Lorsque cet automne, nous étions partis vers Iraty, nous nous étions arrêtés dans deux tout petits villages, connus pour leurs chapelles “jumelles”. En 1842 , trois anciennes paroisses distantes de quelques kilomètres à peine furent regroupées en une seule commune, Ahaxe-Bascassan-Alciette qui compte environ trois cents âmes à l’heure actuelle. Les chapelles de Bascassan et d’Alciette offrent la particularité d’une construction et d’une décoration intérieure quasiment identiques.

Saint-André de Bascassan

C’était le premier hameau sur notre route mais hélas nous avons trouvé porte close et personne n’a répondu dans la maison habitée la plus proche. En fait, nous l’apprendrons de la bouche de la personne qui nous a ouvert l’autre chapelle, nous ne frappions pas à la bonne porte ! Et malgré une seconde tentative, les gens en charge des clés étant absents, nous ne verrons que l’extérieur de cette chapelle...Le cimetière attenant ainsi que le décor intérieur sont classés monuments historiques. A l’origine, cette chapelle n’était qu’une simple grange, halte hospitalière sur le chemin des pèlerins. Sur la porte, remarquez l’étonnant personnage autour de l’entrée de serrure ...

Bascassan vue d'ensemblebasacassan cimetierreBascassan (3)

Le petit bâtiment  à côté de la chapelle, m’intriguait et comme Alba à peu près à la même époque  dans un autre village basque, j’ai découvert qu’il s’agissait d’une benoîterie, institution typiquement basque. La benoîte était la gardienne de l’église et du cimetière, il s’agissait d’une charge souvent d’un coût élevé, dont le choix était ratifié par l’évêque, en contrepartie de laquelle la benoîte , une jeune fille de plus de trente ans, parfois une veuve, s’engageait pour sa vie durant à servir l’Eglise moyennant le logement, des redevances en nature et des rétributions lors des cérémonies religieuses. C’est elle qui veillait notamment aux rites funéraires qui sont  très particuliers dans cette région de France, en quelque sorte c’était l’équivalent du sacristain ou du marguillier...  (pour en savoir plus, clic)

Et la benoîte de Bascassan était la dernière benoîte en activité au Pays Basque lorsqu’elle est décédée il y a une vingtaine d’années. La benoîterie est classée ainsi que son potager.

bascassan la benoiterie

Sainte Croix d’Alciette

Nous avons eu plus de chance avec la seconde chapelle, située je vous le rappelle à quelques kilomètres seulement. A quelques détails près, même construction, même origine, une simple grange hospitalière pour les pèlerins, pas de benoîterie attenante, même cimetière autour de la chapelle avec ses croix anciennes si particulières en pierre, différentes des stèles discoïdales basques habituelles.

Alciette le porche et le cimetière Alciette extérieur

Et une fois la porte franchie, quel émerveillement devant d’authentiques trésors cachés sous une si humble apparence...

Alciette vue d'ensembleAlciette voute étoilée bancs et prie-DieuAlciette retable, confessionnal et fonts baptismauxAlciette peintures voute

Les peintures des apôtres sur fond de paysages agrestes datent du XVIIIe siècle. Il émane de cette chapelle une impression extraordinaire, la décoration est riche mais si fraiche dans sa naïveté et les couleurs employées que c’était une vraie émotion de pénétrer en ce lieu...

Nous avons continué notre route...

Mendive

Le fond du cimetière de Mendive  où ont été rassemblées toutes les anciennes croix et quelques stèles discoïdales...J’ai trouvé que de l’ensemble se dégageait une rare et paisible harmonie autour de la croix de cimetière en pierre certainement très ancienne elle aussi...

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Merci pour vos commentaires sur le post précédent, même si je ne vous réponds pas individuellement, c'est toujours avec un immense plaisir que je vous lis. Merci pour votre fidélité...

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