vie  dans cette forêt frontalière et tandis qu’au retour de la geôle je marchais dans la neige, il me semblait humer des odeurs de mousse et de terre mouillée .Il me semblait fouler des pommes de pin. Sorcellerie que cela. Je ne serai pas dupe.”

Car Corrag qui a toujours vécu en symbiose avec la nature , qui a toujours été attentive à la moindre parcelle de vie et à la moindre étincelle de beauté dans ce qui l’entoure,  a ce don unique de vous transporter par ses paroles et de vous faire vivre ce qu’elle raconte...C’est une écriture magnifique, envoutante, un sublime portrait de femme, des personnages secondaires attachants et un hymne à la vie et à l’amour...

Lisez ce livre, vous serez émerveillés... si vous l’ouvrez , vous ne pourrez pas le quitter. Vous serez tenus en haleine tout au long des 400 pages  et comme moi , vous aurez souvent la gorge nouée, vous vibrerez, vous souffrirez, vous respirerez et aimerez aussi avec Corrag, vous vous émerveillerez  de la beauté d’une nature sauvage et splendide que cette magicienne des mots saura vous restituer dans toute   sa plénitude sans que jamais ces descriptions ne vous pèsent.

Susan Fletcher a un talent immense, et la lecture de ce roman est comme il est écrit sur le retour de couverture, une véritable “expérience sensorielle”. Le livre que j’ai commencé quelque temps après m’a paru bien fade...

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vendredi 14 janvier 2011

Un joyeux méli-mélo...(Dont voyages immobiles 17)

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♪♪♪ ...Vous souhaiter d’abord une BELLE ANNEE 2011... ♪♪♪

Qu’elle soit pleine d’estime de soi, d’authenticité, de maturité, de respect, de simplicité, d’humilité, de plénitude, pour  un SAVOIR VIVRE qui vous rendra la vie plus BELLE !

Ces vœux m’ont été inspirés par un très beau poème de Kim Mc Millen, une femme écrivain du Colorado, publié en 2001 et attribué en général à Charlie Chaplin !

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Cartes de vœux maison, inspirées par celles de La maman des quatre de l’an dernier...

♥ ♥ ♥

Partager avec vous mon dernier coup de cœur littéraire de 2010 et mon premier coup de cœur cinéma de 2011...

la ballade de Lila K.

 

En lisant le billet que Véronique en avait fait, j’ai su instantanément que j’allais aimer ce livre. Elle me l’a prêté et c’est un vrai coup de cœur. J’avais beaucoup aimé “Une pièce montée” le précédent roman de Blandine Le Callet, un roman caustique et savoureux sur le thème  du mariage et les conventions et pesanteurs d’une certaine société bourgeoise.

Ici on n’est plus du tout dans le même registre, il s’agit d’un roman d’anticipation, selon les dires de l’auteur elle s’est contentée de pousser à l’extrême les tendances de la société actuelle  et je vous assure que le résultat vaut le détour, ne serait-ce que pour y réfléchir et éviter  peut-être d’en arriver là... Rien d’extraordinaire pourtant ce n’est pas de la science-fiction, c’en est d’autant plus glaçant... La ballade de LiLa K est un extraordinaire portrait d’enfant d’abord, de jeune fille ensuite, terriblement attachante qui lutte pour ne pas se laisser formater et découvrir ses origines, aidée par quelques personnages attachants eux aussi. Il faut lire ce livre, difficile d’en parler sans trop dévoiler et comme Véronique ou Aifelle ou Kathel je ne peux que vous inciter à découvrir ce petit bijou.

C’est Lila qui raconte son histoire, enlevée à sa mère pour être amené au Centre, mi pensionnat, mi prison dont elle ne sortira qu’à sa majorité. Surdouée, asociale, polytraumatisée, elle ne sait plus ni marcher, ni parler, elle n’a qu’une obsession, retrouver sa mère et sa mémoire perdue. Commence alors pour elle  un chaotique apprentissage au sein d’un univers ultrasécurisé où les livres n’ont plus droit de cité...

On découvre avec elle au fur et à mesure de ses découvertes, son histoire...Impossible de vous en dire plus sans trop en dire... une petite musique qui ne s’arrêtera pas de sitôt dans votre esprit, je vous l’affirme !

another year de mike leigh

Son très beau billet m’avait tellement interpellée que le jour même, découvrant un cinéma  (superbe dans une ancienne église, l’Utopia) à deux pas de chez la demoiselle de Bordeaux où je séjournais, je suis allée voir ce film et j’ai adoré...

Lisez son billet, il est tellement bien écrit que je pourrais difficilement faire aussi bien, tout y est juste...les acteurs sont formidables tellement proches de nous dans leur humanité, tellement loin des stars stéréotypées et botoxées d’Hollywood... un régal... ce film pose la question de savoir comment aider les autres, jusqu’à quel point... Découpé en quatre saisons, il donne à voir une année mais ce pourrait être la précédente ou la suivante tant on sent que les choses n'ont pas changé et ne changeront sans doute pas...  Mike Leigh filme avec  beaucoup d’empathie ses personnages et donne à voir la moindre de leurs émotions sur des visages cadrés serrés... Cécile a aimé aussi ce film...

♥ ♥ ♥

Vous dire qu’aujourd’hui cela fait DEUX ANS que Rose & Gris est entré dans ma vie et ...la vôtre ! Une aventure étonnante, exaltante, inimaginable ...

Envie de vous dire le plaisir, l’émotion souvent, les rires, l’inspiration permanente, l’étonnement de voir les connexions qui affluent de tant de pays... au tout début , je me disais ce doit être un hasard ou une erreur  et puis la régularité  de ces connexions ne laissant pas place au doute, alors, comme une enfant comptant ses bons points, je note avec gourmandise chaque nouveau pays apparaissant dans le décompte géographique...

Les abonnés, toujours plus nombreux, les visiteurs silencieux  eux aussi en nombre croissant, vos commentaires intéressés, souvent passionnants,  les mails personnels qui arrivent de temps en temps de personnes qui osent un jour me dire leur ressenti ...Les rencontres virtuelles , téléphoniques ou réelles, les amitiés qui se nouent, les gentillesses témoignées... je suis toujours émerveillée, jamais blasée , surtout pas blasée !

Envie de vous dire merci d’être là, merci pour tout ce que vous m’apportez, vous les blogueuses, merci à vous les lecteurs silencieux, merci à mes lectrices fidèles sans blog avec qui j’ai parfois noué de vraies relations, elles se reconnaitront...

Mais vous dire aussi les doutes, les interrogations parce qu’ils existent, tant de temps passé devant son ordinateur, pourquoi, pour qui ? qu’en restera-t-il ?  le jeu en vaut-il la chandelle en regard de ce temps, denrée si précieuse et si fugitive  qui me manque cruellement... tant de projets dans la tête et si peu de temps pour les réaliser...

Quand le doute s’installe, laisser juste faire le temps et laisser à l’envie celui de revenir car elle revient toujours !

et c’est avec bonheur que je vous propose aujourd’hui

d’embarquer avec moi pour une nouvelle année en ma compagnie...

♥ ♥ ♥

 

Posté par cathfd à 12:10 - Commentaires [96] - Permalien [#]
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