lundi 14 mai 2012

Stockman & Cie... la suite !

Vous avez tous constaté comme moi qu’en matière de chines il y a parfois des hasards stupéfiants qui mettent sur votre chemin en plusieurs exemplaires et en peu de temps quelque chose que vous avez cherché durant des mois voire des années sans trouver... C’est ainsi qu’un TROISIEME mannequin est entré dans ma maison !!! Un vrai Stockman plus ancien encore que la svelte silhouette de la décharge, à la toile noire et à la silhouette caractéristique  de la fin du XIXe siècle, le ventre creusé, la taille très fine, inspirée de celle de l'impératrice Eugénie...

Je vous présente Adélaïde...

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L’histoire des mannequins est passionnante et étroitement liée à celle  des vêtements féminins. Saviez-vous que les premiers mannequins étaient en osier, puis en fil de fer  et enfin  en carton cousu, molletonné et recouvert de tissu. C’est  à un tailleur pour dame, Alexis Lavigne, inventeur du mètre ruban et d’une école de couture qui existe toujours sous le nom d’Esmod, que l’on doit cette invention qui va révolutionner le monde de la couture et ensuite  l’industrie du vêtement lorsqu’interviendra un de ses anciens élèves, Frédéric Stockman, qui fera passer la fabrication des mannequins d'un stade artisanal à industriel en les standardisant.  Mannequins hommes et femmes sont numérotés, le chiffre correspond à la moitié du tour de poitrine, pour les enfants, le chiffre fait référence à l’âge. Si en 1865, M.Lavigne vendait une cinquantaine de bustes par an, en 1900, plus de 30 000 sont écoulés dont la majorité porte la signature Stockman...

Si vous voulez en savoir plus sur cette réussite exemplaire, lisez cet article  passionnant...

(Merci à Peggy  de “La malle ô bidulles” chez qui j’avais trouvé ce lien.)

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Sur cette belle silhouette, un autre de mes cols, en organdi brodé et dentelle de Valenciennes fermé par un bouton en métal ancien orné d’une fleur de fuchsia, un long sautoir en  rocaille de  jais début XXe donné par ma belle-mère et un chapelet en nacre chiné. C’est la reine Victoria qui lança la mode des bijoux de deuil en jais, cette matière fossile proche du charbon composée à  70-75% de carbone pur dont la dureté permet le polissage. Il y avait des mines de jais ou “jayet” en France  et toute une industrie, notamment en Ariège, qui déclinera avec différents facteurs, entre autres la perte des coutumes de deuil et la concurrence de nouveaux matériaux: le verre teinté de Bohême,  la galalithe puis le plastique... Le jais était utilisé pour des bijoux  ainsi que  de nombreuses parures et plus couramment pour les boutons jusqu’en 1930.

Stockman détails

Adelaïde veille sur le palier de repos de l’escalier à côté d’un miroir. Une fine guirlande  de roses drapée sur celui-ci accentue le romantisme de l’ensemble ainsi qu’une bourse en  toile de soie brodée doublée de moire rose chinée récemment à Tarbes, d’une fraîcheur exceptionnelle et dont le rapprochement avec le mannequin s’est imposé comme une évidence...Un plaisir chaque fois que nous empruntons l'escalier...

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Grâce à Angélique, brodeuse émérite, j'ai appris que cette jolie bourse ancienne est brodée au point de Beauvais, un point très solide qui nécessite un vrai savoir-faire dans le maniement du crochet nécessaire à son exécution... Une découverte pour moi, car j'ignorais l'existence de ce type de broderie...

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Dès 1890 les pieds tournés en chapelet des mannequins destinés à être posés au sol (une succession de boules, voir la publicité en début du post précédent, les deux mannequins de droite ont un pied en chapelet) commencent à laisser place au pied en balustre qui est devenu et resté depuis, le standard...

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Un jour, peut-être trouverai-je un Stockman enfant, ou un buste de comptoir idéal pour présenter encore un de mes cols ou encore un de ces fabuleux mannequins prolongés par une jupe d’acier tels que celui de droite sur la photo ci-dessous...

mannequins littleemmaenglishhomehttp://littleemmaenglishhome.blogspot.com

Les prénoms que j'ai donnés  à mes mannequins n'ont pas été choisis au hasard,

 ce sont des prénoms usités dans ma famille fin XIXe et début XXe siècle !

frise stockman pf 

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jeudi 26 avril 2012

Stockman & Cie...

 

publicité pour mannequins en couture

Publicité parue dans La mode Parisienne de 1894

Un rêve de mannequin ancien, un concours de circonstances inouïes, souvenez-vous (c’était ) et mon rêve commençait à prendre forme...

Très peu de temps après sur un vide-grenier, j’ai trouvé un autre mannequin, plus récent, à la silhouette plus massive, la toile assez abimée, mais je n’ai pas résisté à son tout petit prix (35 euros) et c’est ainsi que depuis quelques temps, un couple s’est invité dans ma salle à manger...

Je vous présente Valentine et Anatole...

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Toiles dépoussiérées, piétements repeints en “Off-black” de F&B, il arborent fièrement  un grand col de dentelle pour l’une et  un faux-col bien amidonné parfaitement à sa taille (tour de cou 38) pour l’autre. L’occasion de vous montrer quelques chines ... Le col, en dentelle d’Irlande incrusté de broderies sur tulle, l’un de mes préférés dans ma collection, est fermé par un bouton en émail peint à la main récemment chiné...

bouton émaillé

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Elle porte en pendentifs trois médaillons chinés avec des photos de famille, les deux noirs sont des médaillons de deuil Napoléon III. C’est la reine Victoria qui avait lancé cette mode à la suite du décès de son époux. Le médaillon pouvait renfermer un portrait peint ou une mèche de cheveux...

médaillonsMon père en communiant, mon arrière grand-mère maternelle bébé et sa fille, jeune femme...

mannequins détails

Faux-col fermé par un bouton de nacre grise chiné en 2009, bagues de serrage en laiton et en aluminium...


Posté par cathfd à 17:41 - - Commentaires [82] - Permalien [#]
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